13 août 2012

  • [Blogue] Assomption 2012 : priez pour sauver le monde sinon on mourira tous à cause des socialos !

    C’est ce bon Benoit — Iksevéï ou B16, le pape, quoi — qui avait fait cette découverte en janvier dernier, si l’on en croit RMC : le mariage des homosexuels mettrait l’humanité en danger. Et là, on rigole déjà moins, hein ? On fait moins les fiérots avec ces idées droitdelhommistes, égalitaristes et tout ça. Il est bien gentil le pape, faut dire, de bien vouloir supporter l’existence de tous ces homo même que, déjà, être homo c’est une déviance contre la nature que dieu il nous a donné à son image. Alors faudrait voir à pas pousser le bouchon du cochonnet trop loin à vouloir se marier, en plus, car quand on est malade comme ça, c’est carrément comme qui dirait le renier, le bon dieu !
    D’après B16, il aimerait pas trop les gouines et les pédés, le bon dieu. Mais chut, c’est confidentiel. C’est pas de l’intolérance divine, que non ! C’est juste comme ça. Ça se discute pas. On n’y peut rien, voilà ! C’est comme qui dirait un dogme et faut être pape ou, à la rigueur, prêtre pour comprendre le pourquoi de l’affaire. Peut-être une expérience peu concluante, un coup foireux ? On sait pas vraiment. En tout cas, il a pas l’air de vouloir plaisanter avec ça, dieu, à ce qu’il dit le B16.

    Et attention, c’est pas seulement chez les cathos ! Non, non, non ! Parce qu’on pourrait dire : « Ouais, en vrai, c’est le chef des cathos qu’est juste homophobe, les autres ils sont hémophiles. » Ben non, justement, c’est aussi comme ça dans les autres religions et sous-sectes de tous types. C’est dire s’il a de la suite dans les idées, le bon dieu. Il a verrouillé le système. Chez ces gens-là, dès qu’ils voient un(e) homo, ils te se font des signes de croix partout, des incantations, ça te balance de l’encens et des herbes hallucinogènes en pagaille, ça se lamente en se tapant la tête contre les murs, ça fait des prières et tout ça, rien que pour faire vader rétro le ou la satanas. Pas toucher, des fois que ça soit contagieux. Alors, finalement, le mieux, c’est encore de les brûler ou de les lapider, leur faire très mal à ces saloperies de vermines. Brrrrr ! Y en a des qui sortent carrément le goudron et les plumes et même les battes de base-ball ou les barres à mine, histoire de corriger comme il se doit ces anomalies insupportables. Un peu comme pour les Juifs, en somme. D’ailleurs, on se souvient qu’à une certaine époque le protocole des soins à prodiguer était sensiblement le même.

    Bon, okay, aujourd’hui, tout ça s’est un peu calmé mais il y a encore des bien malades, des purs et durs, genre Civitas ou les salafistes (y en a d’autres), des trucs bien fachos, qui n’hésitent pas, dans cette société décadente, à bouffer du pédé au nom d’une saine morale d’essence divine et pour se rassurer aussi un peu sur leurs propres orientations sexuelles. Car c’est horrible, bien sûr, de vivre avec ce genre de doute. Ils aiment bien s’attaquer à des cibles faciles, ces psychopathes, ça les rassure sur leur virilité, sans doute. Tellement d’ailleurs que dans certaines « sociétés », dans certains groupes, portant haut les valeurs raffinées de l’Homme-le-vrai, on prend son pied en sodomisant les impétrants qu’on désigne sous le vocable de « bleus » ou de « bizuths ». Le plus beau est que ces gens-là se considèrent souvent, ou sont considérés par le reste de la société, comme constituant une élite exemplaire alors que, ce faisant, ils ne sont que de la graine de bourreaux. Allez comprendre !

    Ainsi, l’humanité sera en danger si les gays se marient. Voilà donc notre bon Benoit qui vient nous jouer les haruspices après avoir tenté de lire sa prophétie dans les entrailles de Boy George, lequel n’était évidemment pas trop partant en plus d’être Anglais, contraignant B16 à se rabattre sur J23, de moins bonne qualité quoique mieux disposé. Quand on pense que Madame Irma et sa boule de cristal pouvaient nous sortir les mêmes fadaises pour un prix incommensurablement plus modeste, on mesure les substantielles économies que l’église catholique pourrait réaliser par ces temps de crise en supprimant purement et simplement ce poste et ceux qui gravitent autour. Bien sûr, ce ne serait hélas pas la garantie de ne plus entendre ces tristes pitres nous agonir de conneries.

    Mais après tout, il n’est ni surprenant ni anormal que l’église défende ses dogmes les plus archaïques avec autant de zèle. Il est toujours sain de pouvoir se souvenir que derrière la façade toute de tolérance affichée qu’elles se donnent parfois, les religions ont beaucoup de difficultés à supporter la contradiction. Ça te parle d’amour alors que ça pense soumission. Et quand bien même leurs ouailles seraient adeptes du « laisser-faire » en vertu du principe, somme toute raisonnable, qui veut que chacun mène sa vie comme il lui plaît, il se trouvera forcément un hiérarque pour dire tout le mal que son église pense de cette liberté car les religions se donnent surtout pour vocation de régir nos vies jusque dans leurs recoins les plus intimes.

    S’agissant du mariage, il faut bien reconnaître qu’elles ont la primauté dans l’énoncé du principe. Ce qui est surprenant, c’est qu’un état laïque le reprenne dans ses grandes lignes sans rien y changer alors qu’il ne respecte pas l’égalité de tous devant la loi. Pourtant, d’un point de vue laïque, le mariage n’est pas et ne peut pas être un sacrement même si la Révolution a voulu un temps singer l’église. C’est simplement un acte public par lequel la société enregistre le désir de deux personnes de vouloir vivre ensemble et de s’entraider en partageant leurs ressources, dans certaines conditions précisées par un contrat spécifique ou généraliste. Ce n’est pas non plus un outil de politique nataliste puisque qu’il n’y a pas de lien entre l’acte public civil de mariage et la procréation. On peut avoir des enfants hors mariage ou ne pas en vouloir en étant mariés. Et l’État dispose d’autres moyens pour favoriser la natalité si le besoin s’en fait sentir, ce qui n’est pas le cas en permanence, et sans avoir recours à une morale religieuse.

    En réalité, le seul mariage civil conforme aux principes républicains et laïques, c’est le pacte civil de solidarité (PACS). Certes, ça manque un peu de décorum, ce qui convient parfaitement à certaines personnes mais je ne vois aucune raison pour que le PACS soit privé de la mairie ou que le mariage civil ne soit pas contracté au tribunal d’instance. Le reste n’est que fioritures laissées à l’appréciation de chacun.

    Quant à l’aspect familial que le mariage serait censé induire et garantir dans le seul intérêt des enfants, c’est se moquer du monde que de prétendre que le bonheur de ces derniers relèverait de l’hétérosexualité de leurs parents. Les faits-divers dont nos journaux sont si friands démontrent jusqu’à l’écœurement que les enfants sont souvent mis en danger par leurs propres parents à qui on ne pratique pas d’expertises psychiatriques a priori pour déterminer s’ils sont aptes à les élever ou non. S’il s’agit de donner amour, protection et éducation à un enfant, je ne vois vraiment pas ce qui disqualifierait les homosexuels sauf... l’homophobie d’une partie de la société pour refuser de reconnaître leur humanité pleine et entière en leur reconnaissant simplement l’égalité des droits.

