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    mardi 24 février 2015, par Marc Leblanc

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    Inscriptions racistes à Bédarrides

    samedi 14 février 2015, par Marc Leblanc

    Bédarrides, le 2 février 2015

    Madame la Députée du Vaucluse,
    Monsieur le Président du Conseil général de Vaucluse,
    Monsieur le Conseiller général du canton de Bédarrides,
    Monsieur le Président de la communauté des communes des pays de Rhône et Ouvèze,
    Monsieur le Maire de Bédarrides,

    Depuis près de trois semaines, des inscriptions racistes « Non à l’islam » sont visibles sur les bordures de rives en béton de la RD 907, entre le carrefour giratoire des Verdeaux et le carrefour de l’avenue de Rascassa à Bédarrides, de part et d’autre de la chaussée et du pont enjambant l’autoroute A7.

    Je veux vous faire part de mon indignation de constater que, jusqu’à ce jour, aucun des services en charge des voiries, à quelque titre que ce soit, ni qu’aucune autorité politique ayant le pouvoir ou l’influence nécessaire n’ait apparemment jugé bon de faire effacer rapidement ces inscriptions abjectes.

    Je suis profondément atterré que, après les sanglants attentats des 7, 8 et 9 janvier dernier, et alors que la plupart des responsables politiques de notre pays en appellent à l’unité nationale – à l’exception notable de ceux du Front National – des insanités stigmatisant une partie de nos compatriotes et jouant sur des amalgames scandaleux puissent souiller les murs de nos villes sans que personne, semble-t-il, n’agisse pour les faire disparaître.

    Je m’inquiète de l’image déplorable de mon village qui est ainsi servie à nos concitoyens pour la plus grande satisfaction des semeurs de haine et d’exclusion locaux.

    Je vous prie d’agréer, Madame et Messieurs, l’expression de mes sentiments distingués.
    Marc Leblanc


    Mise à jour du 14 février 2015

    J’ai pu constater hier matin que les inscriptions avaient été effacées.

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    Réponse de Monsieur le Maire de Bédarrides

    Ce matin, j’ai reçu un courrier de Monsieur Christian Tort, Maire de Bédarrides, pour m’en informer. Tout rentre donc dans l’ordre, en somme, un mois après que nos fachos se sont défoulés sur les murs de la ville.

    Je ne peux cependant pas m’empêcher d’éprouver une certaine amertume : il aura fallu un bon mois pour que quelqu’un donne des instructions et encore, parce que quelques simples quidams ont fait connaître leur indignation. Je serais donc un de ces rares citoyens qui se sont émus, moi qui suis athée et le revendique ? Mais les musulmans qui passent par là, ils ne disent rien ? Non plus ceux qui ne partagent pas cette haine ? Combien d’autres Bédarridais qui ont réagi ? Pas un seul élu, y compris d’opposition, qui aurait vu ou entendu parler de ces insanités ? Pas même un seul flic ou gendarme pour les signaler ? Pas d’instituteur, non plus ? Ce n’est pas leur boulot à ces braves gens, n’est-ce pas ! Pourtant dans certaines régions, certains n’hésitent pas à envoyer des enfants de 8 ans au commissariat pour « apologie du terrorisme », sous les applaudissements nourris de la ministre de l’Éducation nationale ! L’apologie de la haine, c’est quand même moins grave, il est vrai. Alors, ça ne gêne personne. C’est tellement normal de stigmatiser des gens qui n’osent pas se défendre. Combien sommes-nous pourtant à prendre cette route chaque jour ?

    Disons que je m’interroge et que je suis un tantinet écœuré. Pour moi, il n’y a aucune raison de laisser faire. Ne rien dire, c’est être complice !


    Mise à jour du 15/02/2015

    Certaines personnes m’ont gentiment fait savoir qu’elles avaient réagi. Merci à elles. Je reconnais qu’il était très prétentieux de ma part d’imaginer être l’exception dans ce petit monde d’indifférence, voire de compromission. Je les prie donc d’excuser ce petit excès. Mes chevilles vont mieux, du coup. Mais je crains que, malheureusement, nous n’ayons pas de quoi monter ne serait-ce qu’une petite fanfare pour réveiller les consciences bédarridaises endormies. Cependant, si je me trompe, je ne pourrai que m’en réjouir.

