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    Une croisière sur la Sorgue

    vendredi 23 juillet 2010, par Marco

    Qu’y a-t-il de plus agréable, en ces temps de chaleur quasi-caniculaire, que de trouver ici ou là un havre de fraîcheur ?

    Plutôt que de rester enfermés chez soi, volets et persiennes clos, à attendre les heures bénies de la journée où la température, enfin, commence à décliner, il existe ici, à Bédarrides, une solution sympathique : s’offrir une petite balade au fil de l’eau.

    Comme cela est désormais de notoriété mondiale, Bédarrides est un charmant village provençal bâti au confluent de sept rivières dont les deux plus importantes doivent leur célébrité à des raisons quasiment opposées.

    Tout d’abord, il y a l’Ouvèze, rivière longue de plus de 120 km au régime torrentiel et dont les crues brutales peuvent être dévastatrices. Ainsi celle du 22 septembre 1992, de sinistre mémoire, qui a frappé cruellement le village et encore plus Vaison-la-Romaine située en amont.

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    Embarcadère de Bédarrides

    Et puis, il y a la Sorgue, petite rivière d’à peine 35 km de long, au caractère plutôt placide, bien que son débit moyen soit d’environ 18 m3/s, et qui est, sans nul doute possible, la résurgence la plus célèbre de France, pour ne pas dire — soyons fou — de la Terre et au delà. Sa source n’est autre, en effet, que la splendide Fontaine de Vaucluse, nichée au cœur du village éponyme. Elle arrose notamment la non moins célèbre ville de l’Isle-sur-la-Sorgue d’où elle se scinde en plusieurs bras, dont la Sorgue de Velleron et celle d’Entraigues qui se rejoignent en amont de Bédarrides et de son confluent avec l’Ouvèze. Sans parler du canal de Vaucluse, troisième bras important de la rivière, qui rejoint Avignon. La Sorgue est véritablement l’artère nourricière de cette partie du département de Vaucluse à laquelle elle apporte l’eau vitale en quantité abondante et relativement régulière tout au long de l’année.

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    Croisière sur la Sorgue 1

    Depuis quelques années, un effort important a été réalisé pour mettre en valeur le patrimoine du village et pour l’aménager afin d’y rendre la vie plus agréable. En effet, Bédarrides, bourg relativement important, souffre d’un déficit d’image auprès du grand public par le fait que, hormis les vignobles qui le bordent du côté de Châteauneuf-du-Pape, son patrimoine et son histoire sont relativement peu connus. Dans la période récente, les dernières crues catastrophiques de l’Ouvèze l’ont évidemment desservi en mettant en exergue les risques liés à son hydrographie capricieuse. Ceci a, bien entendu, des conséquences importantes sur le plan d’occupation des sols. La vie politique de Bédarrides, on le comprend aisément, tourne également en grande partie sur la façon dont les municipalités en place et leurs adversaires appréhendent cet épineux problème.

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    Croisière sur la Sorgue 2

    Des travaux très importants ont été entrepris pour sécuriser le village et limiter les conséquences des crues de l’Ouvèze avec l’espoir que ces dispositifs impressionnants éviteront que se renouvellent les désagréments liés à ce voisinage.

    Il faut cependant tempérer quelque peu cette vision « apocalyptique » : si l’Ouvèze est parfois une menace, ces sautes d’humeur ne touchent que très exceptionnellement le village dont la vie, somme toute, s’écoule de la façon la plus pacifique qui soit. Bédarrides somnole paisiblement sous le soleil.

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    Croisière sur la Sorgue 3

    L’actuelle municipalité a encore accentué le programme d’aménagement du village. Ainsi, entre autres initiatives que je trouve personnellement très heureuses, a-t-elle aménagé sur les bords de la Sorgue deux pontons depuis lesquels il est possible d’embarquer sur une barque à fond plat, opportunément appelée « Ville de Bédarrides », pour une petite balade instructive et rafraîchissante le long de cette rivière, entre son confluent avec l’Ouvèze et la réunion de ses deux bras de Velleron et d’Entraigues.

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    Croisière sur la Sorgue 4

    C’est donc par un beau samedi ensoleillé et, bien sûr, fort chaud, qu’Elle et moi avons décidé de nous offrir cette croisière.

    Nous n’étions que deux à solliciter la jeune et charmante personne dévolue au rôle d’« éco-guide », ainsi que l’appellent les prospectus vantant ces voyages.
    Nous avons pris place dans l’esquif et sommes donc partis tous les trois à la découverte de notre rivière sacrée qui a, à cet endroit, près de 3 m de profondeur. Direction l’amont, c’est à dire Entraigues. Le courant est relativement important et le petit moteur de la barque travaille vaillamment à le surmonter.

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    Croisière sur la Sorgue 5

    Les berges sont couvertes d’une abondante végétation composée notamment de peupliers blancs, d’ormes et de frênes. Beaucoup de ces arbres sont majestueux. Beaucoup d’ormes sont malheureusement frappés d’une maladie incurable et en train de crever. D’ailleurs, nombreux sont les vestiges de cette essence qui jonchent le lit de la rivière, offrant ainsi un spectacle étonnant. Toutefois, le cours d’eau a été en grande partie nettoyé des cadavres les plus encombrants et la navigation s’y fait sans grand problème. La rivière est relativement large et ses eaux à 10°C dispensent une agréable fraîcheur bienvenue.

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    Croisière sur la Sorgue 6

    Au fil de la balade, notre guide nous sert une présentation du spectacle qui s’offre à nous, arrêtant le moteur de la barque à plusieurs endroits pour nous dispenser un très intéressant cours d’histoire naturelle qu’elle possède à la perfection. La flore en occupe une bonne partie. Elle est remarquable, car inhabituelle en Provence, en raison de l’abondance de l’eau et surtout de sa température à peu près constante tout au long de l’année. Selon notre guide, ce genre de végétation ne se retrouve que plus au nord ou plus en altitude.
    On apprend aussi que la rivière est colonisée par des castors — Bédarrides s’enorgueillit d’ailleurs d’en héberger un couple que l’on peut, paraît-il, apercevoir parfois le soir —, des rats musqués et des ragondins, pleins d’oiseaux dont des rapaces et des hérons et pleins d’insectes. D’ailleurs, nous pouvons assister au ballet incessant de libellules bleues (des demoiselles). Seul un antipathique taon viendra brièvement nous visiter. Découragé par l’attention que je lui porte, il finira par repartir à la recherche d’un autre sang à ponctionner. Sale bête !

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    Le paradis des pêcheurs

    La Sorgue est également un petit paradis pour les pêcheurs. Elle abrite des truites, des carpes, des brochets et que sais-je encore ? et le long de cette balade nous apercevons deux ou trois pontons privés installés par quelques riverains chanceux auxquels sont amarrées de petites barques. Des supports de cannes à pêche sont également laissés à demeure par endroit, témoignant de l’assiduité des passionnés.

    Nous croisons un premier affluent à tribord qui n’est autre qu’une partie de la Sorgue d’Entraigue qui s’est séparée en deux bras à l’aval de la ville, créant ainsi une ile assez importante. A bâbord, un deuxième affluent : la Vallat-Mians (?), un ancien canal de drainage qui s’est peu à peu transformé en rivière ; puis un troisième, l’Auzon (?). Nous arrivons au confluent des Sorgues d’Entraigues et de Velleron. Sur l’embarcadère, un homme fait la sieste, profitant de la fraîcheur conjuguée de l’ombre des hauts arbres et de la rivière. Veinard !

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    Embarcadère du Campsec

    Puis la barque fait un demi-tour et reprend son odyssée vers son port d’attache. Le courant est désormais porteur et le petit moteur ne s’active plus que pour permettre à notre guide de diriger l’embarcation entre les rares écueils. Elle l’arrête encore à deux ou trois reprises pour nous montrer des souches d’arbres rongées d’une manière caractéristique, attestant la présence des castors. On apprend ainsi qu’il est possible de distinguer dans l’eau ces bestioles des rats musqués : le castor ne sort que la tête de l’eau tandis que l’autre montre aussi son dos. Mais nous ne verrons ni l’un ni l’autre.