    On trouve à ce propos des arguties à vomir comme Marion Sigaut qui voit dans le mariage des homosexuels un simple prétexte pour la création d’un droit exclusif aux homosexuels sur les enfants des autres au travers du droit à l’adoption. On ne voit en effet absolument pas pourquoi, alors qu’il s’agit d’instaurer une égalité de droits, redisons-le, il deviendrait plus facile d’adopter sous prétexte d’homosexualité alors que le problème de l’adoption (plénière) est justement le « manque » d’enfants pouvant en bénéficier. Pourtant, à bien y réfléchir, l’adoption est fondamentalement un droit donné à des gens sur des enfants qu’ils n’ont pas conçus. Le genre des parents adoptifs n’y change rien. Bien sûr, dans l’abjection, il est difficile de faire plus fin et délicat que Civitas qui promeut une campagne, évidemment reprise par Minute, où l’on voit deux hommes nus de dos, portant le drapeau arc-en-ciel, avec cette légende : « Confieriez-vous vos enfants à ces gens-là ? »
    D’autant plus surprenant que, dans notre société, même les fachos ont le droit d’en élever...

    D’autres, plus modérés et développant un argumentaire assez proche du mien, en viennent à la conclusion opposée, ce qui est bien sûr leur droit, en posant des questions assez surprenantes : « Mais une fois le mariage accordé aux homosexuels, comment pourra-t-on justifier l’interdiction du mariage incestueux ? Comment argumenter l’obligation de fidélité entre époux ? Quelles raisons invoquera-t-on pour s’opposer à la polygamie ? On ne pourra invoquer que la tradition, celle-là même qui s’oppose au mariage des homosexuels... »
    Un mélange des genres un peu incongru tout de même. Si la « tradition » et la loi interdisent le mariage incestueux, c’est peut-être aussi en raison des conséquences génétiques engendrées par ces unions. Mais enfin, même dans les familles les plus permissives, il est rare que les enfants d’une même fratrie s’aiment à ce point. Cela n’est pas une aspiration sociétale significative. L’obligation de fidélité ? En quoi est-elle incompatible avec l’homosexualité et en quoi la loi empêche-t-elle l’infidélité ? Quant à la polygamie/polyandrie, en vertu du droit de chacun à conduire sa vie comme il l’entend, je ne vois vraiment pas pourquoi elle est interdite en termes d’union civile lorsqu’elle n’est pas contrainte.

    Pour tout dire, les religions nous emmerdent à vouloir sans cesse intervenir dans nos vies. Ces gens-là sont les premiers à hurler à l’intolérance quand on se permet de les critiquer ou de les caricaturer mais ils ne se privent pas, eux, pour afficher la leur. De la très catholique prière à Marie du 15 août prochain, façon Sauvez la France, pour les uns, aux voiles et fanfreluches des autres, ce n’est que prosélytisme partout. Alors oui, je le dis, la seule façon de garantir l’égalité de tous devant la loi, c’est de vider les actes civils de toute connotation religieuse et d’appliquer et de faire respecter la loi de 1905 de séparation des églises et de l’état partout sur le territoire de la République. Cela n’empêche nullement tout un chacun d’agir ensuite en vertu des principes et des dogmes qu’il s’est librement imposés, selon ses croyances et, surtout, sans emmerder ses voisins. Basta !

    Pour finir, une fois n’est pas coutume, saluons une déclaration sur le sujet faite par Nadine Morano sur RTL. Ben oui ! Le bulot neurovégétatif a eu une pensée qui la rapproche temporairement du monde de l’intelligence. Il est cependant à craindre que l’effort consenti soit fatal à son neurone et nous prive de ses lumières pour un nouveau cycle de plusieurs siècles. Mais, même si ça reste très incomplet et surprenant, ça valait quand même la peine d’attendre ce moment rare comme le passage d’une comète. Comme quoi, l’homosexualité peut être source de miracles...

    Dieu soit loué ! Et pis, c’est tout !

  • Vos commentaires

    • Rouquette
      Le 13/08/12

      C’est délicieusement bien écrit... ;o)
      Mort aux cons, c’est mon programme du 15 août !

    • Frédéric
      Le 13/08/12

      Tout est dit. Tout ? Non, car un petit village d’obscurantistes résiste encore et toujours aux lumières de l’humanisme. Manque de bol, c’est comme toujours précisément ceux qui devraient lire ce texte qui ne le liront pas, et ceux qui sont déjà convaincus, qui, comme moi, l’applaudiront des deux mains.
      Cela dit je fais suivre largement. Même si l’immense majorité de mes connaissance fait, justement, déjà partie des convaincus, voire des concerné(e)s. Et en effet, mort aux cons !

    • Guillaume Chocteau
      Le 13/08/12

      La condamnation de l’homosexualité est très souvent liée, chez les Pères de l’Église, à l’épisode biblique de la destruction de Sodome et Gomorrhe, villes qui symbolisent les désirs pervers les plus peccamineux.

      L’ancien testament décrit ses crimes et son châtiment : Dieu, alerté par « le cri contre Sodome », dont le « péché est énorme », est résolu à détruire la ville pour punir ses habitants (Genèse 18:20-21). Il envoie alors deux anges vérifier si le « péché » est avéré. Ces anges arrivent à Sodome et Lot, le neveu d’Abraham, les invite à loger chez lui. Tous les hommes de la ville entourent la maison de Lot en demandant qu’il leur livre les deux étrangers pour qu’ils les « connaissent » (Genèse 19:5). Dans ce passage, les habitants de Sodome disent à Lot : « Où sont les hommes qui sont venus chez vous cette nuit ? Amenez-les nous pour que nous les connaissions. » En fait, la traduction pourrait être abuser, voire pénétrer plutôt que connaître.

      Convaincu de leur crime, Dieu détruit la ville par « le soufre et le feu » en même temps que la cité voisine de Gomorrhe. Le récit raconte :

      « Le soleil se levait sur la terre quand Lot entra dans le Tsoar. Alors l’Éternel fit tomber sur Sodome et sur Gomorrhe une pluie de souffre et de feu ; ce fut l’Éternel lui-même qui envoya du ciel ce fléau. Il détruisit ces villes et toute la plaine, et tous les habitants de ces villes. La femme de Lot regarda en arrière, et elle devint une statue de sel. Abraham se leva de bon matin et se rendit à l’endroit où il s’était tenu en présence de l’Éternel. De là, il tourna ses regards du côté de Sodome et de Gomorrhe et vers toute l’étendue de la plaine ; et il vit monter de la terre une fumée, semblable à la fumée d’une fournaise. »

      C’est donc plus le viol ou la sodomie (en tant qu’actes) que l’église réprouve ou pourrait réprouver.

      En fait, cela ne fait que justifier que ce sont des abrutis...

      Guillaume, hétéro mais sensible aux tendances sexuelles différentes des siennes

    29 juillet 2012

  • [Blogue] Sports de voiles

    Il paraît que, en Egypte, a été lancée la première chaine télé 100 % musulmane et 100 % féminine. Elles sont toutes voilées, les filles qui y bossent, des présentatrices aux techniciennes, y a pas un poil qui dépasse. Il paraît même que le seul mec qui ait le droit de s’y rendre est le proprio. Encore un gros malin qui se constitue son harem !

    Le problème, apparemment, c’est que les Égyptiens sont, paraît-il, fétichistes à un point qu’on a du mal à imaginer et que la vue de ces nanas en niqab ou en hijab et tout ça, les met dans des états pas possibles. Au point que leurs femmes, à qui était censée être réservée cette chaine, se plaignent maintenant que leurs mecs arrosent plus souvent leur écran de télé que leurs petits jardins secrets à elles. C’est malin !

    A quoi ça tient l"érotisme ?

    Surtout que la chaine n’est pas cryptée, semble-t-il, et que les émissions holé holé sont diffusés après minuit comme dans certains pays laïques. Là, on imagine aisément la folie que ça doit être de voir toutes les pornostars égyptiennes s’envoyer en l’air sous leurs voiles sexy en récitant des sourates.

