@Ficanas84

Derniers articles

    Voilà ! La campagne pour l’élection municipale à Bédarrides est lancée après les présentations successives des deux listes principales et l’annonce d’une possible troisième.

    Joël Sérafini

    Ma préférence va, bien entendu, à la liste du maire sortant, Joël Sérafini, étiqueté « Divers Gauche ». J’avais déjà voté pour lui en 2008, aux deux tours, et je ne vois aucune raison pour lui retirer ma confiance, même si je suis un poil réservé sur certains aspects de sa politique et même si je regrette que certains de ses compagnons de la première mandature se retirent pour des raisons très valables qui leur appartiennent, tels Philippe Heckel et Jean-Louis Mazzia. Dont acte.

    Le personnage me plaît bien. J’ai discuté avec lui et ai assisté à des réunions qu’il animait. Certes, c’est un peu court pour justifier un soutien mais c’est un point important. Il est enthousiaste et dynamique et il sait communiquer sa soif d’action au travers de projets pertinents où le souci de l’intérêt général est un élément central. Bédarrides a indéniablement changé ces 6 dernières années : le village a embelli et s’il n’a pas de très nombreux atouts pour attirer le visiteur curieux et le voyageur désirant poser ses valises, ceux dont il dispose ont été mis en valeur d’une manière intelligente et d’autres ont été créés qui participent à son charme et sa douceur de vivre.
    Car décidément, oui, il fait bon vivre à Bédarrides. Et ce n’est pas seulement une question de jardins publics ou de pierres vieilles ou récentes, de patrimoine restauré. C’est aussi une affaire d’ambiance, d’animations proposées, de lieux de vie, de rencontres et de partage, sans parler des aménagements et des services contribuant à la sécurisation du village et de ses abords ou à faciliter la vie des habitants, jeunes et vieux, à la rendre plus agréable. C’est aussi une question d’état d’esprit, de motivation, d’ouverture à l’autre, de respect et de promotion des valeurs républicaines.
    Et puis, Joël Sérafini et son équipe ont des projets très intéressants dans leurs musettes. Rien de grandiose ni d’extravagant mais des projets au service du village et de son rayonnement, soucieux d’une utilisation raisonnée de toutes ses ressources y compris financières.

    Je connais la plupart des membres de l’équipe sortante et de la nouvelle équipe, pour avoir parfois partagé à leurs côtés des événements auxquels ils ont contribué. Ils ont tous ma sympathie et ma considération et je souhaite ardemment leur succès car leur bilan est plus qu’honorable. Il est excellent et ils peuvent en être fiers. Ils ont bien travaillé et il faut qu’ils poursuivent pour qu’on continue de bien vivre à Bédarrides.

    Christian Tort

    La candidature de Christian Tort n’est pas réellement une surprise. Elle couvait depuis plusieurs mois mais on ne peut s’empêcher d’en retirer un sentiment bizarre d’improvisation mêlée d’incrédulité. Un peu comme s’il fallait être là et que ce fût lui qui s’y collât. Car ça commence très fort : Christian est le fils de l’ancien maire de Bédarrides qui s’est retiré en 2008 après 18 ans de mandat. Il avoue ne rien connaître à la chose publique, ce qui est à coup sûr un argument de campagne singulièrement percutant et démontre une motivation époustouflante. Son projet est à l’avenant : vide !
    A tel point que jusqu’à ce jour, il n’existe aucun document écrit pour l’exposer. Mais ça va venir, c’est sûr. En effet, la première chose que Christian et sa bande ont faite, est la diffusion d’un questionnaire pour demander aux Bédarridais… ce qu’ils voulaient qu’ils fassent ! Trop fort !
    On nous caresse évidemment un peu dans le sens du poil avec l’éternel thème de la sécurité qui tombe ici un peu à plat car les statistiques sont plutôt satisfaisantes. On sent que le cœur n’y est pas vraiment. Mais on nous promet surtout de régler le « fameux » problème du nouveau « quartier des Garrigues ». Et là, on sent un frémissement et on atteint des sommets d’hypocrisie. Car, en fait de problème, les seuls qui en trouvent sont les anciens propriétaires des terrains expropriés pour réaliser la zone aménagée. Et je vous le donne en mille : au nombre de ces propriétaires, on compte la famille de notre ami candidat et sans doute de certains de ses colistiers.

    C’est que, voyez-vous, Bédarrides a souvent été affligée par les caprices de ses rivières (notamment, l’Ouvèze et la Seille). Souvenez-vous de 1992. Dès lors, bienheureux celui qui possède un lopin de terre sur les hauteurs du village pour y cultiver sa vigne ou y construire sa masure. Bien sûr, les limites du village n’étant pas extensibles, ces terres assez peu nombreuses sont précieuses. Et dans l’idée de leurs propriétaires elles sont donc très chères. Ou devraient l’être.
    Le projet des Garrigues avait été mis en route, plutôt mollement, par l’ancien maire, André, ci-devant père de notre Christian. Tellement mollement que le projet a végété suffisamment longtemps pour que ce soit l’actuelle municipalité qui le mette en œuvre après l’avoir un poil redimensionné (en plus modeste). Et c’est là qu’est le problème car ces terres agricoles n’avaient évidemment pas la même valeur pour leurs propriétaires, qui sont de grands sentimentaux, d’un côté et la puissance publique, de l’autre. D’où bataille juridique et tout ça et contestation de la déclaration d’utilité publique. Finalement, la justice a tranché. Le projet est légal. Le prix d’achat des terrains a été fixé plus cher que leur prix initial et moins que ce qu’en voulaient les proprios qui comptent bien sur un changement de majorité pour remettre le couvert. Bien entendu, ceci au nom de l’intérêt général car il faudrait vraiment avoir l’esprit extrêmement mesquin pour n’y voir qu’une affaire de gros sous.

