@Ficanas84

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    Je relisais ce billetde mon petit (quoique) camarade Fred narrant, avec le talent qu’on lui connaît, son dilemme pour choisir entre la carte papier et le GPS. On y trouve aussi une fort belle contribution de ce cher Komar, poétique et sensuelle à souhait dans son évocation des multiples et insoupçonnés plaisirs procurés par une carte routière savamment manipulée. On pourrait penser, à la lecture de ce texte et des commentaires qui l’accompagnent, à une réédition des fameuses batailles entre les anciens et les modernes qui m’ont tant ravi au temps désormais lointain où de méritants professeurs tentaient d’ouvrir mon esprit aux beautés de la littérature. Peut-être. Il est sans doute normal de se poser la question de mesurer les avantages comparés de l’une ou l’autre méthode.

    Je mentirais effrontément si je prétendais ne pas aimer les cartes. J’en conserve beaucoup, parfois d’assez vieilles, dans un meuble réservé à cet usage dans mon petit bureau. Comme il m’est souvent reproché de trop garder, il m’est arrivé d’en jeter qui étaient usées jusqu’à la quasi-décomposition. Mais finalement, on ne se refait pas, j’aime bien ouvrir une vieille carte et regarder comment le pays qu’elle renferme a évolué.

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    Un petit coup pour la route

    samedi 7 juillet 2012, par Marc Leblanc

    Alors, voilà. Il paraît que depuis le 1er juillet dernier on doit avoir par devers soi un éthylotest dès lors qu’on est au volant d’une caisse ou au guidon d’une bécane de plus de 50 cm3. C’est dingue tout ce qu’on fait pour la sécurité routière dans ce pays, quand on y pense. J’en suis tout ébaudi, parole !

    Mes pensées émues et admiratives vont vers les auteurs de cette initiative si géniale, n’ayons pas peur des mots. Fallait oser, non ? Allez, ne dites pas le contraire. Vous n’y auriez pas pensé. Sauf, évidemment, si vous êtes VRP en éthylotests ou si vous pédégez une entreprise qui en fabrique. Mais à part ces cas extrêmes, que dalle ! Personne d’un peu sensé n’y aurait pensé. Et c’est là qu’on voit affleurer tout le génie de nos technocrates. C’est payé combien avec nos impôts un (haut) fonctionnaire de la DSCR ? Un max, non ? Sûrement. Il doit y en avoir eu une belle palanquée qui de réunions de service en réunions de secouement de neurones, avec l’aide des pédégés cités précédemment, en est arrivé à cette évidence : "pour lutter contre l’alcoolisme - surtout au volant - chaque citoyen de ce pays devrait posséder un éthylotest. Allez, zou ! Ça s’arrose, tiens !" C’est dire si un truc de rien du tout qui est censé être vendu entre 1 et 2 €, nous a déjà coûté bonbon, rien que là !

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    Législatives 2012

    Fronts et affronts

    vendredi 15 juin 2012, par Marc Leblanc

    On a peut-être le « front républicain » à SOS-Racisme mais il semble être un peu bas et il n’est pas certain qu’il y ait un cerveau capable d’un brin de réflexion derrière car, à vouloir appliquer partout la même règle sans se préoccuper des réalités locales, on en finirait presque par oublier que le racisme et l’intolérance ont effectivement été promus au rang de politique gouvernementale pendant ces cinq dernières années. Et qui c’est qui gouvernait, hein ? Ce serait pas des fois l’UMP avec ses glorieux alliés comme l’impayable « Nouveau » Centre ?

    Dans un récent communiqué intitulé Élections législatives : les candidats de la honte, l’association déclare :

    La candidate PS Catherine Arkilovitch qui, en refusant le désistement républicain en faveur du candidat de l’UMP, est responsable de la triangulaire qui se déroulera dans la 3ème circonscription du Vaucluse. Cette situation, qui risque de voir Marion Maréchal Le Pen entrer à l’Assemblée nationale, est d’autant plus inacceptable dans une circonscription où la victoire du FN a été érigée en symbole par Jean-Marie Le Pen.

    et finit sa diatribe par cet appel d’une rare bêtise :

    SOS Racisme appelle l’ensemble des électeurs de ces circonscriptions à voter en faveur du candidat républicain le mieux placé à l’issue du premier tour.