    Bon, tout ceci est faux, bien évidemment, hormis la création de la chaine à voiles. C’était juste histoire de détendre finement l’atmosphère. Quand même, ça valait bien la peine de faire une révolution pour en arriver là. Les Tunisiennes et les Libyennes vont certainement en pâlir de jalousie, au train où vont les choses. Il n’est pas impossible que d’ici peu ces pays se retrouvent à la case départ après avoir échangé des dictatures laïques contre des dictatures religieuses. Ça va motiver à mort les Syriens, ça, surtout quand on pense que leurs principaux soutiens sont les Saoudiens et Al-Qaïda. Et qui c’est qui va encore avoir l’air con dans l’histoire ?

    Il faut dire que l’époque est à la libération de la femme. La Fédération Internationale de Football Association (FIFA) vient d’autoriser, sous la houlette d’un de ses vice-présidents, un prince jordanien frère du roi du coin, le port du voile pour les footballeuses. Et tout ça, non pas parce que c’est un signe religieux, ce qui contrevenait aux règles de la Fédé, mais parce que c’est une coutume culturelle. Et personne n’a rien trouvé à y redire. C’est fort ! Faut dire aussi, que le Qatar va organiser la Coupe du Monde dans quelques années (en 2022 pour être exact). Même si c’est celle des hommes, mieux vaut pas trop contrarier ces gens qui ont tant de pognon et qui peuvent s’offrir tant de clubs de foot de par le monde et en particulier chez nous.

    Le Comité International Olympique n’est d’ailleurs pas en reste. Ces gros couillons avaient exclu l’Afrique du Sud du temps de l’apartheid jusqu’à ce que Mandela n’y prenne le pouvoir mais ça ne leur était pas venu à l’esprit de s’en prendre à tous ces pays qui n’envoyaient aucune femme dans leur délégation. Ce qui est contraire à la charte olympique qui interdit toute discrimination. Finalement, ils ont fini par s’intéresser à la question après s’être fait un peu secouer les plumes mais ils ont aussi fini par céder aux exigences des Iraniens, notamment, qui avaient monté des jeux islamiques où les femmes pouvaient participer librement mais à condition d’être voilées. Du coup, la chose a été étendue aux JO, en contravention formelle avec la charte qui interdit toute expression politique ou religieuse. On se souvient que, en 1968 à Mexico, deux athlètes américains avaient été exclus pour avoir brandi leurs poings pour défendre les droits civiques des Noirs.

    Ici et là, des voix se sont élevées contre ces capitulations assez peu glorieuses qui galvaudent l’esprit du sport et bafouent la liberté des individus. Il est vrai que ces instances ne brillent qu’assez rarement par leur défense des valeurs universelles ramenées de plus en plus souvent à de simples valeurs occidentales au nom de la relativité interculturelle. Pourtant la liberté de conscience, ça ne se discute pas, me semble-t-il même pour une Iranienne. Et personne ne nous fera croire que 100 % du peuple iranien est musulman ou que 100 % des musulmans iraniens sont pratiquants. La seule chose dont on peut être sûr, c’est qu’on ne verra pas une seule femme non voilée dans la délégation iranienne. Ce n’est certainement pas promouvoir le sport pour tous que d’accepter ces dérives prosélytes et intolérantes.

    Bien sûr, on peut toujours prendre les choses à la rigolade en moquant ces filles couvertes de la tête au pied se défonçant sur les stades et sur les terrains par des températures caniculaires. Ou s’extasier devant leur prouesse. C’est sûr qu’entre les culs des Brésiliennes au volley de plage et les tuniques des Iraniennes et autres Jordaniennes au 400 m ou au foot, y a pas photo. Mais le sport, ce n’est pas que ça, quand même. On rigolera sans doute moins si, un jour, un de ces pays organise ces si sublimes manifestations pompes-à-fric et propagandistes et imposent à nos athlètes de respecter leurs coutumes au nom de la relativité des cultures et de l’égalité entre les concurrentes. Et, en attendant, celles qui n’acceptent pas ce diktat religieux sont obligées soit de renoncer, soit de s’exiler pour pratiquer leur sport !

    Pour en savoir plus, le mieux est de lire le livre d’Annie Sugier, présidente du comité Atlanta luttant contre la discrimination des femmes dans le sport, et qui publie aux Éditions Jourdan, « Femmes voilées aux Jeux olympiques. »

    Édifiant !

  • [Blogue] Avignon, scènes sublimes

    Le bonheur théâtre

    On a beau habiter à proximité du Saint des Saints, ce n’est pas pour autant qu’on est des festivaliers aguerris. Au contraire, je dirais que pendant très longtemps, chez nous, la grande préoccupation du mois de juillet a été de n’avoir pas à aller jusqu’en Avignon pour quelque raison que ce soit. Surtout éviter d’y mettre les pieds et de se retrouver noyés dans la fournaise et la foule compacte et hétéroclite des touristes et des amateurs de théâtre. Souvent les mêmes d’ailleurs.

    Il n’y a guère qu’à l’adolescence que, avec quelques congénères, nous nous empressions de nous y rendre, moins pour nous enfermer dans quelque salle devant une improbable scène que pour nous offrir le spectacle gratuit et en plein air de toutes ces belles filles, léger et court vêtues, offrant aux esthètes que nous étions alors (et que nous sommes demeurés, encore très souvent, heureusement !), la vision enchanteresse de leurs courbes sublimes et de leurs sourires étourdissants. J’avoue que, aujourd’hui encore, l’un des attraits du festival d’Avignon est la beauté joyeusement exposée de cette jeunesse superbe et pleine de vie. Que celui qui prétend n’avoir pas succombé aux charmes d’une mignonnette lui tendant le tract d’un spectacle en devenir, avec grâce et sourire, soit sur le champ brûlé vif pour mensonge éhonté ! Bien sûr, je précise, pour éviter d’être taxé d’intolérance par certains amis aux orientations sexuelles différentes des miennes, qu’ils peuvent à loisir changer le genre de la cible. Les faits sont là : Avignon durant l’été et surtout le mois de juillet est le temple de la jeunesse et de la beauté !

    Et le théâtre dans tout ça ? Je ne saurais pas trop expliquer pourquoi mais j’ai longtemps trouvé ce genre de spectacle inaccessible, voire hermétique. Je veux parler du spectacle vivant, celui qu’on regarde depuis une salle et non pas celui qu’on nous distille à la télévision. Pourtant, j’avoue aussi avoir été séduit et captivé par des émissions comme le Théâtre de la jeunesse de Claude Santelli qui, sans être véritablement du théâtre, étaient des téléfilms aux décors souvent rudimentaires qui s’en rapprochaient beaucoup. Et aux textes magnifiques.

    Il a fallu que j’aille vivre en plein cœur d’Avignon, à une certaine époque, pour commencer timidement à m’intéresser vraiment au vrai théâtre, un peu puis un peu plus, plus tard, quand j’ai participé à la vie d’une MJC. De fait, le théâtre est un univers insolite capable de vous emporter dans un tourbillon de mots et d’images par la simple force des textes et du jeu des comédiens. Lorsque l’alchimie fonctionne, on vibre tout entier, on ressent avec les tripes les émotions transmises par ces gens qui ne sont plus eux mais des personnages réels, vivants, ne s’adressant qu’à soi. On est parmi eux, on vit leur vie et on baigne dans leurs mots. Le spectacle, alors, nous appartient à nous seuls. Il est nôtre. Que le comédien soit seul en scène ou parmi une troupe plus ou moins nombreuse, la magie opère toujours de la même façon même si chaque fois elle est différente. Bien sûr, il arrive qu’elle n’opère pas, qu’il manque à la pièce ce souffle qui déclenche le rêve et qui n’est pas forcément le même pour chacun. Tant pis ! Il restera quand même une certaine reconnaissance envers ces comédiens qui ont essayé de nous transmettre quelque chose. Rien n’est jamais perdu dans le théâtre. Il y a toujours au moins la foi des comédiens dans l’œuvre qu’ils défendent. Peut-être ont-ils été mauvais ce soir ou moins bons que d’ordinaire. Sûrement le seront-ils à nouveau un autre soir pour d’autres spectateurs plus chanceux. Je n’ai jamais détesté une pièce. Au pire, elle m’a laissé indifférent.