    De fait, notre ami Christian est le candidat des notables et des propriétaires terriens. Sa numéro 2, Maryse Tort (une simple homonyme), présidente de l’association constituée d’office (asco) des mayres et des fossés, est fameuse pour sa gestion si soucieuse de l’intérêt commun. Une personne pas vraiment réputée pour son caractère affable et sa délicatesse. Elle est aussi la rédactrice en chef de la feuille de ragots anonymes intitulée « Au courant de l’Ouvèze » que j’avais déjà évoquée dans ce vieux billet et que nous avons reçue épisodiquement dans nos boites à lettres durant ces 6 dernières années. Pas de la grande littérature, il faut bien dire. Un torchon axé essentiellement sur la critique de la municipalité (ce qui est leur droit, bien sûr) sans jamais se risquer à faire la moindre proposition (on comprend mieux le questionnaire, aujourd’hui) et surtout à travers la personnalité particulière du maire. Disons plutôt de… « son genre ». Que voulez-vous, il y en a, ça les rend très bêtes et très méchant(e)s de devoir supporter des « personnes comme ça ».
    Autre trait significatif : cette prétention à croire que Bédarrides serait comme une île à l’écart de la république et dont l’accès devrait être réservé à ses seuls habitants si possible de souche ou de longue date ou régulièrement adoubés par un jury ad hoc. Car il est des gens, dans le voisinage de notre village, qu’on ne veut surtout pas voir s’y installer. D’où cette crispation irrépressible dès qu’on parle de créer des logements sociaux : s’ils ne sont pas réservés à nos pauvres à nous, basta cosi ! Et si l’on insiste, c’est à coup sûr parce qu’on veut faire venir des Maghrébins cas sociaux voisins qui vont pourrir notre belle cité si accueillante. A ceci près que ces fameux cas sociaux sont aussi des Français qui, logements sociaux ou pas, ont le même droit que nous de vivre sur notre commune. Et ça, ça leur fout un urticaire pas possible et des poussées d’eczéma terribles à ces messieurs-dames.

    L’affable Christian Tort se disait prêt, il y a quelques semaines, à accueillir sur sa liste des militants frontistes et des communistes (mouarf !). Pardi ! Le bel esprit d’ouverture que voilà, si bien équilibré, n’est-ce pas ? Mais qui sonne tout de même un peu faux car si pour le FhaiNe, ça y est, c’est avéré (voir le billet de Philippe Heckel), qui cela surprend-il vraiment ? Quant aux cocos, c’est pas gagné et ça ne devrait pas l’être. Encore une fois, est-ce si étonnant ?
    Mais pour quelqu’un qui prétend être et vouloir le meilleur pour sa commune, les noms de certain(e)s colistier(e)s sonnent un peu comme un cinglant démenti. J’ai déjà évoqué sa si sympathique et si brillante n°2 mais je pourrais aussi citer cette autre, réputée pour sa grossièreté et sa bêtise crasse, qui se répand déjà dans le village en jurant qu’elle va pouvoir faire embaucher sa parentèle à la mairie. Une motivation comme une autre, me direz-vous…
    Bien sûr, il y a aussi des gens très estimables et très honorables dans cette liste. J’ai même vu le nom d’un mien cousin et Christian Tort est lui-même un homme sympathique. Mais, tout ceci n’est pas très séduisant et est à l’opposé de mes convictions. Et je ne parle même pas de ce slogan tellement démagogique et affligeant : « Notre parti, Bédarrides » qui souligne encore davantage le vide sidéral de cette liste.

    Les fafs

    Enfin, la troisième liste pressentie pour briguer la municipalité est une liste PDF — parti de la France — avec Carl Lang soi-même, qui rêve de prendre pied en Vaucluse, et la plupart des déçus du FhaiNe local et de la Marionnette qui, quant à elle, a choisi d’aller guerroyer à Sorgues. Pouah !

    Bien sûr, non merci, sans façon !

    Pour la victoire

    Voilà pour ce premier état des lieux. Peu de surprises en fait et une seule conviction, en fin de compte : il faut que Joël Sérafini et son équipe continuent de gérer Bédarrides pour lui assurer le meilleur avenir possible et lui éviter de sombrer dans la médiocrité des conflits d’intérêts, de l’esprit de clocher imbécile et la haine de l’autre, pour que Bédarrides continue d’être fidèle à la république sociale et laïque et pour qu’il y fasse toujours bon vivre !

    Allez Joël, bon vent et hasta la victoria siempre !