    Portfolio

  • RD 907 - Bédarrides-Sorgues - côté droit
  • RD 907 - Bédarrides-Sorgues - côté gauche
  • Courrier
  • RD 907 - Bédarrides-Sorgues - côté gauche
  • Plus forts que l’intolérance

    mercredi 7 janvier 2015, par Marc Leblanc

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    Je suis Charlie

    Je suppose que c’est ce que l’on ressent en temps de guerre, lorsqu’on apprend la mort de camarades ou de connaissances. "Ils ont eu Untel". Le vide. Éviter de penser que plus jamais on ne verra leurs visages ni n’entendra le son de leurs voix, leurs rires, leurs mots. Repousser sans cesse le moment où cela deviendra une évidence : ils sont morts. Fini, rideau ! Pourtant, on a hélas déjà perdu des parents, des frères, des amis. Des morceaux de soi-même, des bouts de notre vie. On sait que ça fait mal de penser à ceux qui ne sont plus là. Mais on y pense parce qu’ils étaient importants à notre cœur. Chagrin…

    Ils étaient comme des frères, des amis, eux aussi. On riait des mêmes choses, le plus souvent, par journal interposé. Depuis… bien longtemps. Si longtemps qu’on a l’impression d’avoir presque grandi ensemble. Des fois, je me disais qu’ils étaient gonflés, qu’ils ne reculaient devant rien. Des fois, ils poussaient le cochonnet un peu loin, faut dire, mais qu’est-ce qu’on se marrait ! En quelques coups de crayon, ils exprimaient des choses qu’on avait du mal à mettre en mots. C’est pour ça qu’on les aimait, parce qu’ils traduisaient ce qu’on ressentait face à un événement, une situation. Le talent, quoi. Et ça faisait du bien, face à ce monde qui va de traviole depuis si longtemps, de fréquenter ces gens-là qui le tordaient encore plus pour lui faire rendre gorge et nous arracher des sourires et des rires, pour conjurer les injustices, la tristesse, l’impuissance à ne pas pouvoir le rendre meilleur. Des compagnons de luttes, parfois aussi.

    J’achetais Charlie presque toutes les semaines, comme Siné Hebdo (puis Mensuel), d’ailleurs. Parce que, même s’ils se frictionnaient parfois mutuellement, leurs talents respectifs étaient réjouissants. Mais ce n’était pas simplement une affaire de dessins, de caricatures. C’était aussi un état d’esprit, une liberté de ton, des textes intéressants écrits par des gens intéressants et talentueux. Ça faisait quelques semaines, pourtant, que je n’avais plus acheté Charlie. Trop de journaux à lire. Mais bizarrement, je gardais précieusement tous les numéros que j’avais acquis (et lus intégralement), comme le témoignage d’une époque, peut-être. Mais je n’étais pas inquiet. Je savais qu’il y avait un nouveau numéro qui m’attendrait la semaine d’après ou celle d’après encore si je ne pouvais pas l’acheter. D’ailleurs, je m’apprêtais à m’abonner. Et puis voilà…

    Alors bien sûr, on savait que leurs moqueries parfois mordantes généraient des réprobations, des indignations parfois violentes. Comment pouvait-il en être autrement ? C’était la règle du jeu, en quelque sorte. Brûler les locaux de Charlie Hebdo, on n’était sans illusion, c’était bien la connerie élevée au rang de dogme. La censure stupide. Mais là. Cette haine meurtrière. Il n’y a plus aucun mot capable de traduire le dégoût d’un tel acte.