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    Croisière sur la Sorgue 7

    Nous parvenons ainsi à notre point de départ où nous amarrons le "Ville de Bédarrides" à son embarcadère.

    Au total, la petite balade aura duré une bonne demi-heure et nous aura coûté 5,00 € par personne. Le plus important est tout de même qu’elle a été très agréable à tous les points de vue. De plus, bien qu’ayant passé ici une bonne partie de ma vie (notamment ma jeunesse), j’ai encore appris des choses. Bref, cette croisière sans prétention est un vrai petit plaisir que je ne saurais trop conseiller à tout ceux à qui la simplicité et le (quasi) silence ne répugnent pas. Vous ne le regretterez pas.

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    Croisière sur la Sorgue 8

    Pour en savoir plus, cliquez sur les liens ci-dessous :

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    Croisière sur la Sorgue 9

    Dernière précision : ces balades en barques sont organisées de juin à septembre, du vendredi au dimanche et de 14h00 à 19h30.

    Bon voyage, donc. Et encore un grand merci à notre sympathique « éco-guide » pour sa gentillesse et son érudition ainsi qu’aux promoteurs de ce projet original et réjouissant.

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    Croisière sur la Sorgue 10

    Et pis c’est tout !

    Aux 2 Chopes - Sorgues

    samedi 5 juin 2010, par Marco

    C’est une histoire belge. Une belle histoire belge, de celles qu’on aime car elle fait saliver. Une histoire de (bon) goût car pleine de bonnes choses.

    C’est l’histoire d’un monsieur belge qui eût l’idée un jour de venir s’installer en France pour faire partager aux Français l’une des choses que la culture de sa Belgique a de plus fines et de plus sublimes : le goût de la bonne bière. Car qui dit bière, ne peut manquer de dire aussi, bière belge. Cela va sans dire.

    En plus, notre homme n’a pas choisi n’importe quelle région pour s’installer. Il a choisi bien entendu la plus belle, celle où l’on fait le meilleur vin, où l’on trouve les plus beaux fruits, les plus beaux légumes, les plus belles filles, les plus beaux villages. Bref, en un mot : le Vaucluse. Vraiment, quel homme délicat !

    J’entends déjà les protestations : « Oui mais non, y a pas que les belges, eh ! Oh ! »

    Certes, y en a plein, des bières. Des anglaises, des allemandes, des suédoises, des danoises, des irlandaises, des espagnoles, des hollandaises, des mexicaines, des tchèques, des chinoises, des américaines, des québécoises (Mmmm !), des australiennes, des… Ben des françaises aussi, pardi et tant d’autres.

    Depuis quelques années, même, on voit éclore un peu partout dans notre pays plein de micro-brasseries qui vous vendent des bières faites « maison », souvent excellentes. Ça vous fait même oublier ces bières inductrielles au goût formaté comme un disque dur sous Windows ™. Ça vous fait oublier la Kronenbourg et la Valstar, en somme… On va pas bouder notre plaisir. Voilà un regain d’intérêt… intéressant ! Mais je n’en connais pas à proximité de chez moi (si vous avez des adresses, n’hésitez pas à compléter ma culture) mis à part celle du restaurant « Les 3 Brasseurs » dans la zone commerciale d’Auchan-Avignon Nord.

    Mais bon ! La bière belge, quand même, c’est quelque chose. Une telle variété de goûts, d’arômes. C’est infernal de devoir choisir. Et en plus, ce sont souvent des moines qui les fabriquent. Satanés curetons !

    A vrai dire, « Aux 2 Chopes » ne vend pas que de la bière belge. C’est normal et c’est tant mieux. Y en a plein d’excellentes. En plus, je ne sais pas non plus si le monsieur est vraiment belge. Mais ça n’a pas d’importance. C’est un bienfaiteur de l’humanité et, à ce titre, il le mériterait : j’aime beaucoup les Belges !

    Donc, voilà, si vous passez dans le coin et qu’une soif inextinguible vous tenaille, faites une halte salvatrice aux 2 Chopes. Je vous donne même les coordonnées GPS, pour que vous trouviez du premier coup :

    • En décimal : N 43,98860° - E 4,89334°
    • En sexagésimal : N 43° 59’ 18’’ - E 4° 53’ 36’’

    D’ailleurs, si vous devez faire étape à Hurlevent, c’est presque sur votre route…

    Après ça, vous ne pourrez pas dire que, chez Marco, on ne vous bichonne pas !

    Bandes de petit(e)s veinard(e)s, va.

    Ca pue !

    Burqa, niqab, polygamie et vieux relents d’intolérence

    mardi 27 avril 2010, par Marco

    J’ai du mal à comprendre ce qui peut parfois traverser la tête d’un flic. Si, si, je vous jure !

    Il s’en est trouvé un pour verbaliser une jeune femme qui conduisait sa voiture coiffée d’un voile intégral au motif qu’elle n’aurait pas été en mesure de contrôler correctement son véhicule. Ou un truc du même tonneau. C’était du côté de Nantes et ça fait les titres de toute la presse.

    Bon, je ne m’étends pas : cette mode vestimentaire ne me convainc pas plus que ça mais, encore une fois, chacun s’habille comme il l’entend. Le problème n’est, de toute façon, pas là.

    Il devait être bien fatigué, ce malheureux fonctionnaire ou, alors, il n’aime vraiment pas les musulmanes à voiles. Du coup, je m’interroge : si avec un voile, la dame ne peut pas conduire correctement sous prétexte que ça gênerait sa vision (c’est paraît-il le motif du PV), qu’en est-il des motards avec leur casque sur la tête ? Pourtant, si je ne m’abuse, le port du casque est obligatoire sur un deux-roues motorisé. Mais alors, peut-on en conduire un en n’étant pas gêné pour appréhender correctement toutes les manœuvres nécessaires ? Avouez que depuis que les flics (du moins, certains) se mettent à « faire » la loi, la vie dans notre belle société devient un sacré casse-tête. Et je ne parle même pas des pilotes de grands prix ou de rallyes qui doivent être sacrément embêtés pour concourir tout en respectant des normes de sécurité qui les handicapent. Sont-ils timides, tous ces champions, pour ne pas l’avoir révélé !

    De plus, pourquoi faire la chasse à nos gamins juchés sur des cyclos et portant leur casque à leur coude ? J’avoue ne plus rien comprendre : le port du casque est obligatoire mais il se pourrait bien qu’il soit illégal !

    Le plus comique de l’histoire est que l’habillement n’entre pas dans les éléments énoncés par le code de la route comme pouvant gêner la conduite. Donc, notre aimable gardien de la paix semble avoir commis un abus de pouvoir. Rien moins. Bravo pour la connaissance de la loi !

    Probablement, toute cette mise en scène, pour le moins ridicule, n’était destinée qu’à coincer le salaud de mari qui serait, paraît-il, polygame. Tiens ! V’là aut’ chose, ma bonne dame ! Et question ridicule, il y a des experts dans ce gouvernement. A voir comment le ministre de l’Intérieur, le flic en chef, Hortefeux le boute-feu, s’est saisi de l’aubaine pour pousser des cris d’orfraie et menacer le quidam d’une déchéance de sa nationalité française. Rien moins !
    Car, il paraîtrait même que le zigue, avec toutes ses femmes et les lardons qu’il leur a fait, s’en mettrait plein les poches avec les allocs. Vieille rengaine. Sauf que là, ce sont les nanas qui percevraient ces allocations de parents isolés, pas le gugusse, à condition qu’elles existent encore (elles ont été fusionnées avec le RSA de notre bon ami des pauvres, Martin Hirsch). Il a pas l’air très bien informé, notre ministre de l’Intérieur. Ça la fout mal, non ?