    Les messagers de la haine ordinaire

    vendredi 3 janvier 2014, par Marc Leblanc

    Je suis parfois très étonné par la crédulité de personnes de mon entourage, notamment en ce qui concerne certaines « informations » circulant sur les réseaux sociaux. Ce sont pourtant des gens réfléchis, tout à fait capables d’analyser une situation afin de prendre des décisions pertinentes et qui, d’ordinaire, exerceraient leur sens critique avant que de s’approprier une information et de la relayer.
    Bizarrement, Internet semble abolir cette réserve salutaire et de bon aloi qui, « dans la vraie vie », est censée nous éviter de prendre des vessies pour des lanternes, sans y parvenir systématiquement, certes, mais suffisamment pour ne pas passer pour un plomb.

    Il est vrai que ce sont souvent des informations qui touchent à notre sensibilité face à ce que nous percevons comme des injustices ou des atteintes à la dignité humaine. Alors, notre sang ne fait qu’un tour et on s’indigne avant même de nous être interrogés sur la réalité de ce qu’on nous sert comme une vérité. Le plus souvent d’ailleurs, ces informations nous parviennent par des connaissances qui ont réagi comme nous après les avoir reçues de la même manière. Alors, notre méfiance naturelle n’est plus en alerte puisqu’il s’agit d’amis ou de gens que nous connaissons pour ne pas s’en laisser compter si facilement.

    Je trouve que ce genre de situation a malheureusement tendance à se multiplier et, le plus souvent, autour de faits de société qui impliquent l’attitude réelle ou supposée de la Justice face à des actes extrêmement graves qui nous choquent et nous écœurent. Et là, il faut dire que certains se sont fait une spécialité de dénigrer la Justice en jouant de l’ignorance de la plupart d’entre nous face à ses mécanismes, son jargon et aussi face à la loi que nul n’est censé ignorer mais que nous méconnaissons tous dans les grandes largeurs. A tel point que chacun s’en fait l’idée qui lui convient et ne voit les arrêts de justice qu’au travers de son prisme personnel. Et ce ne sont pas les journalistes, même lorsqu’ils sont estampillés « spécialisés », qui nous éclaireront alors que c’est en principe leur fonction.
    Alors, je frémis lorsque je lis certains commentaires, prétendument frappés au point du bon sens, réclamant une plus grande sévérité de la justice, bien sûr, et la mise en pièce des droits de la défense qui, paraît-il, bafouent ceux des victimes. Il est heureux que certaines affaires sordides de ces dernières années n’aient pas été jugées par les « jurys populaires » de Facebook ou de Tweeter. Il y aurait certainement du sang partout et des morceaux de corps humains virtuellement éparpillés façon puzzle, selon l’expression devenue légendaire. Quant à la Justice…

    Le dernier exemple en date est celui d’un arrêt de la Cour de Cassation italienne relaté dans un article d’Il Quotidiano della Calabria le 7 décembre 2013 dont voici la traduction approximative :

    CATANZARO - Lui 60 ans et elle 11 ans. Lui est un employé des services sociaux de la commune de Catanzaro, elle, l’enfant d’une famille en déshérence. La maman l’avait confiée à ses soins et il l’avait prise dans ses bras. Mais quand les policiers avaient fait irruption dans sa maison au bord de la mer, ses bras la serraient sous les draps de son lit, tous deux nus. Mais aussi amoureux, écrivent aujourd’hui les juges de la Cour de Cassation, entre les lignes d’un arrêt qui ne manquera pas de faire jaser, en voyant une circonstance atténuante justifiant le consentement de la victime aux rapports sexuels avec l’accusé. La condamnation à 5 ans de réclusion, pourtant par deux fois déjà infligées à Pietro Lamberti, est cassée et celui-ci est renvoyé une nouvelle fois devant la Cour d’appel de Catanzaro pour les mêmes faits. Qu’en ressortira-t-il vraiment, de cette villa transformée en alcôve pour un amour interdit, fait de coups de téléphone quotidiens et de rencontres à toutes les heures ?

    « Mais tu m’aimes ? », lui demandait romantiquement la fillette. Et lui tentait vainement de la tranquiliser pour se laisser aller à des commentaires érotiques. Jusqu’à ce que la peur d’une grossesse l’aurait fait arrêter. Alors la peur avait remplacé la séduction comme il ressort de quelques-unes des centaines de dépositions récoltées par les policiers. Elle lui faisait une sonnerie quand elle se trouvait seule à la maison et lui la rappelait sur son portable, exception faite pour le weekend. « Ne m’appelle pas samedi et dimanche car je suis en famille », l’avertissait-il. Et elle obéissait. Comme ce matin ensoleillé du 22 juin, il y a trois ans, au moment de mettre la jupe pour pouvoir « le rencontrer » dans la voiture car revenir à la maison de Roccelletta aurait été trop risqué. « Son homme » lui aurait confié que depuis quelques temps il se sentait épié par sa mère, au point de recommander continuellement à la fillette de ne parler avec personne et de ne pas raconter ce qui se passait dans la maison de Roccelletta, « car ceci est un secret que nous devrons emporter dans la tombe. » Mais, finalement, le secret fut découvert. Et Lamberti est tombé directement dans les filets des policiers qui, après avoir eu connaissance de la rencontre, l’avaient suivi et surpris en flagrance.