    Avignon, c’est une orgie de théâtre. Il paraît que, cette année, il y avait près de 1200 spectacles présentés, partout en ville et autour d’Avignon, dans les lieux parfois les plus improbables. Comment faire un tri parmi tous ces prétendants ? C’est impossible. Même la lecture des quotidiens locaux ne donne qu’une vision partielle de ces spectacles parmi lesquels on peut trouver d’authentiques pépites sur lesquelles, tous, nous rêvons de tomber. En fait, il existe une multitude de spectacles réjouissants qui, chacun à sa façon, nous offre un de ces instants de bonheur dont nous savons nous contenter, juste pour l’amour de ces scènes généreuses et des textes qu’on nous y offre et pour ces sièges très souvent affreusement inconfortables qui sont la preuve de notre abnégation inconditionnelle.

    Et je ne parle là que du festival Off. Car il paraît qu’il y a un festival In, très officiel, qui jouit du privilège de la fameuse cour d’honneur du Palais des Papes et qui, il faut bien le dire, laisse le plus souvent de marbre... Comme si cet honneur d’être reconnu dans ce lieu unique, hanté par le fantôme de Jean Vilar, rendait la tâche presque impossible à ceux qui prétendent assumer cet héritage. Comme si, cette quasi-obligation de présenter des pièces pourtant archi-jouées depuis des lustres mais dans des mises en scènes estampillées modernes, différentes, innovantes et tutti quanti instaurait un horizon le plus souvent inatteignable, dans un rituel convenu.

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    Affiche M. Guérin

    Le vrai théâtre populaire si cher à Vilar semble donc bien être ce Off bouillonnant comme un chaudron plein d’idées, de vie et de joie de vivre. Tout n’est sûrement pas intéressant, tout ne vaut pas le prix qu’on nous en demande, je présume, mais Avignon mérite bien sa réputation de ville de théâtre tant elle devient un véritable bouillon de culture... populaire.

    Il faut reconnaître, tout de même, que pour qui veut faire une cure bénéfique de théâtre, il vaut mieux prévoir un petit budget pas forcément négligeable. Et aussi s’organiser et prévoir.

    Le prix des places oscille en général entre 15 et 20 € (tarif normal). Des fois plus, des fois moins. Il existe des possibilités de réductions, notamment avec la carte du Off. Le problème est aussi que, au fur et à mesure que le festival avance (entre le 7 et le 28 juillet, cette année) et, avec lui, le bouche à oreille, il devient difficile d’accéder à certains spectacles sans réserver parfois longtemps à l’avance. Cela devient même une gageure quand on n’a que le samedi et le dimanche pour étancher sa soif de découverte même en y allant à l’aveuglette !

    Nous aurons tout de même réussi à voir quelques spectacles de qualité, cette année. Au théâtre du Chêne Noir : « Bibi ou les mémoires d’un singe savant » de Henri-Frédéric Blanc avec Damien Rémy ou « le Pays des Galéjeurs », par la Compagnie des Carboni, opérette d’après Scotto, Carb, Alibert et Sarvil. A l’Attila Théâtre : M. Guérin de et par Fabien Waltefaugle, histoire d’un mec gentiment névrosé façon Elie Sémoun et limite psychopathe façon Albert Dupontel. Avec beaucoup de plaisir à la clé.

    Et beaucoup de regrets de n’avoir pu aller voir « Invisibles » de Nasser Djemaï au Chêne Noir ou « Ma Marseillaise » de Darina Al Joundi au Théâtre des Halles, pour ne citer que ceux-là. Du moins, nous restera-t-il, à nous autres qui vivons près de la cité bénie, le plaisir d’aller à la rencontre des théâtres permanents qui, tout au long de l’année, nous offrent de riches spectacles dont j’essaie parfois de vous parler. Car, par bonheur, Avignon ne vit pas seulement dans la chaleur étouffante de juillet et sait réserver de belles découvertes à qui se donne la peine de s’y intéresser.

  • 28 juillet 2012

  • [Blogue] La France qu’on aime

    « Ce qu’a dit M. Hollande (...) hier, personnellement, me scandalise, pour une raison très simple : ma France, elle n’était pas à Vichy, elle était à Londres depuis le 18 juin. Il n’a pas parlé au nom de la France que j’aime. Ce qui a été commis au moment de la rafle du Vel’ d’Hiv est une abomination, c’est une horreur, et ceux qui l’ont fait doivent être condamnés durement au tribunal de l’Histoire. Mais la France, qu’est-ce qu’elle a à voir avec cela ? Peut-être que M. Hollande se sent proche de la France des notables apeurés qui se sont précipités à Vichy après l’armistice. Ce n’est pas ma France », s’est offusqué le député UMP des Yvelines sur RMC et BFM-TV.

    « Vél d’hiv : pour Henri Guaino, la France n’a rien à voir avec les déportations » sur l’Humanité.fr du 23/07/2012

    Bien sûr, on pourrait dire que les atermoiements de ce pauvre Guaino, la plupart d’entre nous s’en battent l’œil avec une certaine indolence mâtinée d’une pointe de compassion tellement ce type est ridicule et minable. Voilà donc, en effet, la fameuse plume du Sarko qui vient nous la jouer « plus gaulliste que moi, tu meurs ! » après tant de temps passé à cirer les pompes du meilleur héritier de Pétain. Ce mec-là se voudrait une caution morale alors qu’il a été l’un des artisans d’une politique méprisable parce que méprisant les « autres » et les stigmatisant, tels les Africains, si peu entrés dans l’Histoire (mais qui s’emploient surtout à faire sortir la France de la leur) ou les gens du voyage et les Roms, fauteurs de délinquance patentés. Et j’en passe.

    Chaussé de ses plus gros sabots, l’homme à l’indignation élastique pousse même la perfidie jusqu’à associer Hollande à Vichy, donc à Pétain, donc à la collaboration alors que tout son discours, au contraire, condamne sans appel ce régime. Dommage pour ce cher Henri que l’image d’Epinal de sa « France que j’aime » et dont il se pose en dépositaire exclusif, le petit prétentieux, ne soit si brouillée par les graffitis haineux du Sarkozysme ! On aurait presque pu y croire. Mais il est vrai que, dans l’esprit étroit, étriqué et monomaniaque des gens de droite, la gauche n’est jamais légitime, qu’elle gagne et gouverne ou qu’elle perde et s’oppose. Heureusement pour Hollande, Chirac avait déjà commencé à tracer la voie...

    Bien sûr, nous aussi, on préfère la France de Londres à celle de Vichy. Près de 70 ans après la fin de la guerre, on a tout de même eu le temps de comprendre, comme Riton, où étaient les bons et les méchants. Surtout ceux qui n’y ont joué aucun rôle, comme les gens de ma génération et des suivantes, parce que nés après. C’est donc aussi le cas de Guaino, né en 1957 en Arles !

    Nous, ce qu’on connaît de cette fichue guerre, c’est ce que nous en ont dit nos parents et nos instituteurs. Souvent pas grand chose, d’ailleurs. Mais aussi ce que nous en avons lu dans les bouquins ou vu dans les documentaires et les films, à la télé ou au cinéma. Parfois aussi au théâtre. C’est dire que, pour nous, le choix était assez restreint : prendre le parti de Pétain était inconcevable sauf à revendiquer une démarche idéologique d’extrême-droite. Bien sûr, ça existe, et plus le temps passe, plus il semble que ces raisonnements simples et simplistes séduisent plus de monde, jusqu’à un récent président sortant. La force de l’oubli, sans doute.

    La France qu’on aime, donc, elle était aussi dans le Vercors et aux Glières, même un peu partout dans le pays, souvent misérable tant les moyens pouvaient lui manquer, si peu nombreuse le plus souvent, en butte à la délation de « la France que personne n’aime plus aujourd’hui » et dont personne n’a jamais été, semble-t-il. La France qu’on aime, c’était une armée de l’ombre de bric et de broc composée souvent d’inconscients, d’idéalistes, de gens de rien juste indignés par l’abandon, de gaullistes et de communistes et même d’étrangers et de métèques venus chez nous continuer le combat... Un peu les mêmes que ceux que Sarko, le mentor de ce cher Henri, aimait tant fustiger, il y a peu !