    Bon courage donc à notre flamboyant Brice pour trouver de quoi constituer un délit. Les conneries de Monsieur le Ministre fusent plus vite que ne fonctionne son bulbe rachidien, apparemment.

    J’ai aussi du mal, je l’avoue, à imaginer comment les fins limiers de la sécurité intérieure vont s’y prendre pour prouver la polygamie. A moins que notre homme ne soit assez con pour être allé se marier plusieurs fois à la mairie de son bled, je ne vois pas trop quelle loi de notre pays de rêve interdit à quiconque de s’envoyer en l’air avec plusieurs partenaires, hors des liens sacrés du mariage républicain. Le seul que la République reconnaisse, puisque jusqu’à encore pas longtemps, elle était laïque. Visiblement, c’est en voie de réforme, ça aussi.
    Or, l’adultère ne constitue plus un délit en France depuis… 1975. Le législateur de l’époque, pris d’une frénésie de bon sens, s’est en effet avisé que punir l’adultère était un peu ridicule. De quoi je me mêle, nan mého ! Il faut dire que bon nombre de gens biens sous tous rapports — des pipeules comme on dit aujourd’hui — avaient certainement beaucoup de mal à respecter à la lettre leur contrat de mariage. Même des Présidents de la République, à ce qu’il paraît. Sacré, Brice, toujours en retard d’un train, hein ?

    De toute façon, pas besoin d’être musulman pour pratiquer ce genre de sport, par ailleurs, excellent pour la santé, à ce qu’on dit.

    Du coup, on tremble. Si tous les adeptes de l’adultère doivent être déchus de la nationalité française, ça va faire du vide dans les registres d’état-civil. Et puis, je ne savais pas la République si pointilleuse sur la morale. Jusqu’à présent, je pensais naïvement que ce qui lui importait, c’était qu’on fasse des lardons, peu importait avec qui. L’essentiel, c’était d’avoir une belle courbe démographique pour avoir un rien de chair à canon et pour payer les retraites des vieux. Il semble que, désormais, on va nous mettre un flic au pied de chaque lit pour s’assurer qu’on baise dans la légalité et la morale. Jusqu’où va se nicher l’ordre ?

    Il a donc beau jeu, l’autre comique, le mari « adultère », de jouer les martyrs. Y a pas à dire, ils sont fortiches nos gouvernants et leurs sbires.

    A moins, mais je dois sûrement avoir l’esprit bien mal placé, que tout ce cirque ne soit destiné, une fois de plus à stigmatiser les musulmans. On voudrait en faire des Français provisoires ou conditionnels qu’on ne s’y prendrait pas autrement.

    Déjà, ce triste clown de Besson, avec son pitoyable débat sur l’identité — qui a essentiellement servi à libérer la parole de ces malheureux timorés qui voient en tout être différent d’eux une menace pour la France éternelle — avait surtout réussi à pointer du doigt la menace musulmane et étrangère. Beau résultat. Ce sur quoi, « l’honorable » parlementaire Copé a embrayé avec sa fameuse loi sur la burqa, anti-sociale et anti-républicaine mais surtout musulmane. Tiens encore !

    Pas étonnant, dans un tel contexte, que l’initiative d’un chef de bureau de poste d’Arles, il y a deux semaines environ, ait déchainé une tempête… dans un verre d’eau. Songez : notre homme, considérant qu’il y avait beaucoup de Maghrébins parmi les usagers de son service, public pour quelques temps encore, avait jugé que ce serait les aider que d’afficher le mode d’emploi de sa machine à affranchir en arabe littéraire. Il partait du principe que ça ne jurerait pas avec les 3 ou 4 autres langues (européennes, il est vrai, celles-là) que proposait déjà le robot.
    Pauvre homme ! C’est devenu la grosse affaire arlésienne que même que c’était écrit dans le journal (La Provence du 16 avril 2010). Un vrai scandale ! Il s’est fait agonir de noms d’oiseaux au motif que la langue de la République est le français, que ça servait à rien qu’il y en ait qui se décarcassent pour apprendre le français à ces gens-là, et tout ça. Il y a juste deux ou trois péquins qui ont fait observer que ça ne servait pas à grand chose car les maghrébins âgés ne lisent que très rarement l’arabe littéraire et que les plus jeunes, majoritairement nés en France, pratiquent le français, étant Français eux-mêmes.
    Bon, ça rendrait service à seulement 10 personnes que ça ne serait pas totalement inutile et on peut même penser que s’il l’a fait, c’est qu’il a dû en voir une paire rester en carafe devant la machine. Mais comme il s’agit de l’arabe, ça file des verrues à certains. J’imagine leurs mines dégoûtées quand ils lisent les inscriptions sur les briques de lait ou n’importe quel produit « mondialisé » ! Pouah ! De l’arabe partout ! Quelle horreur.

    Bizarrement, et dans la même veine, voilà qu’un as de la bombe de peinture vient épancher ses tristes pensées sur les murs de mon village. Il y avait longtemps que je n’avais pas vu ce genre d’insanité fleurir avec cet art de l’orthographe qui doit rendre ivre d’orgueil tout bon Français fier de son identité. A vomir.

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    25 avril 2010 Un crétin se défoule

    Avec la réponse, pas forcément plus fine, d’un concitoyen outré.

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    25 avril 2010 Pas sûr que ça aide

    Bref ! Tout ceci sent très mauvais et finit par être un brin lassant. Comme s’il n’y avait pas de sujets plus importants avec la débâcle économique du pays et l’avenir de nos retraites, par exemple. Je n’ose pas croire que ce gouvernement nous pratiquerait une manœuvre de diversion à sa façon pour détourner nos regards de ses vicissitudes. Qui sont surtout les nôtres, il faut bien le reconnaître. En tout cas, à force d’envoyer des œillades aux électeurs du Front National, on récolte ce qu’il a semé question intolérance et ça fait comme un courant d’air avec les fosses à purin. Ça pue !

    On lira avec profit ce billet de Maître Eolas. Malgré son antériorité, je jure avoir écrit le mien avant d’avoir lu le sien.

    Et pis c’est tout !

    Laïcité : un voile sur la liste ?

    vendredi 12 février 2010, par Marco

    Il y a eu cet affligeant débat sarko-bessonnien prétendant revisiter notre identité nationale pour mieux stigmatiser l’immigration, notamment musulmane, sur fond de votation suisse anti-minaret et de rapport parlementaire « spécial burqa ». Pardi ! A part la casse de l’outil industriel, des services publics, de la protection sociale et des retraites, préoccupations bien évidemment secondaires, il est vrai qu’on n’a guère de sujets de discussion importants. Faut bien distraire le bon peuple, pas vrai ?

    Et puis, voilà quelques jours, on nous annonce que le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) présentera en Provence-Alpes-Côte-d’Azur (PACA) une jeune femme portant un voile. Qui plus est, une Avignonnaise. Musulmane, donc.

    Sur le coup, je me suis dit que ce devait être une de ces inénarrables provocations dont les trotskystes ont parfois le secret, bien que leur sens de la fantaisie me paraisse le plus souvent opaque. Mais, pourquoi pas ? Encore que l’idée de présenter une jeune femme voilée rien que pour emmerder Besson, Le Pen et Sarkosy réunis, objectif en lui-même fort louable, me paraisse limite injurieux pour ladite demoiselle.
    Et puis, il y a eu ces articles de Marianne (n°668 du 6 au 12 février 2010) : « Notre opinion », de Joseph Macé-Scaron, sous-titré « Les Soviets plus l’obscurité », « Ça va mieux en le disant », de Guy Konopnicki, sous-titré « Ils ont encore assassiné Trotski », « Attendez-vous à appendre », de Renaud Dély, sous-titré « Besancenot, Besson, les deux font la paire ! » Etc.