    Il est certain que la lecture d’un tel article est de nature à donner la nausée et c’est exactement ce qui s’est passé. Mais l’itinéraire de cette information est assez curieux et mérite de s’y arrêter un instant car je le trouve très significatif de la tendance dont je parle.
    Elle est d’abord reprise en termes presque identiques dans un billet du blogue Ladyblitz (en italien), le 8 décembre et sans aucune remise en cause. Puis, le 27 décembre, elle est publiée sur le site français Media-Presse-Info qui, se définissant comme le chantre de « l’info sans concession », se permet de rajouter sa petite couche maison pour le cas où le côté sordide de l’histoire serait trop peu perceptible. Mais toujours pas de remise en question de l’interprétation de l’information de base. Enfin, le 29 décembre, c’est le site Egalité et réconciliation qui ajoute sa petite contribution à l’histoire, sans doute pour souligner, comme l’impose sa marque de fabrique, la Justice sans morale de ce siècle de décadence. Bien entendu, la démonstration, aussi lapidaire qu’elle est, est incompatible avec une recherche même succincte d’une interprétation différente.

    Commence alors la petite « tournée des amis » avec sa succession de « partages » et de commentaires outrés.

    Entretemps, en Italie, le 14 décembre (soit 7 jours après l’article du Quotidiano della Calabria), le site Golem Informazione publie l’interview de la criminologue Luana de Vita qui apporte un éclairage singulièrement différent sur cet histoire. En réalité, la Cour de Cassation italienne n’a aucunement statué sur la réalité du délit (ce qui n’est d’ailleurs pas son rôle) mais sur l’absence ou l’insuffisance de motivation du refus, par la cour d’appel, des circonstances atténuantes demandées par la défense, parmi lesquelles l’invocation du sentiment amoureux prêté à la victime pour son agresseur qui minorerait sa faute, en excluant toute contrainte ou violence, ce que réfutent les juges du fond, et aussi la proposition d’une indemnité de 40.000 €, jugée incongrue par la cour d’appel, sans que ces mêmes juges ne précisent quel montant serait plus acceptable ni n’ordonnent d’expertise médico-psychiatrique de la victime afin d’évaluer le préjudice subi. Des aspects purement techniques, donc.

    C’était donc ça ! On est loin du psychodrame joué par le quotidien calabrais et les sites conspirationnistes français. Finalement, le Nouvel Obs (Rue 89) dans sa rubrique « Le démonte-rumeur », publiera le 31 décembre l’un des seuls articles français allant dans le sens de la vérité juridique. Sur le forum du site Hoaxbuster.com, des contributeurs s’interrogeaient quant à eux sur cette affaire qui semblait prendre de l’ampleur, essentiellement en France, sans émouvoir l’Italie plus que ça.

    Car c’est là l’un des aspects remarquables de toute cette histoire : les divers moteurs de recherche ramènent tous à ces mêmes articles signalés plus haut mais à aucun des grands journaux italiens (Il Corriere della sera, La Stampa, La Reppublica, L’Unità, pour ne citer que ceux-là) comme si ces derniers se désintéressaient totalement d’une affaire de pédophilie provinciale. A moins, bien sûr, qu’ils ne trempent jusqu’au cou dans la conspiration de la décadence morale. On n’est jamais sûrs de rien, c’est sûr ! A moins que ces journalistes-là aient simplement fait correctement leur boulot et constaté qu’il n’y avait pas là de quoi fouetter un chat.

    Car enfin, on peut comprendre que le commun des mortels réagisse aux informations qu’on lui donne avec sa sensibilité, sans remettre en cause leur véracité ni les vérifier. Après tout, ces informations sont censées avoir été analysées par des journalistes dont c’est le métier. Évidemment, je me place ici dans un contexte carrément idéal où les journalistes et les journaux qui les emploient s’enorgueillissent de délivrer des informations fiables et étayées, gages de leur crédibilité. Malheureusement, il semble que la rigueur et la compétence ne soient pas les qualités les mieux partagées dans une certaine presse. Car, sinon, comment expliquer que des sites qui prétendent être des références de « l’info sans concession » ne se donnent même pas la peine de rechercher des compléments possibles à l’information qu’ils se proposent de diffuser afin de la recouper, comme on dit. Il m’a fallu moins de 2 heures pour trouver les articles expliquant réellement le sens de l’arrêt. Du boulot d’amateur, en somme. Et je n’ai fait cela que parce que les affirmations initiales me semblaient fantaisistes. Il faut dire que j’apprends aussi beaucoup sur la Justice en lisant Maître Eolas

    Dans le cas présent, si l’article du journaliste du Quotidiano della Calabria peut être imputé à son incompétence en matière juridique, sa reprise par les 2 sites français n’est évidemment pas fortuite. Non pas que l’incompétence ne puisse ici être invoquée, au contraire elle est même plus que probable et pas seulement en terme de Droit. Mais on a davantage à faire avec une volonté politique visant à instiller l’idée que la Justice est laxiste, qu’elle méprise la victime et protège la racaille et que si la loi ne punit pas suffisamment, il reste une justice populaire, sans doute la vraie, qui coupe les cous et les couilles sans s’attarder en vaines discussions, toujours un peu pénibles.