    Mais qu’on les aime ou pas, les France de Londres et de Vichy sont toujours La France, que je sache. Pétain n’a pas pris le pouvoir en renversant le gouvernement d’un pays démocratique : on le lui a donné, même si ce fait n’est pas exempt de magouilles et de combines.

    Guaino se donne des grands airs outragés lorsqu’il dit, parlant de ceux qui ont commis la rafle du Vel’ d’Hiv’, qu’il doivent être condamnés durement au tribunal de l’Histoire. On n’a, en effet, plus guère que ce tribunal-là pour les juger et les condamner puisque « la France qu’on aime », à quelques exceptions près, s’est bien gardée de le faire. Et on le comprend quand on se souvient du bel élan de patriotisme qui a saisi tant de nos concitoyens libérant leur furieuse envie de résister à l’oppression contenue avec tant de difficulté durant 5 ans. Ah, les beaux jugements sommaires ! Ah, la saine excitation procurée par la vue de ces femmes rasées et clouées au pilori pour avoir couché avec cet ennemi tant honni ! Ah, les beaux règlements de comptes au nom d’une morale frissonnant toujours dans le sens du vent dominant ! Était-ce pour conjurer le souvenir si récent des années noires durant lesquelles ce pays a aussi été un champion de la délation ?

    On nous a dit et répété que le souci du gouvernement provisoire a été d’éviter un bain de sang à la Libération. Sûr que les ambiguïtés de l’Occupation ne promettaient pas seulement des Jours Heureux ! Mais ce souci, au demeurant salutaire, n’a finalement jamais permis de solder les comptes. Au contraire, il a aussi donné à des ordures comme Papon la possibilité d’officier pareillement pour la République qu’ils avaient su le faire pour l’État français de Vichy, grâce à de Gaulle, et à d’autres, comme Bousquet, par ailleurs organisateur de cette rafle, de bénéficier de quelques protections comme celle de François Mitterrand. Cela sans être inquiétés ni rendre de comptes pour leurs actes. Dur, le tribunal de l’Histoire !

    Mais ce jugement de l’Histoire, aussi dur soit-il, ne nécessitait-il pas qu’un débat soit conduit dans le pays, et qu’il se trouve des intellectuels pour l’animer, analyser cette période et crever l’abcès une bonne fois pour toute ? Au lieu de cela, la thèse gaullienne de la France Résistante, celle qu’on aime avec Guaino, a voulu baigner l’histoire de notre pays d’une lumière glorieuse dont chacun ressent confusément qu’elle est aussi un peu artificielle. Pareil que pour la guerre d’Algérie, finalement.

    Ce qui fait froid dans le dos, avec la rafle du Vélodrome d’Hiver, ce qui est terrible et ce qu’a fort bien mis en exergue François Hollande, c’est qu’elle a été entièrement ordonnancée par des Français. Ce qui est terrifiant, c’est que ce sont notre police et notre gendarmerie qui ont exécuté les ordres donnés par des responsables français avec pour seule contrainte le devoir d’obéissance des fonctionnaires à l’État.

    N’en déplaise à monsieur Guaino, ces gens-là étaient bien des Français et donc c’était bien la France. Pas celle qu’on aime, j’en conviens mais la France, quand même. Quels qu’aient pu être leurs sentiments personnels, chacun d’eux porte une part de la responsabilité d’un crime immense et impardonnable. On aurait bien sûr préféré qu’ils agissent différemment, qu’ils se révoltent et qu’ils obligent le pouvoir à faire appel aux Allemands pour mater la rébellion et à endosser la vilénie. Qu’ils écrivent une nouvelle page pour illustrer l’esprit frondeur de cette France qu’on aime, prompte à se sacrifier pour la liberté, la justice et la gloire. Parce qu’on sait que c’est possible. On sait, par exemple, que malgré l’incompétence notoire de ses chefs d’alors (on parle de Gamelin et consorts), l’armée française (notamment, l’armée de l’air), dans la défaite de 1940, avait su écrire, malgré son sous-équipement, de belles pages d’héroïsme, hélas méconnues. En tout cas, à l’opposé de cette armée de branquignoles, de bras cassés et de tire-au-flanc, popularisée par un certain cinéma (la 7ème compagnie, par exemple). Mais là, non. Rien. Pas de révolte. Juste l’obéissance. Jusqu’au bout.

    A l’autre bout de cette chaîne de l’abjection et du malheur, il se trouve des hommes comme Primo Levi (dans « Si c’est un homme ») qui analyse avec une tragique gravité cette évidence si horriblement humaine : là où les hommes sont soumis à la pire des oppressions et où l’on penserait qu’ils feraient preuve de solidarité et de compassion mutuelle, il suffit à l’oppresseur de déléguer la plus infime partie de son pouvoir de vie et de mort sur les opprimés pour que, toujours, parmi ceux-ci se lèvent des individus qui, à leur tour, deviendront oppresseurs de leurs compagnons de misère et, parfois, leur pire cauchemar. Cet homme, qui était revenu avec si peu d’autres comme lui de ces camps où ils avaient survécu à tant de souffrances indicibles et que nous sommes incapables d’imaginer malgré ce qu’ils en ont raconté, nous disait que, finalement, il n’y a rien de plus banal que la lâcheté... ordinaire !

    Alors, c’est sûr que si on ramène cela à l’échelle de pays comme le nôtre, tant de lâcheté fait crasse et mieux vaut vénérer la France qu’on aime. Car ce qui fait peur, aussi, c’est de se dire, chose absurde, j’en conviens, que si pareille mésaventure se reproduisait, il se trouverait des gens pour aider nos bourreaux, avec ou sans uniforme de policiers ou de gendarmes et que nous leur serrons sans doute la main tous les jours.

    Le seul point sur lequel de Gaulle avait peut-être raison, c’est que la République n’a pas commis ces crimes. A mon sens, elle en porte néanmoins une lourde part de responsabilité car elle s’est avérée incapable de protéger ses citoyens en donnant le pouvoir à l’extrême-droite. Mais pour le reste, la France a bel et bien commis un crime les 16 et 17 juillet 1942 et bien d’autres durant cette sombre période. Il ne s’agit pas de refaire l’histoire et de donner des leçons. Qui serions-nous, nous qui n’avons pas vécu cette époque, pour dire ce qu’il était bien de faire ? Que savons-nous de ce qu’aurait été notre propre comportement dans un contexte que nous ne connaissons pas vraiment ? Mais du moins, nous comme nos aïeux connaissons les valeurs qui fondent notre pays. Ce n’est pas mentir que de dire qu’elles ont été trahies et que, pour des raisons qu’on aimerait sincèrement comprendre, trop de nos concitoyens ont aussi trahi la France qu’on aime. Et que c’est de ne pas savoir l’expliquer qui rend la chose si douloureuse.

    Alors, de grâce monsieur Guaino, taisez-vous et honorons la mémoire des victimes de cette France abjecte qui nous marque tous d’une tache indélébile. Merci à Jacques Chirac et à François Hollande d’avoir mis un terme à cette hypocrisie gaullienne à laquelle vous vous raccrochez lamentablement !

  • 7 juillet 2012

  • [Blogue] Gépéesse versus papier : la route dans tous ses états

    Je relisais ce billet de mon petit (quoique) camarade Fred narrant, avec le talent qu’on lui connaît, son dilemme pour choisir entre la carte papier et le GPS. On y trouve aussi une fort belle contribution de ce cher Komar, poétique et sensuelle à souhait dans son évocation des multiples et insoupçonnés plaisirs procurés par une carte routière savamment manipulée. On pourrait penser, à la lecture de ce texte et des commentaires qui l’accompagnent, à une réédition des fameuses batailles entre les anciens et les modernes qui m’ont tant ravi au temps désormais lointain où de méritants professeurs tentaient d’ouvrir mon esprit aux beautés de la littérature. Peut-être. Il est sans doute normal de se poser la question de mesurer les avantages comparés de l’une ou l’autre méthode.