    Évidemment, le moins que l’on puisse dire est que, chez Marianne, on ne porte guère les trotskistes dans son cœur, accusés d’antisémitisme et de pro-islamisme. Mais bon, c’est leur droit. Simplement, tant d’acharnement à crier au fou, à l’alliance objective de Besancenot et de Sarkosy, forcément ça interpelle quelque part, comme on dit. Alors, j’ai voulu savoir et j’ai trouvé cet article du Monde, repris par le site du NPA.
    Pour sûr, c’est un peu plus éclairant que les éructations de Marianne. On comprend mieux la genèse de cette histoire.

    Pour autant, je reste dubitatif et très partagé sur cette démarche. J’ai du mal à comprendre comment on peut parler de libération de la femme et afficher ouvertement sa propre soumission à un dogme religieux dont la symbolique (commune aux 3 grandes religions monothéistes, d’ailleurs) est justement la négation de la femme. C’est une contradiction de fond. Cela signifie donc que malgré sa conviction proclamée d’appartenir à un courant de pensée progressiste, cette jeune femme n’a pas encore remis en question ce socle de croyances qui maintiennent les femmes sous le joug.
    Une évidence aussi : la tentative du NPA d’attirer vers ses listes une population extrêmement sensible à l’appartenance communautaire, parce que victime d’exclusion, et peu encline à user de son droit de vote pour la même raison. Mais cela au détriment de l’idéal laïque et du refus de laisser les religions interférer dans le débat démocratique. L’opium du peuple reprend du poil de la bête !

    La ficelle est donc un peu grosse, même si ce voile-là n’a rien d’aussi apparemment extrémiste que la burqa. Le risque est aussi que cette initiative soit noyée dans la médiocrité du pseudo-débat identitaire alors que la seule vraie question est celle du communautarisme et des moyens à mettre en œuvre pour le faire reculer. Il y a fort à parier que notre furoncle national, Nicolas 1er le petit, saura récupérer cette lacune à sa façon, en lançant un nouveau débat sur les droits et devoirs des citoyens français, lorsque ce contre-feu deviendra nécessaire.
    En attendant, élections régionales et catastrophes sociales obligent, on nous agite la burqa et ses dérivés sous le nez pour qu’ils masquent, en plus des visages féminins, les autres grandes questions politiques du moment. Le réveil sera douloureux !

    Notre inconscient collectif porte encore les stigmates des guerres de religion qui ont ensanglanté le pays [1] aux XVIème [2] et XVIIème siècles. Il faudra attendre la Révolution et la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen pour que la question soit véritablement apaisée. Il n’empêche que ces tueries innombrables ont probablement ancré en nous la conviction que pour vivre en paix avec ses voisins mieux valait ne rien laisser paraître de ses convictions même si la loi nous reconnait désormais le droit fondamental de les affirmer. Rien d’étonnant donc à ce que les questions religieuses provoquent un réflexe de défense : tout ce qui apparaît comme pouvant mettre en péril la paix civile du pays doit être banni. Et, bien sûr, les signes extérieurs affichés par certains, au nom de leur liberté de conscience, alimentent cette crainte.

    Parler des racines chrétiennes de l’Europe, un peu comme on parlerait des apports positifs de la colonisation, mais sur nous-mêmes cette fois, en occultant les conséquences de l’Histoire, en en faisant aussi une bulle étanche qui n’aurait pas subi d’influences externes, est un argument un peu court. Ce que nous sommes aujourd’hui — la société dont nous avons hérité — est le fruit de multiples péripéties auxquelles sont liés ceux qui viennent aujourd’hui s’afficher jusqu’au cœur de nos villes, même s’ils n’en ont pas toujours conscience, pas plus d’ailleurs que ceux qui les regardent de travers.

    Le monde n’est évidemment pas binaire et angélique : d’un côté de vilains Européens de culture chrétienne, intolérants et bêtes, tels qu’au Moyen-Âge ; de l’autre de gentils musulmans [3], innocents de tout prosélytisme et d’arrières-pensées politiques anti-occidentales, victimes des idées reçues et des obsessions des premiers. L’inverse ne me parait pas plus conforme à la réalité.

    Il y a, au travers de l’apparition de ces pratiques, de réelles et légitimes interrogations sur le sens et le respect de notre contrat collectif, encore basé sur la laïcité affirmée de notre République, ce sur quoi nous nous accordons tous. Mais il faut prendre garde de ne pas faire de confusion : notre société est laïque en ce qu’elle permet le libre exercice des pratiques religieuses à ses citoyens et qu’elle garantit la neutralité des institutions de l’État à leur égard. Non seulement, les « églises [4] » n’ont pas à se mêler des affaires de l’État mais l’Administration ne doit pas se mêler des affaires religieuses.
    Il est par conséquent exclu, pour moi, que les règles religieuses, auxquelles chacun est libre de se soumettre ou non, prennent le pas sur les lois de la Nation là où sa neutralité est requise. C’est évidemment le cas des fonctionnaires et celui de l’école publique. Si cela heurte leurs convictions, ces personnes sont libres de ne pas postuler à des emplois dans l’Administration ou de mettre leurs enfants dans des écoles religieuses qu’il n’appartient pas à l’État d’administrer. Dès lors, nul ne peut invoquer son exclusion sous couvert d’intolérance et de non respect de sa liberté de conscience car c’est la rigidité de ses convictions qui le pousse à ne pas vouloir respecter la règle commune, laquelle est un moyen terme nécessaire à une vie collective pacifique, selon les leçons de notre Histoire.
    Et c’est d’ailleurs surtout ce principe là que les adeptes d’une religiosité sans partage voudraient voir aboli. Je pense même que, de ce point de vue, il y a une réelle communauté d’intérêt entre tous ceux qui, quelle que soit leur religion, n’ont jamais vraiment digéré la séparation des églises et de l’État. Qu’aujourd’hui ce soient des musulmans qui s’y frottent, offre un bel exercice d’hypocrisie, au nom d’une tolérance qui leur est fondamentalement étrangère, à quelques chrétiens particulièrement réactionnaires et conservateurs.
    Malheureusement pour ces gens-là, ce principe est probablement celui qui est le plus légitimé par la très grande majorité de nos concitoyens, quelles que soient leurs convictions, dans la mesure où la première aspiration de tout un chacun est de vivre en paix et de ne pas être emmerdé par les autres [5].

    Là où l’on subodore donc une manœuvre pour le moins perfide, c’est que ce sont « d’innocentes » jeunes filles qui sont mises ainsi sur le devant de la scène. En effet, masquer ses cheveux, son visage ou son corps ne s’applique qu’à elles tandis que les hommes ne s’imposent pas les mêmes contraintes. Une iniquité fondamentale, donc. Mais, à la négation du corps de la femme, et donc symboliquement de son existence, à laquelle l’Islam les soumettrait selon les affirmations de certains radicaux, ces derniers nous répondent par notre intransigeance qui interdirait à ces femmes l’accès à l’éducation ou à certaines fonctions. En d’autres termes, elles ne sont pas victimes d’une certaine façon d’interpréter le Coran mais d’une société intolérante malgré ses références permanentes et appuyées aux Droits de l’Homme qui, en l’occurrence, sont aussi ceux de la Femme. Un comble lorsqu’on leur préfère des règles religieuses qui les foulent au pied !
    Que l’attitude de ces femmes résulte d’un choix personnel ou d’une pression plus ou moins explicite de l’environnement familial ou communautaire, il est clair qu’elle sert de paravent à l’action des partisans d’un Islam politique. Pour autant, il est difficile d’affirmer que ce soit leur principale préoccupation, à elles. Affirmer son appartenance à une communauté, par l’affichage de sa préférence religieuse, est surtout l’expression d’un repli communautaire visant à affirmer son existence dans une société que ces gens jugent hostile, quelques fois avec raison, il faut bien le reconnaître, simplement parce qu’ils aimeraient s’y fondre. Un paradoxe que confirme le fait que nombre de jeunes filles couvertes d’un foulard ont finalement accepté de le retirer à l’école après qu’on leur eût donné l’occasion d’en parler à des gens qui ne les jugeaient pas. En respectant leur droit à la différence mais en restant ferme sur le principe de laïcité, chacun y a trouvé son compte, sauf bien sûr, les plus extrémistes.