    Il ne faut pas négliger le pouvoir de nuisance de ces gens qui véhiculent aussi des idées assez éloignées des valeurs de notre République. Car, même après que l’on a rétabli la vérité, il reste des gens pour se dire scandalisés par l’information initiale et fausse. Voir les commentaires sur Rue89. Comme s’il était finalement plus simple de croire… ce que l’on souhaite croire. Il faut dire aussi que, comme il est fréquent dans de nombreux cas similaires, argumenter pour expliquer est forcément plus long et complexe que jeter des anathèmes, surtout lorsque ceux-ci s’appuient sur des préjugés. Qui prendra la peine de lire un long article développant un raisonnement logique et documenté alors que le ragot ne couvre pas plus de 10 lignes ?
    Pour autant, il ne faut rien lâcher et ne pas céder un pouce à ces entreprises de mensonges grotesques et nuisibles.

    Sauvons nos pauvres !

    Non au FhaiNe !

    lundi 23 décembre 2013, par Marc Leblanc

    On ne va pas se raconter d’histoires : être pauvre aujourd’hui en France n’est pas la situation inacceptable et indigne d’un pays riche comme le nôtre que certains se complaisent à dénoncer pour nous dénigrer. En effet, une bonne part de nos compatriotes a pris conscience de ce qui aurait pu devenir une succession de drames et a décidé d’agir avec vigueur.

    Ces braves gens ont su identifier les vraies causes de ce scandale humain comme le résume ce dessin qui dénonce l’anomalie avec une subtilité et une clairvoyance rarement égalées :

    JPEG - 122.3 ko
    Etrangers contre SDF ?

    Parlons clair : contrairement à la propagande qu’une certaine gauche extrême et droitdelhommiste (suivez mon regard) tente de faire accroire afin de polluer les esprits faibles trop prompts à s’indigner contre les soi-disant méfaits d’un capitalisme prétendument sauvage — alors qu’il est reconnu par les gens bien éduqués pour être une loi naturelle dans l’ordre divin que nous impose le Ciel — la pauvreté et l’exclusion n’ont qu’une seule cause : la trop grande générosité de notre système de solidarité sociale qui attire comme un aimant des étrangers douteux dont le sort est souvent bien meilleur que celui de nos pauvres à nous — car ces gens, dans leurs pays d’origine, savent se contenter de très peu, parfois simplement de bananes ! — mais qui ne rêvent que de s’enrichir facilement sur le dos du généreux peuple français. C’est dire leur perversité, hélas !

    Pour les aspects plus techniques, on lira avec profit cet excellent billet de Rosaelle

    Si encore ces usurpateurs nous en savaient gré. Mais même pas : ils nous narguent en osant exiger des droits, leurs droits — un comble ! — soutenus en cela par de mauvais Français, suppôts de l’anti-France. Car, nous autres, nous aimons que le pauvre sache se tenir à sa place. D’abord qu’il s’adresse à nous avec déférence et respect — voire, si possible, qu’il s’en abstienne — et garde les yeux baissés dans une posture traduisant sa reconnaissance éperdue.

    C’est une certaine Roxane qui m’ouvrit les yeux un jour sur cette juste cause, dans un de ces échanges d’une haute tenue auxquels les amitiés « fessebouquiennes » sont propices. La petite dame se réjouissait de la mort de ce jeune délinquant niçois tué d’une balle dans le dos par le bijoutier qu’il venait de molester pour le dévaliser. La raison de ce bonheur ? C’est que, ainsi, l’État pouvait économiser l’entretien de cette racaille puisqu’il n’ira pas en prison et que cet argent pourrait servir à aider nos SDF. Imparable puisque mathématique ! Il faut dire aussi que ce jeune homme n’était pas vraiment Français puisque d’origine maghrébine et pour tout dire algérienne ou tunisienne. Force était donc à la gazelle de reconnaître que, « sans être raciste » (cela va sans dire), tous ces étrangers délinquants ça finissait par coûter cher et que cet argent serait bien mieux utilisé s’il servait à aider les vrais Français dans le besoin et, de surcroît, honnêtes. Sans compter que ces gens concurrencent nos pauvres à nous également sur le marché des allocations diverses et variées que notre beau et grand pays a créées pour alléger nos difficultés.

    Une Valérie de passage dans la discussion nous fit alors part de sa propre expérience, grandement édifiante, jugez-en : pendant longtemps elle a cru qu’il était possible d’aider ces étrangers à s’intégrer à notre civilisation avant de s’apercevoir que c’était peine perdue car ils ne disent jamais merci et quand ils se marient (entre eux, forcément), ils ne peuvent pas s’empêcher de sortir les drapeaux de leur pays tandis que la mairie ne fait rien pour l’interdire. C’est vrai que ça fait peur et j’en étais tout retourné, vous pensez bien ! Comment peut-on tolérer une telle ingratitude ?