    Je mentirais effrontément si je prétendais ne pas aimer les cartes. J’en conserve beaucoup, parfois d’assez vieilles, dans un meuble réservé à cet usage dans mon petit bureau. Comme il m’est souvent reproché de trop garder, il m’est arrivé d’en jeter qui étaient usées jusqu’à la quasi-décomposition. Mais finalement, on ne se refait pas, j’aime bien ouvrir une vieille carte et regarder comment le pays qu’elle renferme a évolué.

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  • [Blogue] Un petit coup pour la route

    Alors, voilà. Il paraît que depuis le 1er juillet dernier on doit avoir par devers soi un éthylotest dès lors qu’on est au volant d’une caisse ou au guidon d’une bécane de plus de 50 cm3. C’est dingue tout ce qu’on fait pour la sécurité routière dans ce pays, quand on y pense. J’en suis tout ébaudi, parole !

    Mes pensées émues et admiratives vont vers les auteurs de cette initiative si géniale, n’ayons pas peur des mots. Fallait oser, non ? Allez, ne dites pas le contraire. Vous n’y auriez pas pensé. Sauf, évidemment, si vous êtes VRP en éthylotests ou si vous pédégez une entreprise qui en fabrique. Mais à part ces cas extrêmes, que dalle ! Personne d’un peu sensé n’y aurait pensé. Et c’est là qu’on voit affleurer tout le génie de nos technocrates. C’est payé combien avec nos impôts un (haut) fonctionnaire de la DSCR ? Un max, non ? Sûrement. Il doit y en avoir eu une belle palanquée qui de réunions de service en réunions de secouement de neurones, avec l’aide des pédégés cités précédemment, en est arrivé à cette évidence : "pour lutter contre l’alcoolisme - surtout au volant - chaque citoyen de ce pays devrait posséder un éthylotest. Allez, zou ! Ça s’arrose, tiens !" C’est dire si un truc de rien du tout qui est censé être vendu entre 1 et 2 €, nous a déjà coûté bonbon, rien que là !

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  • 15 juin 2012

  • Législatives 2012

    [Blogue] Fronts et affronts

    On a peut-être le « front républicain » à SOS-Racisme mais il semble être un peu bas et il n’est pas certain qu’il y ait un cerveau capable d’un brin de réflexion derrière car, à vouloir appliquer partout la même règle sans se préoccuper des réalités locales, on en finirait presque par oublier que le racisme et l’intolérance ont effectivement été promus au rang de politique gouvernementale pendant ces cinq dernières années. Et qui c’est qui gouvernait, hein ? Ce serait pas des fois l’UMP avec ses glorieux alliés comme l’impayable « Nouveau » Centre ?

    Dans un récent communiqué intitulé Élections législatives : les candidats de la honte, l’association déclare :

    La candidate PS Catherine Arkilovitch qui, en refusant le désistement républicain en faveur du candidat de l’UMP, est responsable de la triangulaire qui se déroulera dans la 3ème circonscription du Vaucluse. Cette situation, qui risque de voir Marion Maréchal Le Pen entrer à l’Assemblée nationale, est d’autant plus inacceptable dans une circonscription où la victoire du FN a été érigée en symbole par Jean-Marie Le Pen.

    et finit sa diatribe par cet appel d’une rare bêtise :

    SOS Racisme appelle l’ensemble des électeurs de ces circonscriptions à voter en faveur du candidat républicain le mieux placé à l’issue du premier tour.

    Et là, on s’interroge : il est où le candidat républicain dans la 3° du Vaucluse ? Vite, un nom.

    Sûr, c’est pas la tite fifille Le Pen, on est bien d’accord. Mais on ne voudrait pas nous faire croire que c’est Jean-Michel Ferrand, quand même ? Le candidat UMP de la fameuse droite populaire ? Le même machin qui, dans les Bouches-du-Rhône, se désiste en faveur du FN pour faire battre le socialiste Vauzelle ou, comme la pitoyable Morano qui se trouve des valeurs communes avec le FN et appelle ses électeurs à voter pour elle. Voilà qui est clair !

    En fait, ici, il n’y a qu’une candidate républicaine. Elle est socialiste et s’appelle Catherine Arkilovitch. Elle défend crânement sa chance face aux deux résidus pétainistes qui se la jouent plus peuple l’un que l’autre pour faire croire qu’ils en sont. Et, bien sûr, elle a été lâchée par son parti et son suppléant (un certain Roland Davau — un nom à retenir pour éviter des votes inutiles à l’avenir) et par le reste de la gauche, y compris Roger Martin, le candidat du Front de Gauche.

    Ce dernier prétendait il y a peu fonder la légitimité de sa candidature (de gauche) sur ses longues années de combat contre le FN et ses thèses. Personne ne songe d’ailleurs à contester cet engagement. Sauf que M. Martin comme, hélas, beaucoup trop de ténors de la gauche, semble avoir de gros problèmes de vue. Comment des militants communistes osent-ils nous demander de voter pour un facho plutôt que pour l’autre ? Comment M. Martin ose-t-il nous appeler à voter Ferrand alors que la candidate socialiste se maintient et mène la bataille ?

    Elle n’a aucune chance de gagner ? Qui le dit ? Les urnes n’ont pas encore parlé. Et puis, je croyais que la dignité, en démocratie, c’était de mener son combat jusqu’au bout en restant fidèle à ses idéaux. C’est cela l’idéal de M. Martin ? Tromper ses électeurs en les faisant voter pour la pire des droites ? Ou bien se venge-t-il mesquinement de Madame Arkilovitch qui a osé contester la légitimité de sa candidature et l’a battu ? Si c’est ça, le geste mérite d’être salué tant il est beau ! J’ai soudain mal à mon bulletin de vote du 1er tour...

    Appeler à voter Ferrand, c’est baisser les bras. C’est envoyer une bouée de sauvetage au vieux crocodile en perdition. Marion Le Pen risque d’entrer à l’Assemblée ? Et alors ? Oui elle risque mais elle n’y est pas encore. Et si les électeurs de gauche ne sont pas aussi stupides que les leaders locaux, on se préoccuperait moins de voir la Le Pen s’asseoir dans l"hémicycle que de voir Catherine Arkilovitch gagner. Car tant qu’on n’a pas tout tenté, tout espoir n’est pas perdu.

    Hélas, ce qui risque de se passer maintenant, c’est que cette bataille soit effectivement perdue sans aucun profit pour la République. Et cela nous le devrons à la frilosité d’une partie de la gauche qui confond stratégie de bazar et dignité.

    Cela m’avait un peu irrité quand je l’avais lu mais je finis pas donner raison au maire de Bédarrides, Joël Sérafini : on a bien la gauche la plus bête du monde dans le Vaucluse.

    Alors, on l’aura compris : La méchante diatribe de SOS-Racisme est indigne. Elle est là la honte, sur ceux qui ont écrit ces lignes d’une bêtise affligeante.
    JAMAIS je ne voterai pour l’UMP dans le Vaucluse, même si cela doit permettre au FN d’être élu, car d’ici peu, on aura droit à des alliances entre ces partis. Et qui seront encore les dindons de la farce ? la gauche et le peuple et la République !

    Je voterai donc pour ceux qui se battent encore et ne se résignent pas. Quoi qu’il advienne dimanche, comme Serge Paumier dans Médiapart, je dis : Chapeau, Madame Arkilovitch. Bravo et merci.