    La rue et la place publique ne sont certes pas l’école. Chacun est libre de s’y comporter comme il l’entend pourvu que cela ne nuise pas à autrui. Et la loi n’interdit en rien d’afficher ses opinions et ses préférences, dans les mêmes limites. Seule la sagesse voudrait que l’on affiche moins ce qui nous sépare que ce qui nous rassemble.
    S’agissant d’élections [6], on pourrait même, à la rigueur, se féliciter que des candidats veuillent révéler ce qu’ils sont réellement. Ça nous changerait un peu de tous ces gens qui veulent nous vendre une simple image d’eux-mêmes, non ? Après tout, voter en connaissance de cause, c’est l’essentiel. Encore faudrait-il que le débat ait réellement lieu car toute confusion à ce sujet est propice à une radicalisation qui servira davantage les thèses politiques les plus fumeuses que notre « vivre ensemble pacifiquement ».

    Pour ma part, je ne suis pas prêt de voter pour des gens pour qui leur appartenance religieuse est plus importante que le besoin de rassembler et la laïcité des institutions.

    Et pis c’est tout !

    Notes

    [1] Mais aussi une grande partie de l’Europe

    [2] Pour les guerres de religion proprement dites, auxquelles l’Edit de Nantes de Henri IV mettra un terme en 1598. Mais sa révocation par Louis XIV et son Edit de Fontainebleau, en 1685, près d’un siècle plus tard, provoquera une nouvelle vague de persécutions contre les protestants et une forte émigration de ceux-ci vers les Pays-Bas, l’Allemagne et l’Angleterre.

    [3] Puisque la burqa et les voiles les concernent

    [4] Au sens large du terme

    [5] Voir plus haut

    [6] on est bien là aussi dans le concept de place publique, d’« agora »

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    Papetiers depuis 1545

    C’est en avril 1547 que le premier moulin à papier fut créé à Malaucène par Pierre Salomé. Il était connu sous le nom de « Moulin du Bourg-Rossignol » et utilisait la force motrice du Groseau, un ruisseau jaillissant d’une résurgence (une fontaine vauclusienne) située un peu plus haut, dans un virage de l’actuelle route qui monte vers le sommet du Mont Ventoux.
    On trouve près de la source, aujourd’hui, outre un restaurant d’assez bonne tenue, un petit parc ombragé, au pied de la falaise, où aiment à s’arrêter pour pique-niquer, ou simplement se rafraichir, les nombreux candidats à la célèbre ascension (ou descente), qu’ils soient en voiture ou à moto ou, bien entendu, à vélo. Cette dernière population constitue d’ailleurs, en toutes saisons, un effectif non négligeable des hordes pacifiques qui s’attaquent au « Géant de Provence ».

    Pour en revenir à l’industrie du papier, c’est véritablement en 1554 que Jean Couturier, ayant pris le moulin en location, le fit prospérer au point que son nom est depuis lors associé à la naissance de l’industrie papetière de Malaucène.
    Depuis, l’histoire de la papeterie à Malaucène est intimement liée à celle, avec un grand « H » et passablement mouvementée, du Comtat Venaissin.

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    Totem 1

    Si, à l’origine, la production visait essentiellement à fournir du papier de correspondance ou pour l’imprimerie — et avec un certain succès puisque du papier de Malaucène a reçu l’agrément royal — au XIXème siècle commença la production de papiers spéciaux, notamment pour cigarettes. Ce dernier finira même par devenir la spécialité de l’usine avec une renommée mondiale. Elle fabriquait ces dernières années des bagues pour filtres de cigarettes. Elle appartient désormais au géant américain Schweitzer-Mauduit, leader mondial du papier à cigarette, qui vient de décider sa fermeture.

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    Totem 2

    Tout cela est donc bien fini…

    J’interviens aux Papeteries de Malaucènes — on dit aussi Malaucène Industries — depuis 2005, pour réaliser des inspections règlementaires comme je le fais depuis bientôt 20 ans dans toutes sortes de domaines industriels tels que la parfumerie, les cimenteries, la presse, la pétrochimie ou d’autres encore.
    J’ai souvent eu la chance d’intervenir dans des usines qui avaient derrière elles une longue histoire et d’y rencontrer des gens qui en étaient porteurs, non sans fierté. C’est justement ce que j’aime dans ce métier. Il ne s’agit pas pour moi de me contenter d’une assez monotone analyse technique mais aussi et surtout, peut-être, de découvrir et de comprendre l’activité des sites que je contrôle. J’aime discuter, lorsque cela est possible, avec les techniciens et les ouvriers que je rencontre, de ce qu’ils font, à quoi sert telle ou telle machine, quel est le processus de fabrication de tel produit, d’où tout cela vient-il, etc.
    Je dois dire que j’ai toujours eu des interlocuteurs passionnés, qui avaient fait leur l’histoire de l’entreprise à laquelle, souvent en dépit des vicissitudes de l’époque, ils étaient sincèrement attachés, avec la conscience que leur travail participait à sa prospérité et à sa renommée. Ce que d’ailleurs je comprends et respecte car j’éprouve, peut-être naïvement, le même sentiment à l’égard de la mienne. On peut peut-être appeler cela de la « noblesse ouvrière ».

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    ici reposent 20 ans d’une vie

    Bien sûr, cela a été le cas aux Papeteries où mon interlocuteur, HD, m’a fait les honneurs de la place, allant même jusqu’à m’offrir un livre [1] relatant, en anglais, l’histoire du site. Sa fierté tenait aussi à la manière dont était organisé son service et aux technologies de pointe appliquées à la production. Et tout ceux dont j’ai fait la connaissance durant ces quatre années parlaient de « leur » usine avec cette même pointe de fierté.

    Contrairement à l’idée que professent ceux qui réduisent le travail à un simple contrat qui définirait strictement tous les contours d’une activité professionnelle — un travail donné contre un salaire donné et puis basta ! — nous nous sentons co-propriétaires de l’entreprise qui nous emploie. D’ailleurs, on ne la désigne que comme « notre » entreprise ou « notre » société. On ne peut évidemment passer une bonne partie de sa vie dans une entreprise, et parfois une vie professionnelle entière, sans qu’elle finisse par faire partie de nous-mêmes, de notre identité, même si, souvent, il y a assez peu de reconnaissance en retour de la part de certains cadres et des actionnaires, qui savent cependant en jouer pour faire avaler des couleuvres toujours plus grosses.

    L’annonce de la fermeture définitive de l’usine ne m’a que partiellement surpris. Depuis quatre ans, les « dégraissages » et les plans sociaux se sont succédés. A la fin de 2008, il était question d’arrêter la machine à papier (MAP dans le jargon local), ce qui s’est produit effectivement au printemps.

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    Mort de MAP

    Depuis quelques années, une bonne partie du papier arrivait du Brésil où le groupe possède la plus importante usine à papier du monde. Il semble aussi qu’il était question d’ouvrir une ligne de production en tout point identique, mais plus moderne, en Chine.

    Et on le comprend. Lorsque les manufacturiers prétendent prendre sur eux de ne pas répercuter les hausses des taxes sur le tabac, ça nous arrange bien, nous autres fumeurs, et on évite soigneusement de se poser des questions sur cette « générosité » qui sonne comme un pied de nez au gouvernement. Mais il n’est pas nécessaire d’avoir fait une école d’économie pour comprendre que ce manque à gagner doit être compensé : les actionnaires ont soif de dividendes les plus juteux possible. Alors installer des usines dans des pays moins regardants sur les problèmes environnementaux — la fabrication du papier, ça pue et ça pollue ! — sur les aspects sociaux, les conditions de travail et la rémunération des travailleurs, finalement, dans cette logique de profits, ça coule de source… comme le Groseau.
    En fait, le tabac nuit à notre santé mais son commerce tue encore plus sûrement les emplois de nos compatriotes.

