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jeudi 1er juillet 2010, par
C’était il y a deux ou trois jours.
Je m’apprêtais à rejoindre mon cher plumard. Avant d’éteindre la télé que, sans raison valable, j’avais laissé allumée alors que je ne la regardais plus depuis un moment, je me mets à pitonner [1] la télécommande pour faire défiler les programmes. Et là, je tombe sur… Frédéric Lefèbvre, ci-devant porte-parole de l’UMP, interrogé par Benoit Duquesne dans son émission « Complément d’enquête », sur France 2.
Le premier haut-le-cœur passé, j’interromps le mouvement de pression que j’amorçais sur le bouton d’arrêt en entendant la voix de son maître faire l’éloge de celui-ci :
Quand Il prend un avion de la République, Il se sert de son propre dentifrice…
Je cite de mémoire.
Bon, reconnaissons que ce pauvre gars n’a pas la tâche facile : comparé à, au hasard, De Gaulle qui payait ses factures d’électricité ou ses timbres-postes à usage personnel lorsqu’il était à l’Élysée, l’exemple donné par son gourou à lui fait un peu minable. Surtout si on se remémore l’usage assez immodéré qu’il a fait des avions de la République. Certainement a-t-il dû rechercher vainement des exemples de probité un peu plus clinquants et finir, en désespoir de cause, par se rabattre sur celui-là. Il faut dire que notre petit timonier ne nous a guère habitué à la jouer modeste. N’est pas un grand homme politique qui veut.
Évidemment, il Lui sera toujours plus facile, avec ce comportement aussi édifiant qu’exemplaire, d’aller faire la morale à cet autre parangon de vertu républicaine qu’est Christian Blanc, lequel, si l’on en croit le Canard Enchaîné (mais comment ne pas le croire ?), a réussi à s’offrir aux frais de la princesse pour 12000 € de cigares de luxe. Pour en rembourser généreusement 3500 € une fois ses frasques jetées en pâture au petit peuple. Salauds de journalistes !
Entre les appartements des uns, les cigares des autres, les permis de construire de complaisance de celui-ci et les copinages douteux de celui-là, il est vrai qu’il était temps que le chef d’orchestre entame une opération « mani pulite [2] » pour redorer le blason quelque peu terni d’un gouvernement qui n’a jamais vraiment brillé par la pudeur de certains de ses membres. Surtout au moment où les mêmes voudraient nous convaincre que la crise économique causée par la rapacité de leurs amis devra être payée, en définitive et comme d’habitude, par le sacrifice de nos droits sociaux. Bref par nous.
Alors, c’est sûr : un petit tube de dentifrice, ça paraît rien comme ça, mais quand on s’apprête à jeter sur la paille des millions de citoyens qui n’émargeront jamais au bouclier fiscal, en fait, c’est énorme.
Et c’est beau. Et c’est émouvant. Si, si ! Vraiment !
Je parle, bien sûr, de cette façon toute en finesse de nous prendre pour des cons.
Et pis c’est tout !
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