  • Vos commentaires

    • ?
      Le 10/07/12

      Quand je pense à la dose de bon sens à laquelle l’auteur de cet article a dû renoncer donner à son argumentation l’impression de tenir debout, ... j’en ai le vertige

    • @Ficanas84
      Le 11/07/12

      Ah, le bon sens ! Comme il est commode de l’invoquer pour ne pas avoir à argumenter, justement. La dernière fois que j’en ai entendu parler, c’était dans la bouche d’un ponte quelconque de l’UMP qui comptait sur le bon sens des électeurs pour que soit réélu son Sarko chéri. Le bon sens populaire, bien sûr, car c’est souvent comme ça qu’il est, le bon sens : po-pu-laire !
      Donc, dans le cas qui nous occupe, le bon sens aurait été de voter pour le choléra pour soi-disant faire obstacle à la peste ?
      Et bien moi, c’est cette hypocrisie-là qui me donne le vertige. Et ce bon sens-là me fait gerber ! Parole !

    9 juin 2012

  • [Blogue] Prometheus

    Film de Ridley Scott (2012)

    Quand on y pense, ça fout les chocottes ! A en croire les auteurs de science-fiction, c’est fou le nombre de machins qui se baladent dans l’univers avec pour unique obsession de pulvériser la Terre. Pourtant, ce n’est qu’une toute petite planète perdue en bordure de galaxie. N’empêche, il y a des trucs qui sont prêts à traverser l’univers entier pour venir s’écraser ici, sur nos pieds. Des comètes, des astéroïdes et des extra-terrestres plus hideux et méchants les uns que les autres. Y a qu’à voir « Men in black ». Et dans « Stargate » (une série américaine à rallonge), ils sont tellement nombreux qu’il a fallu scinder la série en plusieurs parties distinctes pour qu’on s’emmêle pas les pinceaux.

    Ridley Scott, c’est pas n’importe qui. On pense à Blade Runner et à Alien (le 8ème passager), à Thelma & Louise et à 1492 ou, plus récemment, à Gladiator. Si chacun de ses films, à de rares exceptions près, fait aujourd’hui figure de chef-d’œuvre ou presque, c’est bien sûr que les histoires qu’il nous raconte sont extraordinaires mais aussi et surtout que sa façon de nous les raconter nous captive et nous subjugue.

    Question science-fiction, Scott a tout de même réussi à nous caser deux films-cultes, deux légendes incontestables : « Blade Runner » en 1982, qui fut pourtant un échec au cinéma mais a dû son succès à la télévision et surtout « Alien, le huitième passger », en 1979, incontestablement le film d’horreur et de science-fiction le plus abouti qui, dans ce genre, sera repris plusieurs fois sans que jamais, par la suite, la force de l’angoisse qu’il distillait ne soit jamais égalée. Pour qui aime ces histoires improbables (du moins, on le souhaite), Alien est sans nul doute la référence.

    C’est d’ailleurs de cette satanée bestiole que Scott revient nous parler avec « Prometheus. » Les Québécois appellent ce genre de films « antépisode ». Nous autres, qui sommes bien plus intelligents, nous utilisons le mot anglo-saxon « préquelle » (présuite) qui désigne donc une sorte de suite qui se passerait avant le film de référence bien que tournée après. Vous suivez ? Comme les deux trilogies de la « Guerre des Étoiles ».

    Promotheus, c’est donc la genèse de la saga de la bébête que tout le monde croit pouvoir contrôler et qui finit immanquablement par boulotter ceux qu’elle croise sur son chemin. Le genre mante religieuse mais en plus morfale et plus sanguinaire. C’est pas qu’elle soit méchante, c’est juste qu’elle a toujours faim et qu’elle doit se reproduire à tout prix. Avec une obsession latente : aller sur Terre pour ripailler. Jusque-là, il n’y avait que le lieutenant Ellen Ripley (Sigourney Weaver, si vous préférez) qui réussissait à venir à bout de la vilaine bête même si elle remettait ça immanquablement au film suivant.

    Dans Prometheus, la belle Sigourney-Ripley n’est pas encore née ou alors à peine. On a juste des savants qui trouvent la trace d’une possible origine extra-terrestre de l’humanité et qui partent en voyage vers une lointaine planète. Et là, forcément, ce qu’ils trouvent les étonne un peu.

    Quand on a déjà vu la saga des Alien, on sait obligatoirement qu’il y a des choses à ne pas faire, à ne pas toucher. On sait que le mieux est de foutre le camp fissa ou de tout faire péter. Et encore, c’est pas la solution la plus sûre pour avoir la paix. Donc, quand on voit ces braves gens du Prometheus refaire les mêmes bêtises pour la cinquième fois, on a du mal à tenir en place. Le pire, c’est que la civilisation supérieure dont serait issue l’humanité s’est elle-même faite avoir par la bestiole qu’elle a créée pour, semble-t-il, l’envoyer... sur Terre. Sympa les créateurs.

    Mais si l’argument est sensiblement le même, l’ambiance est différente. Moins noire, moins désespérée. encore que la fin nous laisse très dubitatif. Les images sont belles, les effets spéciaux superbes (même en 2D) et les personnages pas si rudimentaires que ça. Notamment l’androïde joué par Michael Fassbender. Noomi Rapace remplace Sigourney dans un rôle un peu moins artilleur mais tout aussi déterminé et plus mystique. On évoque là la place de l’humanité dans l’univers, la relation à Dieu, bref des questions pas simples mais pas assénées avec lourdeur.

    Bref, si cette fois-ci, l’effet de surprise est absent et si la plupart des situations sont prévisibles compte tenu des antécédents, Prometheus ouvre peut-être une nouvelle page de la saga. Ce n’est pas forcément une bonne nouvelle sur le plan de la qualité, d’ailleurs. Malgré tout, c’est un film qui se laisse regarder sans déplaisir, au contraire. Encore une belle histoire illustrée avec talent par Ridley scott.

    Ici la critique de Culturopoing

  • 8 juin 2012

  • Législatives 2012

    [Blogue] Quel enthousiasme !

    On sent bien qu’il en faudrait peu pour que ces élections tournent à l’hystérie collective... Mais non, je plaisante. La mayonnaise a du mal à prendre, hélas ! Comme si, depuis l’instauration du quinquennat, les législatives avaient perdu tout intérêt en ne devant être que la confirmation du résultat de la présidentielle. Et pourtant, c’est pas faute pour certains de se donner beaucoup de mal pour mettre de l’ambiance.

    Tenez, par exemple, Maryse Joissains, vous connaissez ? Non ? Il paraît qu’elle est maire d’Aix-en-Provence. Si, si ! Mais bon, c’est pas leur faute non plus, aux Aixois. Ils ne savaient sûrement pas à qui ils avaient à faire. Alors donc, la Maryse, c’est celle qui a voulu faire son intéressante en attaquant l’élection de Hollande devant le Conseil constitutionnel quatre jours après celle-ci, alors que le délai légal n’est que de 48 heures et que seuls les candidats ont cette possibilité. En fait, c’était juste histoire de faire parler d’elle en essayant d’être encore plus ridicule que ses copains de l’UMP. L’animatrice du club des Sarkozettes du Sud — pendant méridional de l’inénarrable Morano pour la zone nord, c’est dire si la concurrence est terrible ! — en avait gros sur la patate que son Nico se soit fait bananer, alors elle nous a resservi à sa façon le fameux couplet du pov’ Sarko qu’était seul contre tous, victime de tant de calomnies, que même Bernard Thibault de la CGT à « illégalement » appelé à voter contre lui. Rendez-vous compte : si même la CGT dit du mal de Sarko, où va la France, ma pov’ dame, je vous demande un peu ? Pour Maryse pas de doute, l’élection de Hollande fait de la France une république bananière. Elle est mignonne, non, la Maryse ? On pensait que, avec Hortefeux, Dati, Wauquiez, Estrosi, Ciotti, Lefèbvre ou Morano (liste non exhaustive), on avait tout vu et tout entendu question bêtise insondable. C’était compter sans Joissains. Y a encore un cas, là. Décidément, l’UMP a des ressources inépuisables dans ce domaine. Il est temps de passer à autre chose car on sent qu’ils sont arrivés au bout du bout, ces braves gens. D’éructations en mensonges bien lourds, il n’y a plus rien pour lui donner de l’élan à l’UMP. Sauf un bon coup de pied au cul pour l’éjecter.