    Il y a d’ailleurs là une de ces superbes hypocrisies dont notre société a le secret : la vente du tabac, pourtant désigné comme extrêmement nuisible, n’est pas interdite mais l’Etat ne cesse d’en augmenter la taxation, sous prétexte de santé publique, se goinfrant sur ce commerce morbide et précipitant un peu plus la désindustrialisation du pays pour motif de crise financière.

    Encore 250 personnes envoyées au Pôle Emploi et près de 500 ans d’histoire industrielle passés par pertes et profits.
    Car il n’y aura pas non plus de repreneur. Le groupe s’y oppose et pour cause : le candidat venait marcher sur ses plates-bandes. Comme quoi, le libéralisme ne s’accommode pas forcément de la concurrence, n’en déplaise à ses apôtres.

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    Une vue de l’usine

    Ils auront mené une belle bagarre, les papetiers de Malaucène, comme les Conti, ceux de Molex, de New Fabris et d’autres dont on parle moins. Ils pourront se consoler en écoutant les déclarations lénifiantes d’un gouvernement qui se la joue Ponce Pilate tout en distribuant généreusement l’argent public sans imposer de contre-parties trop dures à ces malheureux groupes industriels et autres banquiers, lesquels continueront de s’enrichir sur notre dos pendant que nous crèverons la gueule ouverte, en essayant de rembourser la dette publique. Eux, seront bien à l’abri derrière leur bouclier fiscal, sous leurs parachutes dorés et sur leurs stock-options. Mais, au moins, on crèvera rassurés : le capitalisme refondé aura été sauvé.

    Ça, c’est une bonne nouvelle !

    Il n’empêche : je suis profondément triste pour tous ces gens que je ne connais pas forcément individuellement mais que j’ai croisés au cours de ces quatre années et dont, somme toute, j’ai partagé un peu la vie et les ambitions.
    Je suis triste et furieux de voir le mépris dont ils sont victimes, eux comme tous les autres cités plus haut. Bien sûr, ce n’est guère surprenant, ce n’est pas une nouveauté, mais c’est chaque fois le même mélange de sentiments : la colère, la haine, l’incompréhension.

    Et puis, je me dis que, au train où vont les choses, il se pourrait que demain ce soit mon tour. Après tout, les prestataires de service, quels qu’ils soient, ne peuvent prospérer que si leurs clients font de même. Or, une entreprise, dont l’histoire et le sort sont à ce point liés à ceux de l’industrie française, est elle aussi en danger.

    Il me semble évident que le processus de casse de notre industrie, comme celui de nos services publics et de nos organismes sociaux, va au-delà de simples choix économiques dictés par une doctrine prétendûment libérale. C’est aussi et surtout un choix politique au service exclusif d’une classe sociale qui s’est arrogée tous les pouvoirs et qui ne craint plus (pas plus qu’elle ne la supporte) la contradiction. Aux riches toujours plus de richesse et merde aux petits.

    Salut à vous, papetiers de Malaucène. Avec toute ma considération et ma solidarité.

    Notes

    [1] Malaucène, five centuries of papermaking in Provence, by Victor Mason

    Poubelles de terroir

    mercredi 5 août 2009, par Marco

    On connaissait les vins, les jambons et autres cochonnailles, les fromages, les tissus et tout un tas de trucs plus ou moins pertinents, voire improbables, dûment estampillés « Terroir Bien-D’cheu-Nouzôt’ », voici maintenant que cette notion est étendue aux ordures. Si ! J’ vous jure !

    La Communauté de Communes du « Pays de Rhône Ouvèze » (CCPRO) vient en effet de décider que, à partir du 1er septembre prochain, il faudra montrer patte blanche pour accéder à la déchetterie intercommunale de Sorgues.

    Là, je dois dire que j’en suis sur le cul !

    On ne nous donne pas trop d’explications sur cette décision (ou, du moins, je n’ai pas souvenir d’en avoir lues) mais j’avoue ne pas très bien comprendre le concept.

    Craindrait-on un infâme trafic clandestin d’ordures par lequel de sournois citoyens résidant dans des communes hors de notre communauté bien-aimée viendraient dans notre déchetterie à nous, qu’on paie avec nos vertueux impôts, se débarrasser de leurs ordures pour ne pas encombrer la leur, les sagouins ? Craindrait-on de sombres pratiques de blanchiment d’argent… sale déposé subrepticement dans des sachets de plastique ? Les fins limiers de la rédaction de « Ficanas » se perdent en conjectures.

    J’avais cru comprendre que la France était une République une et indivisible. Il semble que ce ne soit plus vraiment le cas. Même si tu habites plus près de la déchetterie de Sorgues que de celle de ta minable communauté de communes pourries, tu dois te farder l’aller-retour jusqu’à ta déchetterie à toi et pas venir nous polluer la nôtre. Non mais oh, eh !
    C’est sûr que, à une époque où l’on vente les mérites des bons citoyens qui trient leurs déchets, le soir à la veillée, à la lueur de leurs chandelles à basse consommation hyper-écolo, et qui vont consciencieusement les déposer là où il faut, la mise en place de postes frontières intercommunaux (pour l’instant, exempts de tout péage mais sait-on jamais ce qui nous attend ?) est une forte incitation à croire aux vertus du civisme appliqué à la politique locale. Ce besoin de marquer partout les frontières, au lieu de chercher des solutions un peu plus universelles et facilitant la vie des administrés, me laisse pantois, je dois dire.

    Pourtant, que je sache, un sac d’ordures produit à Bédarrides, à Châteauneuf-du-Pape, à Couthézon aussi bien qu’à Mézytoudan-l’Onion me semble être avant tout un sac d’ordures bien français ayant droit de cité sur tout le territoire de la République. D’autant plus s’il s’agit de les valoriser, ces ordures.
    Mais, bon ! Je suppose que cette formidable décision est le fruit de longues heures de réunions entre gens fort experts en matière d’ordures et de passage des frontières. Au moins, nous voilà rassurés : nos impôts locaux trouvent là toute leur pertinence. D’autant qu’ils sont bien salés !

    Bien sûr, il serait injuste de laisser croire que la CCPRO est la première institution territoriale à pratiquer de la sorte. C’est évidemment faux. Elle n’est pas la seule non plus, c’est évident. Ce qui prouve que l’avenir des « imbéciles heureux qui sont nés quelque part [1] » est glorieusement assuré. Car je crains aussi que nous n’ayons à faire avec des gens qui confondent parfois un tantinet la notion de « territorialité » avec celle de « féodalité ». Et là, j’avoue avoir du mal à encaisser.

    Notes

    [1] Georges Brassens

    Ca balance pas mal à Béda

    vendredi 19 juin 2009, par Marco

    Pour nos amis qui, de par le vaste monde et par l’entremise de ce modeste blogue, ne vivent que dans l’attente de savoir ce qu’il se passe à Bédarrides, il ne fait pas de doute que l’absence de nouvelles fraiches devait être un supplice digne de Tantale. Mais quoi de plus normal, pourtant, que ce silence ? La petite cité des bords de l’Ouvèze vit paisiblement, presque sans histoires. Ne seraient les travaux qui en compliquent un peu la traversée, et encore, et puis les copains d’école trop tôt disparus, hélas, que l’on enterre, le visiteur n’y verrait qu’un de ces indolents villages provençaux qui somnolent dans la lourde chaleur de ce début d’été.

    Et bien, il n’en est rien : « Nous au village aussi l’on a de beaux assassinats », pourrait-on dire, toute proportion gardée, en plagiant honteusement tonton Georges. Nous avons eu la joie intense, en effet, voilà maintenant une bonne quinzaine de jours, de trouver dans nos boites à lettres, une sorte de — comment dire ? — feuille de choux ? Bulletin d’information ? Tract ? Bref, une sorte de lettre ouverte d’une sorte de « collectif » nommé « Au courant de l’Ouvèze ». Et ben, je vous le dis : y s’en passe de belles à Béda !