    Titi et quelques autres abondaient, eux aussi, dans ce sens, rappelant non sans à propos que nous subissions une véritable invasion de clandestins pour lesquels l’État, notre État, notre République, était aux petits soins tandis qu’il laissait crever nos malheureux compatriotes frappés par l’adversité, souvent d’ailleurs à cause de ces mêmes étrangers qui viennent leur voler le travail, le pain et les allocations de chômage. Un vrai scandale.

    En fait, pendant un temps, jamais je n’ai croisé autant de gens aussi soucieux des exclus, des SDF, des clodos. Comme quoi, le peuple français n’est pas ce monstre d’égoïsme que certains se plaisent à calomnier au motif que son seul souci serait la sortie imminente du prochain « aïefone » ou de la dernière « péessecate. » Au contraire, voilà plein de gens prêts à s’engager pour lutter contre la pauvreté et ses effets délétères sur notre brillante civilisation qui surclasse en cela toutes les autres et de loin, notamment l’africaine, pas assez entrée dans l’histoire, et la musulmane, trop arriérée. A se demander, par conséquent, pourquoi on aperçoit encore des mendiants dans nos rues ou à nos carrefours après un tel engouement ?

    C’est que, voyez-vous, c’est quand même pas facile de reconnaître un SDF français d’un pas français. Essayez, pour voir ! Bon d’accord, des fois on a des indices : un négro, par exemple, c’est pas vraiment un Français, enfin, je veux dire « de souche ». On est d’accord. Même Dieudonné et ses quenelles indigestes, c’est limite pour le prendre pour un gaulois. Mais alors, quand il est Blanc, le SDF, c’est pas gagné. Ça peut être un Slave, un Turc, un Libanais ou un Algérien aussi bien qu’un vrai Français. On peut pas savoir. Je vous dis pas la galère. La seule solution, c’est de lui parler mais, honnêtement, qui a envie de causer à des gens qui puent la vinasse et l’urine et sont juste capables de grommeler des injures infectes en guise de remerciements ? En plus, aucune reconnaissance. Y a quand même pas marqué Patrick Pelloux, là ! Non mais ! Sans compter qu’il y en a aussi que c’est des vrais taiseux. Comme des tombes, qu’ils sont. Impossible de leur arracher un mot sauf si on est patients et formés à la psychologie de ces populations extrêmement fragilisées.

    En fait, vous voulez que je vous dise ? Tous ces guignols qui se retranchent derrière l’infamie de l’exclusion, pour vomir leurs insanités xénophobes, n’ont jamais rien tenté pour venir en aide à qui que ce soit et surtout pas aux sans-logis, aux clodos. Parce que, s’il y a une chose qui n’a rien de facile, c’est justement d’approcher des gens qui ont autant de raisons de se méfier de notre bonté d’âme qu’ils inspirent eux-mêmes de répulsion à la plupart d’entre nous. Et puis, il faut être de sacrés salauds pour être capable de refuser à une personne en détresse, là, devant soi, un minimum d’aide, un minimum de réconfort ?

    Sûr que c’est plus facile de s’agiter derrière un écran et un clavier en éructant sa haine des autres et en se pâmant d’aise à l’écoute des anathèmes de la Marine, de sa nièce et de ses gars. Ça évite d’avoir à se poser trop de questions dont les réponses demandent un peu plus de réflexion et de considération pour les êtres humains.

    Car s’il s’agissait seulement des étrangers, en situation régulière ou irrégulière, peu importe, à qui, sous prétexte que le pays est en crise et « ne pourrait donc accueillir toute la misère du monde », dixit Jospin, nous ne devrions même plus tendre la main. Curieux prétexte pour un pays qui se targue toujours d’être la patrie des « Droits de l’Homme » et s’enorgueillit de la générosité de son histoire coloniale à l’égard des peuples ainsi civilisés gratuitement par lui comme le croit dur comme fer l’inculte nièce de la Marine quand elle parle d’apartheid. Ce qui lui vaut la cinglante réponse de Farida Bemba Nabourema sur son blogue. Non, il y a aussi les resquilleurs, ces escrocs bien de chez nous qui profitent sournoisement du système, soit qu’ils n’y ont pas droit, soit qu’ils en abusent. Assurément de bien plus dangereux individus que nos banquiers et certains de nos politiques qui nous truandent à grand coup de milliards.

    Comme cette vieille dame rencontrée en Avignon l’autre jour et qui voulait se rendre aux « Restos du Cœur » d’Orange pour y retirer un colis de Noël qu’elle avait déjà touché auprès de ceux d’Avignon. Pour en avoir deux, disait-elle d’un petit air espiègle et gourmand et sans la moindre gêne car, après tout, elle avait aussi vécu à Orange et avait toujours la preuve de son ancienne adresse.