    Un autre animateur frénétique de la campagne : Morin et son Nouveau Centre. Honnêtement, j’ai beau chercher où se planque sa nouveauté, je trouve que ça sent surtout le moisi. Comme ces vieilles lingeries qui n’ont pas servi depuis longtemps, enfermée dans une armoire et restée telles qu’au premier jour. Rassis genre vieille rengaine. C’est vrai, le centre, question originalité, ça reste un peu étriqué. Ça te vous la joue d’importance en agitant ses petits bras musclés et pchitt ! ça finit toujours par se coucher devant la droite, si possible dure quand ce n’est pas l’extrême-droite comme dans le Vaucluse. Ils ont bonne mine les centristes à toujours vouloir faire croire qu’ils ne sont pas de droite alors qu’ils n’hésitent jamais à s’allier avec les plus pourris. En fait, le centre, c’est plutôt du nombrilisme élevé au rang de principe politique. Et comme chacun sait, au niveau du nombril, souvent, c’est tout mou. Et puis franchement, qui peut bien encore prendre Morin et ses potes au sérieux après sa stupéfiante campagne de la présidentielle ? « Monsieur 0 %» disaient les mauvaises langues. Là aussi, encore pchitt ! Mais bon, je reconnais qu’il fallait oser, pour quelqu’un qui ne représente rien, vouloir aller à la baston même si l’issue était connue d’avance. Comme pour Borloo. Pareil. La touche sociale du sarkozysme qu’il disait ! Tu parles ! Des fois, on se demande où il va chercher tout ça, ce clown.

    Bien sûr, on a aussi le FN qui en fait des tonnes pour épater la galerie. Je reconnais qu’il a de quoi bomber le torse, vu ses scores. Pour un peu, on croirait que le pouvoir lui revient de droit. Suffit d’écouter la Marine jubiler : Sarko voulait lui faire l’intérieur, le voilà hors course. Mais là aussi, sur le fond pas de changement. Toujours la même obsession : l’étranger et tout ce qui peut lui ressembler de près ou de loin. Surtout de loin. D’ailleurs, on ne dit plus « les Français d’abord », au FN, mais « les nôtres d’abord ! » La nuance est de taille surtout quand la Marine affirme que la plupart des gens qui crient « Vive Mélenchon », à Hénin-Beaumont, sont des Maghrébins. A l’UMP, on les appelle « musulmans d’apparence ». Mais c’est la même ignominie qui sous-tend le même discours raciste. Faut s’appeler Guaino pour trouver que le FN est devenu un parti politique comme les autres. Au moins aussi républicain que l’UMP dont certains candidats clament à pleins poumons qu’ils ont les mêmes valeurs que le FN et qu’ils préfèrent celui-ci à la gauche. On notera d’ailleurs à ce propos que la droite ne parle de la République que quand elle est sûre de gagner, comme en 2002. Bien contente alors que des cons de gauche vote pour elle au nom du sacro-saint front républicain. Mais quand ça va mal, alors, le front républicain, elle s’assoit dessus. Faut dire que, entre-temps, il y a eu Sarko dont l’héritage est plus pétainiste que gaulliste. Certes, c’est toujours un uniforme mais pas franchement la même dignité. Finalement, il aura même réussi à rendre Chirac sympa. Mais ça n’empêchera pas le sortant du coin, Jean-Michel Ferrand — dit Gomina — de se faire quelques cheveux blancs car si un duel avec Marion Le Pen-Maréchal semble plus que probable, la toute nouvelle dignité républicaine du FN pourrait bien inspirer à des électeurs de gauche qu’il est préférable d’affaiblir durablement les sarkozystes, le FN ne représentant pas un danger majeur à l’Assemblée. Pure spéculation, dira-t-on. Sans doute. Mais qui sait dire aujourd’hui où est la peste et où est le choléra après cinq ans de Sarkozy ?

    Bien sûr, il est très regrettable, dans ces conditions, que la gauche n’ait pas su s’unir davantage. Ici, plusieurs personnalités sont montées au créneau pour dénoncer le boulevard que cela offrait à l’UMP et au FN. Admettons. Mais quoi ? Une union suppose des constats communs auxquels on souhaite apporter des solutions communes, un projet politique construit ensemble. Or, ce projet n’existe tout simplement pas. Le PS et le Front de Gauche ont peut-être parfois les mêmes constats mais ils y apportent des réponses radicalement différentes. Du reste, le discours du PS ne laisse pas d’inquiéter quand on y regarde de plus près. Il a tout de même permis, par son abstention, l’adoption du projet de loi permettant la ratification du pacte de stabilité renforcée à la fin du quinquennat de Sarko. Une belle façon de ne pas injurier l’avenir. Il a beau jeu aujourd’hui d’exiger un pacte de croissance alors que tout le monde prête à ce mot un sens différent et que ledit pacte risque de se faire attendre.
    Je n’oublie pas non plus que François Hollande a été, comme de nombreux socialistes, un artisan de cette Europe que les Français ont rejeté sans ambiguïté. Je ne m’attends pas à ce qu’il la remette profondément en cause. Ce n’est pas de ce côté qu’il faut rechercher l’audace. Au contraire, je m’interroge sur le sens réel de certaines mesures comme la baisse des émoluments du Président et des ministres. L’exemplarité, nous dit-on. D’accord. Est-ce pour mieux nous faire accepter en juillet prochain la baisse de nos salaires, à nous salariés et fonctionnaires, ainsi que le prône toute l’oligarchie européenne et le pacte de stabilité renforcée au travers des réformes structurelles vantées par l’Allemagne et que les syndicats CFDT, FO et CGC sont déjà tout disposés à gober ?

    Franchement, je ne suis pas très enclin à pleurer une union plus qu’hypothétique. En fait un marché de dupes. Il y a aujourd’hui plus qu’une simple différence d’appréciation entre le PS et le reste de la gauche (excepté EELV qui sait bien où sont ses intérêts). C’est une vraie divergence de conception de la société. Il est d’ailleurs assez piquant de voir que le parti qui se prétend socialiste est celui qui en a quasiment tout oublié.

    Le PS obtiendra peut-être la majorité absolue à l’Assemblée nationale. Je ne suis pas certain que ce soit une bonne nouvelle tant les politiques conduites par les sociaux-démocrates en Europe peinent à se démarquer de celles des droites ultralibérales. J’espère que le Front de Gauche obtiendra pour sa part suffisamment de sièges pour peser sur la prochaine mandature. Parce ce pour moi il n’y a pas photo, la gauche, elle est là :


    J.-L. Mélenchon - Discours de Courrières par lepartidegauche

    Alors, advienne que pourra !

  • [Blogue] Euro 2012 : Que d’espoirs !

    La compétition n’est pas encore commencée que déjà les spéculations vont bon train. Malgré la présence au sein de l’effectif français de plusieurs des mêmes branleurs surpayés qui s’étaient couverts de gloire en Afrique du Sud, il y a deux ans, il semblerait que cette fois-ci les chances de l’équipe de France de faire quelque chose d’honnête soient meilleures. En effet, tout indiquerait que nos héros sont déterminés à descendre de leur bus. C’est déjà un bon début.

    Hélas, alors que tous les pronostiqueurs tant soit peu calés en pronostics pas piqués des hannetons pronostiquaient les meilleures chances de l’équipe de France de battre le Brésil, il semblerait que celui-ci ait déclaré forfait au prétexte futile qu’il ne serait pas un pays européen. Je dis que c’est petit comme excuse. A ce compte-là, que font Israël, l’Arménie et quelques autres pays du Caucase dans l’UEFA ? Franchement, c’est nul !

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