    Et là, je sens que j’ai piqué au vif votre insatiable, quoique malsaine, curiosité. « De quoi ? Des assassinats à Bédarrides ? » vous entends-je susurrer en chœur. « Comme dans “Ici-Bordille” et “Paris-Beuark” et tout et tout » ? Ben, non, quand même pas mais pas loin.

    Bon, c’est vrai, en cette saison, le courant de l’Ouvèze, du moins en amont de son confluent avec la Sorgue, c’est pas le Congo ni même le Rhône. Et forcément, la nervosité du papier en question s’en ressent un peu. Et ce qui se voudrait être une information pour la « Défense des Intérêts des Administrés de BEDARRIDES et leur Libre Expression » (avec majuscules, tout pareil que dans le tract), se perd un peu dans la vase du fond.

    On apprend ainsi que le truc a été rédigé par un comité de rédaction, ce qui paraît assez normal, mais qui le compose ? Bah on sait pas : les articles ne sont pas signés, sauf un. On aurait pourtant aimé savoir qui sont ces dévoués citoyens qui ont si généreusement décidé de protéger nos intérêts en nous passant ces informations de première main, semble-t-il.
    Peut-être que ce courageux combat contre la tyrannie issue de la dernière élection municipale suppose, en effet, l’anonymat comme au bon vieux temps de l’Occupation ou dans les ex-républiques de l’Est. Gare au goulag !
    Avouez que c’est ballot parce que, dans notre pays, même sous Sarkosy, du moins pour quelques temps encore, la liberté de la presse et celle d’expression sont garanties par la Constitution. Ne toussez pas ! C’est le Conseil Constitutionnel qui vient de le rappeler au gouvernement au travers de son dernier arrêt relatif à la fameuse loi Hadopi.
    Du coup, ça réduit un peu la portée de ces « informations » à celle de vulgaires ragots ou de basses manœuvres. C’est qu’on n’a pas l’air, comme ça, mais on n’est pas si naïfs, nous, les lecteurs ! Enfin, certains.

    C’est d’autant plus commode que, vous l’aurez compris, la cible est le nouveau maire, évidemment paré de tous les vices et notamment celui de dilapider l’argent public. On peut ainsi dire plein de choses plus ou moins vérifiables ou charitables tout en continuant à faire risette. C’est de bonne guerre, me direz-vous. Les aigreurs d’estomac qu’ont éprouvées les perdants doivent encore provoquer chez eux des remontées acides et il faut bien qu’ils déversent leur trop-plein de bile.

    Mais qu’ont-il à nous dire de si important ?

    Déjà : que certaines réalisations ne sont que l’aboutissement de projets enfantés par la précédente municipalité. Bien. Et alors ? On ne voit pas en vertu de quoi la nouvelle aurait dû les jeter aux orties s’ils ne contreviennent pas à ses objectifs. Et puis, on se doute bien qu’il faut un peu plus d’un an pour apurer le passé. Mais encore ?
    La grosse affaire, ce sont les dépenses que nos amis semblent juger somptuaires. Ainsi en va-t-il des nouveaux panneaux d’affichage électronique, au nombre de six. Deux auraient suffit, nous dit-on, car on n’a pas besoin de lire six fois le même message. Certes. Mais on n’est pas obligés, non plus, de faire le tour des six panneaux pour se tenir informés et quand bien même on le ferait, ils ne délivrent pas qu’un seul message. Mais bon. Ce qui turlupine nos dévoués défenseurs, c’est le prix : 14000 € l’un. Le prix d’une Clio suréquipée (la vache, c’est cher ces caisses !) ou une année de smic. Ben je dis que ça ferait moins d’une année de smic si le gouvernement avait bien voulu condescendre à relever ce dernier. Mais c’est pas trop le souci de nos zorros.

    Il y a aussi l’affaire de la lampe de bureau à 1,8 smic (l’unité de compte favorite des rédacteurs). Doivent pas être sensibles à l’art, ces gens-là. Et puis divers achats immobiliers jugés hasardeux. Et puis les bacs à fleurs et puis les arbres…
    Et puis, les électeurs radiés pour abstentionnisme, paraît-il, que seule une forte mobilisation (sic) aurait contraint la municipalité à réintégrer aux listes électorales. Mouais…
    Et puis l’affaire de la remise de médaille, le seul article signé : une mise au point d’un ancien combattant outré d’avoir lu dans le journal municipal que le maire lui aurait remis la médaille des anciens combattants alors que c’est son copain Roger qui l’a fait. La honte ! Se faire décorer par un rouge quand on a versé son sang pour la France éternelle, songez donc ! Bref, « son honneur est sauf » (sic). Mais pas de quoi fouetter un chat, non plus, mon cher Denis, croyez-moi. On s’en tamponne un peu de votre affaire.
    Et puis, et puis… Si vraiment vous voulez lire cette remarquable littérature, faites une recherche avec votre moteur préféré.

    Voilà. Ça vole pas très haut mais on nous a habitués à ce niveau durant la campagne (voir ici) et finalement, il est réconfortant de voir que les bonnes vieilles habitudes ne se perdent pas : au moins, on n’est pas dépaysés. La municipalité a évidemment déjà réagit en invitant les Bédarridais à venir voir l’état des bâtiments municipaux et où passe leur argent mais on ne risque rien à parier que le prochain numéro du machin nous livrera d’autres révélations croustillantes et scandaleuses. Ce serait vraiment dommage de s’arrêter en si bon chemin, surtout si nos justiciers anonymes doivent tenir encore cinq ans.

    Comme on les plaint !

    Qu’elle est verte ma Provence

    mercredi 25 juin 2008, par Marco

    Ça fait quoi ? 3 jours que le temps a viré au beau et déjà on transpire à grosses gouttes sous nos casques et dans nos blousons. J’ai même ressorti pour l’occasion mon demi-jet Nolan N41 et mon blouson Spidi ventilé mais rien n’y fait. Le thermomètre s’envole et ça dégouline !

    Il faut dire que depuis le mois d’avril, le monde semblait tourner à l’envers. Soleil au Nord, pluie au Sud. Tant mieux pour les copains du Septentrion hexagonal. A franchement parler, j’étais pas trop jaloux même si j’ai un peu réduit les sorties avec Frida. A certains de mes fidèles lecteurs qui ne manqueront pas de me qualifier de motard d’opérette, je servirai cette excuse qui vaut ce qu’elle vaut : Arriver en clientèle harnaché comme un spationaute, ça le fait pas trop. Sans être un adepte du costard-cravate, j’aime bien m’éviter les contorsions qui président à l’enfilage et au retrait des vêtements de pluie motards.

    Sans compter que la fameuse réflexion "Roah ! T’es un vrai motard, toi ! Tu roules même quand y pleut !" m’a toujours fait un peu marrer. Comme si c’était un plaisir de rouler sous la flotte. Alors quand elle est programmée, pas d’hésitation. Je prends la caisse. En plus, maintenant, j’en ai une climatisée. Si ! Le pied !…

    Bon, on se laisse aller et c’était pas vraiment pour parler de moto sous la pluie que j’avais pris la plume ce soir. J’en étais où ? Ah oui…

    Donc, depuis avril, il a beaucoup plu sur nos contrées. Au point que je me suis demandé si l’Ouvèze allait sagement rester dans ses digues. Mais non. Elle est montée, montée, montée, montée et pof ! Ça s’arrêtait le temps d’évacuer vers la réserve à PCB. Pardon, le Rhône.

    L'Ouvèze en amont de Bédarrides L'Ouvèze en aval de Bédarrides

    Égoïstement, je me disais aussi que c’était toujours ça d’économisé pour arroser le jardin. C’est pas que ce soit Versailles ou Vaux-le-Vicomte mais quand même. Pour y faire pousser trois fleurs et deux plans de fraisiers, faut vraiment y croire. Mébon… N’empêche, ça lui a fait du bien et à notre compte en banque aussi par la même occasion.

    Je me suis rendu compte également que le pays était devenu luxuriant. J’exagère à peine et je m’explique.