    Je pense à toutes ces personnes massacrées aujourd’hui, à qui on n’a pas laissé la moindre chance d’en réchapper. Aux dessinateurs, aux journalistes, aux chroniqueurs, aux gens connus et aux inconnus qui se sont trouvés là au pire moment. A ces policiers aussi, tués en remplissant leur mission et dans des conditions abjectes, elles aussi. A cette folie meurtrière qui semble ne plus avoir de limite dans notre siècle malade. Je m’interroge. Est-ce vraiment la bêtise la plus crasse, l’intolérance, qui sont la cause de ces meurtres ? On peut vraiment tuer pour des caricatures ? Tout cela concorde tellement avec les horreurs qu’on nous rapporte du monde entier. Ces enfants massacrés au Pakistan parce que leurs parents sont militaires, ces jeunes filles enlevées au Nigéria, et la Syrie et le Mali et le Nord Kivu, etc. Ces gens assassinés parce qu’ils sont juifs, ici, ou palestiniens, là, ou rohingyas (musulmans), ailleurs. Et maintenant ces appels à l’unité nationale, européenne et occidentale. Tout cet engrenage qui semble vouloir nous entrainer inexorablement vers le déchainement de haines recuites, vers toujours plus de violence, comme si nos sociétés en perdition, écrasées par l’injustice et les spoliations, devaient à nouveau se trouver des exutoires pour se donner l’illusion d’exister encore. Comme un éternel bégaiement de l’histoire où chaque époque de crise se trouve une haine nouvelle à exploiter pour que finalement rien ne change. Avec paiement cash pour les éternels mêmes contributeurs.

    Je pense aussi à tous ces musulmans, nos compatriotes mais les autres également, qui ne sont pour rien dans ces atrocités et desquels on commence déjà à exiger des gages alors qu’on leur vole à eux aussi la paix de leur foi. Je n’aimerais pas que mon pays s’abandonne à de mauvais prétextes pour conjurer ses peurs comme on le fit jadis avec les Juifs, ici et ailleurs. Ma France est laïque et la laïcité, ce n’est pas le rejet d’une religion au profit d’une autre. Puisque c’est notre liberté qui est attaquée, nous dit-on, qu’on se souvienne que celle-ci est aussi la liberté de conscience.

    Ils auraient donc voulu faire taire Charlie, parait-il. Ils ont juste réussi à faire taire certains de ses artisans, non des moindres, il est vrai. Ils vont nous manquer. Ils vont me manquer. Le jour qui va se lever aura un goût amer, c’est sûr. Et les suivants aussi. Mais ils ne nous feront pas taire. Charlie va renaître une fois de plus car il est certain que d’autres talents s’attèleront à la tâche pour que cet esprit ne meure pas. Parce que la liberté a toujours raison de la barbarie. Parce que les crayons et les plumes sont plus forts que les armes même s’ils sont moins létaux.

    L’esprit aura raison de la haine et de l’obscurantisme.

    Charlie, c’est nous !

    Pas la bonne couleur, mec !...

    #esclavage #colonialisme #racisme

    dimanche 7 décembre 2014, par Marc Leblanc

    Il y a eu cette fameuse polémique autour de l’expo-performance Exhibit B de l’auteur sud-africain Brett Bailey. Une œuvre dénonçant le colonialisme et l’esclavage et aussitôt accusée de racisme, parfois violemment, car reproduisant les zoos humains de triste mémoire qui illustraient les expositions coloniales (notamment) du début du XXième siècle.

    Personnellement, je n’ai pas vu cette exposition et je le regrette. Je suis prêt à parier d’ailleurs que la grande majorité de ceux qui réclament son interdiction ne l’ont pas vue non plus. Pour ma part, je suis généralement très réservé au sujet de la censure. J’estime que c’est à chacun de construire son opinion, surtout en matière d’expression artistique, étant entendu que personne n’est obligé d’aller voir une pièce de théâtre, un film ou une exposition et que chacun est libre d’en penser ce qu’il veut. Évidemment, à moins de ne s’en tenir qu’à l’intérêt suscité par le seul sujet, il est naturel et fréquent de rechercher l’avis de ceux qui sont passés avant soi. En l’occurrence, ce que j’en ai lu ici ou là n’était pas franchement négatif et, par ailleurs, ce genre de sujet m’intéresse vraiment.

    Cela dit, je comprends tout à fait que l’on puisse être heurté par le procédé utilisé pour traiter d’un sujet qui ne laisse pas indifférent, qu’il s’agisse, comme ici, de l’histoire coloniale ou, comme d’autres fois, de religion, de sexisme ou de rapports sociaux. Liste non exhaustive car les batailles d’Hernani font partie de notre longue tradition polémique. Ce que je n’accepte pas, c’est qu’on prétende m’interdire d’en juger par moi-même.