    Ne sont-ils pas terriblement inquiétants, ces gens qui en prennent plus que ce qu’on voudrait leur donner ? Voyez le scandale ! Bien sûr, ce n’est sans doute pas brillant mais quoi ? Qui sommes-nous pour juger avec nos ventres pleins et nos préjugés de merde ? Gardons nos leçons de morale et donnons-leur les moyens de vivre décemment si nous ne voulons pas qu’ils agissent ainsi !
    C’est peut-être pour cette raison que la ville d’Orange et son maire, un ancien pote à la délicieuse Marine, ont décidé de sucrer une subvention de 1000 € à l’antenne orangeoise des Restos du Cœur trop soucieuse de l’anonymat de ses bénéficiaires et à qui la ville reproche de ne pas vérifier leur (insuffisance de) ressource. Tu parles d’un crime de lèse-majesté ! Il ne manquerait plus qu’il y ait des étrangers parmi ces crève-la-faim ! Et puis, pour 1000 €, faut-il aussi que l’on baise les pieds du grand homme ? 1000 € pour 728 familles : non, c’est trop, arrêtez, on va vous accuser de dilapider l’argent public !

    Alors, je ne me fais pas d’illusion. Ce blogue a une diffusion plus que confidentielle et ne risque pas d’entrainer une grande révolution chez ceux à qui ce billet est le plus destiné. Quand même, comme mon ami Francis l’a dit avant moi, il y en a marre des peigne-cul racistes qui se décomplexent à bon compte sur la toile en galvaudant les principes humanistes dans le respect desquels j’ai été éduqué.

    Non, messieurs-dames, nous ne partageons pas la même vision de la France et de l’Humanité. Vous ne serez toujours que des larves sans consistance, réjouies de vous vautrer dans la fange infecte de votre nationalisme imbécile et criminel et de vos haines étriquées. Et je serai toujours aux côtés de ceux qui vous combattront et vous écraseront sous leurs semelles.

    No pasaran !

    Ainsi donc, le Conseil National de la Sécurité Routière (dites CNSR, c’est plus chic), cette sorte de comité Théodule censé délivrer de puissants conseils, s’est réuni le 29 novembre (donc hier) et a décidé de proposer au gouvernement, ça :

    • Instaurer une journée nationale des victimes de la route le 22 février, qui sera un jour de commémoration des personnes et des familles dont le destin a, un jour, sur une route, brutalement basculé dans le drame. Cette journée permettra également de lancer des travaux pour faire progresser la prise en charge des victimes et de leurs familles.

    Sûr que ça a dû phosphorer dur pour y arriver. Je me demande même si on n’a pas frôlé la surchauffe voire la fusion du cœur du réacteur pour arriver à cette quintessence de la pensée sécuritaire. Avouez qu’il aurait été dommage de perdre tant de personnes indispensables dans un stupide accident, juste par manque de ventilation.

    Ici, disons-le tout net, on frise le grandiose, le génie, que dis-je ? le sublime. Les victimes de la route vont enfin avoir leur journée commémorative. Non mais vous réalisez ? Une journée rien qu’à elles, c’est hyper cool, ça ! Bien sûr, trouver une date n’a pas été si simple car des « Journée » de ceci ou de cela, il y en a en pagaille. A une époque où on aime se donner bonne conscience à peu de frais, il est de bon ton d’initier une petite journée qui en jette même si, dans le fond, tout le monde s’en tape.

    Nous avions déjà la journée sans voiture, l’autre sans tabac, celle de la courtoisie (un grand succès, paraît-il), une autre de l’Europe (passée totalement inaperçue, hélas heureusement !), celle de la Femme, bien sûr avec dans la foulée, celle de l’andouille de Vire ou du cassoulet de Castelnajac, la journée du Patrimoine, et patin et couffin. Avec un calendrier qui limite mesquinement le nombre annuel de journées à 365 voire 366 de temps à autres, c’est réellement un sacré exercice que d’en caser une nouvelle sans rien déranger.

    Les victimes de la route auront donc leur journée, coincée, si j’ai bien compris, entre la Journée du Topinambour et celle du Mimosa, en plein dans la période des carnavals, ce qui doit avoir sa signification, certainement.

    D’aucuns s’étonneront que la Toussaint ne suffise pas à honorer ces morts-là. C’est que d’abord la Toussaint (en fait, le 2 novembre, jour des morts) est estampillée « chrétienté » même si ce sont des païens qui en ont eu l’idée les premiers, il y a déjà un bail. Une République laïque ne peut évidemment pas se permettre une telle limitation religieuse. Et puis, franchement, créer une journée spéciale pour les victimes de la route, c’est bien dans l’air d’une époque où le premier blaireau et la première pétasse venus ne rêvent que de leur quart d’heure de gloire et ne craignent pas d’étaler l’insignifiance de leurs vies sur les chaînes de la TNT où la vulgarité la plus crasse le dispute à une empathie bien poisseuse. Il aurait été regrettable de se priver de la perspective de ces témoignages qu’on nous concoctera bien larmoyants à souhait et ourlés d’une morale au ras du bitume comme on l’aime chez les associations de victimes, LCVR en tête, où les rôles sont toujours très manichéens : fautif = chauffard, victime = innocent. Pas de demi-mesure, pas de nuance. Les bons morts d’un côté, les autres à la fosse commune.

    Le Point allait même jusqu’à titrer : le 11-novembre des victimes. Faut pas se gêner surtout ! Toujours cette surenchère dans l’exploitation de l’émotion qui finit par donner la nausée. Oser comparer la mort brutale sur la route, aussi douloureuse et injuste qu’elle puisse être pour les proches, à celle des soldats de cette guerre atroce, au sacrifice de ces hommes pour leur pays, notre pays et notre liberté, mais quelle infamie ! Quel manque de retenue et de discernement, quel manque de pudeur et de respect, quelle bêtise confondante ! Voilà où nous en serions, alors ? A reléguer le sacrifice suprême de nos grand-pères au rang de simple fait-divers ?