    D’ordinaire, l’été arrive comme un coup de massue entre la mi-mai et la première semaine de juin. J’ai bien connu des années où la chaleur débarquait vers le 14 juillet mais la plupart du temps c’est dans ces eaux-là, si je puis (puits) dire. Résultat, vers fin juin, les réserves de flotte sont bien entamées et la nature prend des airs de savane. Et l’Ouvèze ressemble plus à un oued africain qu’au St-Laurent.

    Or, cette année, c’est un vrai plaisir de traverser des paysages verdoyants comme on en trouve en montagne ou dans le Nord. Le vert est partout, l’herbe est haute, tendre. Jusqu’aux canisses qui nous font un festival de plumeaux pas encore jaunis par le soleil.

    Le comble du bonheur, c’est de pénétrer sous la voute des allées de platanes qui, chez nous, précèdent ou encerclent la plupart des villages voire des villes (par exemple, Bédarrides, mais aussi Aubignan, Malaucène, Carpentras, Orange, etc.). Car l’ombre est réellement un trésor, ici, et nos anciens la chérissaient.

    Mais cette année, elle paraît plus fournie, plus sombre, plus accueillante. Les arbres ont cru plus vite et plus généreusement que ces dernières années. Le vert de leurs feuilles est aussi plus tendre, souvent. Ils se sont régalés de pluie pour notre plus grande joie.

    Bédarrides - Le Pont roman Route de Courhézon

    Hormis pour le rosé et le pastis que l’on boit très frais sur la terrasse, à l’ombre du grand pin d’Alep, le soir à la fraiche, l’été n’est pas ma saison préférée. Trop chaud. Soleil trop cuisant. Un reste d’héritage génétique Chti. Pour moi, la plus belle et la plus agréable saison sera toujours l’automne qui, en Provence, prolonge l’été jusqu’à fin octobre par une succession de journées ensoleillées mais douces. Sans parler des couleurs qui m’émerveillent chaque année comme au premier jour.

    Cette année, l’été est arrivé pile-poil à son solstice, laissant à un printemps remarquablement humide le temps d’enchanter la nature. Le résultat est éblouissant. Il est rare de voir la Provence aussi verdoyante à l’approche de juillet. Je ne sais pas si ça durera. Certains prédisent un été pluvieux. Peut-être l’ont-ils lu dans les entrailles d’un thon rouge de Méditerranée ou d’un barbeau du Rhône. Si c’est ça, n’en déplaise aux estivants qui viendront jouer aux sardines huilées le long de nos plages, ça sera pas plus mal. On a vraiment besoin d’eau et on s’en plaindra pas.

    La Seille Route de Courhézon

    Égoïste ? Bah oui. Et j’assume.

    Bien vivre à Bédarrides

    Présentation du nouveau Conseil Municipal de Bédarrides

    dimanche 27 avril 2008, par Marco

    Ce samedi 26 avril 2008 à 18 heures 30 a eu lieu la présentation publique du nouveau conseil municipal de Bédarrides.

    Une initiative sympathique que nous étions sans doute nombreux à attendre puisque le résultat de l’élection traduit une grande aspiration au changement de la part de la population.

    Et un discours d’ensemble qui confirme que, pour ma part, ce choix était le bon.

    Au-delà de la question politique, question essentielle évidemment puisqu’il s’agit du gouvernement de cette cité, il y a ce côté bon enfant et sans façon qui se dégage de ce rassemblement.

    J’ignore les motivations de mes concitoyens venus hier soir à cette présentation. Beaucoup, comme moi, sans doute, y sont venus pour confirmer leur soutien et leurs attentes à la nouvelle équipe que nous avons contribué à mettre en place. C’est une évidence. Certains aussi, et moi de même, pour tenter de les connaitre mieux, si c’est possible. Surtout, je pense que, dans le fond, cette présentation était tout ce qu’il y a de plus normal et de bien venu dans un village dont la dimension permet encore une certaine convivialité.

    Pour tout dire, j’ai bien aimé cette ambiance et, surtout, l’impulsion que donne à sa mandature notre nouveau maire.

    Monsieur Sérafini joue la proximité et la disponibilité, la délégation des pouvoirs et des responsabilités afférentes et je trouve ça bien. Son discours était simple, enthousiaste et enthousiasmant, épuré de toute tentation de règlement de compte avec l’ancienne équipe, rassembleur et, au final, sympathique.

    Je ne connais pas (encore) l’homme mais il m’a plu.

    Je ne suis pas resté très longtemps. Le bruit dans cette salle est très handicapant pour moi et ne me permet pas d’entretenir de conversation. Dommage. J’aurais bien aimé échanger quelques mots avec le maire. Ça viendra bien un jour.

    Certes, je ne suis en l’occurrence qu’un citoyen tout à fait anonyme et sans prétention d’aucune sorte. Je reconnais que ces gens ont bien du mérite et du courage de se lancer dans une affaire qui les exposera au jugement sans concession de leurs concitoyens. Ils sont dans l’action et je ne suis qu’un témoin qui ne prend pas beaucoup de risques. Bien sûr, c’est la règle du jeu. Mais chapeau quand même. J’ai senti un véritable projet, une manière de faire ambitieuse et démocratique.

    Des comités consultatifs sont mis en place. Je suis assez tenté d’en rejoindre un. Ma façon de contribuer à ma modeste mesure et de soutenir concrètement l’action entreprise.

    Car les mauvais coups ne tarderont pas. Si j’ai eu le plaisir de retrouver d’anciens amis perdus de vue depuis que mes pas m’ont conduit dans le vaste monde, j’ai aussi noté bien des absences que je trouve significatives. Il en est qui refusent visiblement de se commettre avec ces horribles rouges !

    Mais bon. Hier soir, les absents avaient tort.

    Bulletin météo

    Tiens ! V’là le printemps qui s’ramène !

    Petit instantané de bonheur

    dimanche 27 avril 2008, par Marco

    Il y a des choses comme ça qui ne coûtent pas cher mais qui procurent un bien-être immense. Celle-ci notamment : S’asseoir sur une marche, dans le jardin, et savourer ce grand soleil qui vient enfin vous caresser et vous réchauffer. Un petit bonheur tout simple qui donne l’impression délicieuse d’avoir été attendu tout l’hiver tandis que le jardin prenait une allure piteuse sous les aiguilles et les pignes des pins et sous la morsure frigorifiante du Mistral.

    Comme il est bon ce premier moment de l’année où l’on s’étire comme un chat et où l’on s’abandonne à son modeste plaisir !

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    Hurlevent

    Comme il est agréable de rester assis là, par terre, à regarder les fleurs s’offrir à la grande lumière et les bourgeons sur les arbustes, en particulier sur ce figuier encore si fragile mais qui se bat vaillamment pour grandir, tout comme ce minuscule cerisier qui ne donnera ces premiers fruits que dans longtemps. Enfin, j’espère. Car nous manquons d’eau et il en faudrait tant.

    Comment dire le plaisir de se chauffer au soleil de Provence, tant qu’il est encore assez doux pour ne pas nous transformer en braise ardente, et celui de laisser vagabonder son esprit au gré de la tiède petite brise printanière, vers tout ou vers rien.

    Il y en aura d’autres de ces moments, avec séances de hamac, même, le soir en rentrant du boulot ou le ouicaine, à l’ombre du grand pin d’Alep ou de l’olivier. Trop rares parce qu’il faut trop souvent s’activer encore et encore pour la FFMC ou pour ceci ou pour cela. Mais celui-là, le premier de tous, est celui qui, plus que tout autre, panse les plaies, grandes et petites, et donne sans doute un autre sens à la vie. C’est dans ces moments-là que je réalise combien il est bon de ne penser à rien d’important et que je me félicite chaleureusement d’avoir choisi ce petit coin de la planète pour y poser mes valises.

    Diane s’active dans son jardin. Elle ne tarit pas d’explications et de projets végétaux. Je fais mine de l’écouter, bien sûr…

    Je suis bien. J’envierais presque Candide.

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