    C’est évidemment autre chose que d’exprimer un avis et d’argumenter en fonction de sa propre sensibilité. C’est en particulier ce que fait le Yéti dans une brève parue dans Politis. Mais ce qui est intéressant, et même très surprenant, ce ne sont pas tant les avis exprimés que l’un des arguments utilisés pour disqualifier les défenseurs de l’œuvre en question. Un truc du genre : t’es pas Noir, mec, t’as rien à dire. En d’autres termes, vous êtes Blancs et occidentaux, donc vous n’êtes pas qualifiés pour parler de racisme, de colonialisme ou d’esclavage. Il paraît même que le faire serait condescendant et aussi — ne nous privons d’aucun plaisir — paternaliste. Si !

    Il est vrai que nous sommes nombreux dans ce pays à compter parmi nos aïeux quelques bons bourgeois bien gras, bordelais ou nantais, notamment, que le commerce triangulaire a enrichi. Ce serait uniquement pour se donner bonne conscience, la jouer peuple, que nous pourrions évoquer le grand-père loué à l’âge de 9 ans dans les fermes du sud de la France pour échapper à la misère de son Italie natale, ou ces autres devenus mineurs de fond à l’âge de 12 ans dans les houillères du Nord ou cette grand-mère placée chez des bourgeois parisiens comme domestique et cuisinière. Nous, l’exploitation de la misère et le mépris des possédants, forcément, on peut pas connaître, on est Blancs et Européens. Pourtant, ça aide bien quand même pour comprendre ce par quoi d’autres peuples sont passés et passent encore aujourd’hui : le rejet et le mépris engendrés par l’ignorance et les fantasmes. Tout le monde n’a pas oublié d’où il vient et ça motive parfois la solidarité que l’on souhaite exprimer envers les exploités et les opprimés.

    Et qu’on ne vienne pas me dire que ce n’est pas comparable. Comme si, pour ressentir l’abjection de l’esclavage, il fallait avoir dans son arbre généalogique au moins un ascendant venu d’Afrique aux Antilles, enchainé au fond d’une cale infecte. Comme si, pour refuser le racisme, il fallait obligatoirement en être victime, c’est à dire juif, noir, maghrébin, etc. D’ailleurs, je ne voudrais pas faire de mauvais procès mais il me semble que tenir ce genre de raisonnement, quelque part, c’est aussi une forme de racisme. Il me semble également que ce raisonnement est du même acabit que celui qui consiste à relativiser les droits des uns et des autres au motif de leur culture d’origine, de leur religion, etc. Ainsi, les femmes ne sauraient prétendre à l’égalité avec les hommes, au respect de leur personne et de leur intégrité physique car ce sont des concepts occidentaux, de riches, quoi, qui ne connaissent rien aux réalités exotiques. Ainsi, les homosexuels qu’on pourrait torturer et massacrer à sa guise car Dieu désapprouverait leur existence. On continue ?

    Il se trouve que je crois en l’universalité des Droits de l’Homme et que je ne vois pas le monde au travers du prisme des différences de culture, de couleur de peau, de sexe ou de religion. Je crois que nous vivons une époque de grande confusion où les idées les plus généreuses sont systématiquement galvaudées, détournées, vidées de leur substance pour tromper ceux qui ne se donnent pas le temps de la réflexion, de prendre du recul, ceux qui s’en tiennent aux apparences, à l’affect, à l’émotion de l’instant, afin de mieux les dresser les uns contre les autres et se battre contre leurs propres intérêts.

    Ici, je crois sincèrement que chacun devrait plutôt se réjouir que des gens s’unissent pour lutter contre les idées les plus viles, contre l’imagerie d’un passé dont ils veulent révéler les zones d’ombres et les aspects les moins reluisants et pour œuvrer pour notre bien commun et pour notre vivre ensemble. Au lieu de quoi, on voudrait nous renvoyer à ce contre quoi nous nous battons : les différences de peaux, de cultures, de « communautés »…

    A croire que la bêtise n’en finit pas de monter en puissance !


    Mise à jour du 08/12/2014 :

    Ici le lien vers la tribune de Michel Tubiana, président d’honneur de la Ligue des Droits de l’Homme, qui, bien entendu, dit les choses bien mieux que je ne saurais le faire.

    Et aussi cet article de Marina Da Silva dans les blogues du Monde diplomatique…

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