    J’entends déjà les gémissements d’horreur des oiseaux de malheur. Car oser ne pas se pâmer devant une idée aussi géniale, c’est forcément manquer de cœur, c’est obligatoirement mépriser ces victimes et leurs familles, c’est se ranger délibérément du côté des méchants, des chauffards. Hélas, je ne méprise personne hormis ceux qui, sous prétexte de défendre les victimes, ne font qu’exploiter leur douleur.

    Et qu’on ne me dise surtout pas que je ne suis pas concerné.

    Sinon, le CNSR a aussi décidé de proposer au gouvernement l’expérimentation de la circulation inter-files, c’est à dire une pratique que les motards expérimentent grandeur nature depuis plusieurs dizaines d’années dans toutes les grandes villes de France et que la FFMC revendique depuis plus de 30 ans. Mais attention, l’expérimentation « officielle » ne concernera que 4 villes-tests. L’expérimentation officieuse continuera donc comme avant. Ils sont vraiment trop forts, au CNSR. Quelle audace ! Mais jusqu’où s’arrêteront-ils ?

    Franchement, quand on voit ce cinéma, on envie nos cousins belges chez qui la même décision n’a pas nécessité tant de chichis sans qu’on note la moindre aggravation de l’accidentalité. Et pour cause !

    Pas facile à comprendre pour une élite française, ça…

    L’escandilhada

    vendredi 1er novembre 2013, par Marc Leblanc

    En cette période de grisaille frénétique, de morosité poisseuse et de pessimisme surabondant, alors que rien ne semble plus vouloir fonctionner et que l’on en oublie jusqu’à l’idéal républicain pour lui préférer les sirènes du nationalisme xénophobe, il est bon de voir que certains ont tout compris des interrogations populaires et mettent tout leur cœur pour nous faire esquisser un sourire, nous dérider.

    En provençal une « escandilhada » (prononcer « escandillado »), c’est une embellie, un rayon de soleil qui perce la couche noire des nuages un jour de grosse pluie ou d’orage. C’est un joli mot pour une jolie chose, escandilhada. Et c’est un peu ce que viennent de nous offrir les clubs professionnels de football en décrétant la grève des matches pour la fin du mois de novembre en guise de protestation contre la taxation à 75 % des revenus supérieurs à 1 million d’euros.

    Ça laisse rêveur, pas vrai ?

    Déjà, il faut admirer l’aplomb avec lequel on voudrait nous faire pleurer sur ces pauvres génies de la balle au pied que l’on brime avec cette taxe confiscatoire. Tellement que rien que d’en parler, j’en ai les larmes aux yeux, tiens ! Et puis, comme on ne veut pas faire fuir les talents à l’étranger et que ce sont les clubs qui vont casquer, on nous assène le fameux couplet sur les créateurs de richesses qui donnent du boulot et sur qui on tape. Pauvres choux ! Faut dire que quand on voit le nombre de parasites qui vampirisent les carrières des sportifs, on comprend bien que si une pénurie de vocations découlait de la rapacité fiscale de l’État, ça n’arrangerait pas les statistiques du chômage. Encore que les vampires savent bien s’adapter et se reconvertir. Voyez Tapie…

    Mais bon, on connait la rengaine…

    La bonne nouvelle, et il faut prendre le temps de bien s’en imprégner pour l’apprécier comme un nectar qui coulerait dans nos gosiers assoiffés et nous inonderait de joie et de plaisir, la bonne nouvelle est qu’il n’y aura pas de match de foot professionnel à la fin du mois [1] ! Incroyable mais vrai. Sonnez hauts-bois, résonnez musettes, rugissez vuvuzelas !

    Je ne sais pas si vous réalisez : un weekend sans voir ou lire les fameux exploits des virtuoses de la baballe, sans entendre parler du PSG ou de l’OM et de leurs vicissitudes, sans entendre les commentaires à pleurer des journalistes sportifs et de leurs fameux consultants. Oah ! Mais quel pied ! Si, si, quel pied ! Et je vous connais bien allez : vous êtes déjà à regretter que la grève ne dure pas plus longtemps !

    Alors, une fois n’est pas coutume, adressons un message d’encouragement au Président Hollande :

    Monsieur le président, surtout ne baissez pas les bras. Restez ferme, tenez bon. Nous sommes avec vous. Vive la taxe à 75 % et merde au football professionnel !

    Pour que les clubs de football professionnel se lancent dans une grève illimitée, soutenez le président de la République [2] et signez la pétition [3].

    Et pis, c’est tout !

    Notes

    [1] Néanmoins, vous pourrez aller soutenir les petits clubs amateurs qui jouent pour le plaisir, tas de veinards !

    [2] Je sais. C’est pas facile non plus !

    [3] Il doit bien y en avoir une à signer quelque part. Cherchez bien !

Pages 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | ...

s SPIP | thème par ydikoi | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0