    Et là, on s’interroge : il est où le candidat républicain dans la 3° du Vaucluse ? Vite, un nom.

    Sûr, c’est pas la tite fifille Le Pen, on est bien d’accord. Mais on ne voudrait pas nous faire croire que c’est Jean-Michel Ferrand, quand même ? Le candidat UMP de la fameuse droite populaire ? Le même machin qui, dans les Bouches-du-Rhône, se désiste en faveur du FN pour faire battre le socialiste Vauzelle ou, comme la pitoyable Morano qui se trouve des valeurs communes avec le FN et appelle ses électeurs à voter pour elle. Voilà qui est clair !

    En fait, ici, il n’y a qu’une candidate républicaine. Elle est socialiste et s’appelle Catherine Arkilovitch. Elle défend crânement sa chance face aux deux résidus pétainistes qui se la jouent plus peuple l’un que l’autre pour faire croire qu’ils en sont. Et, bien sûr, elle a été lâchée par son parti et son suppléant (un certain Roland Davau — un nom à retenir pour éviter des votes inutiles à l’avenir) et par le reste de la gauche, y compris Roger Martin, le candidat du Front de Gauche.

    Ce dernier prétendait il y a peu fonder la légitimité de sa candidature (de gauche) sur ses longues années de combat contre le FN et ses thèses. Personne ne songe d’ailleurs à contester cet engagement. Sauf que M. Martin comme, hélas, beaucoup trop de ténors de la gauche, semble avoir de gros problèmes de vue. Comment des militants communistes osent-ils nous demander de voter pour un facho plutôt que pour l’autre ? Comment M. Martin ose-t-il nous appeler à voter Ferrand alors que la candidate socialiste se maintient et mène la bataille ?

    Elle n’a aucune chance de gagner ? Qui le dit ? Les urnes n’ont pas encore parlé. Et puis, je croyais que la dignité, en démocratie, c’était de mener son combat jusqu’au bout en restant fidèle à ses idéaux. C’est cela l’idéal de M. Martin ? Tromper ses électeurs en les faisant voter pour la pire des droites ? Ou bien se venge-t-il mesquinement de Madame Arkilovitch qui a osé contester la légitimité de sa candidature et l’a battu ? Si c’est ça, le geste mérite d’être salué tant il est beau ! J’ai soudain mal à mon bulletin de vote du 1er tour…

    Appeler à voter Ferrand, c’est baisser les bras. C’est envoyer une bouée de sauvetage au vieux crocodile en perdition. Marion Le Pen risque d’entrer à l’Assemblée ? Et alors ? Oui elle risque mais elle n’y est pas encore. Et si les électeurs de gauche ne sont pas aussi stupides que les leaders locaux, on se préoccuperait moins de voir la Le Pen s’asseoir dans l"hémicycle que de voir Catherine Arkilovitch gagner. Car tant qu’on n’a pas tout tenté, tout espoir n’est pas perdu.

    Hélas, ce qui risque de se passer maintenant, c’est que cette bataille soit effectivement perdue sans aucun profit pour la République. Et cela nous le devrons à la frilosité d’une partie de la gauche qui confond stratégie de bazar et dignité.

    Cela m’avait un peu irrité quand je l’avais lu mais je finis pas donner raison au maire de Bédarrides, Joël Sérafini : on a bien la gauche la plus bête du monde dans le Vaucluse.

    Alors, on l’aura compris : La méchante diatribe de SOS-Racisme est indigne. Elle est là la honte, sur ceux qui ont écrit ces lignes d’une bêtise affligeante. JAMAIS je ne voterai pour l’UMP dans le Vaucluse, même si cela doit permettre au FN d’être élu, car d’ici peu, on aura droit à des alliances entre ces partis. Et qui seront encore les dindons de la farce ? la gauche et le peuple et la République !

    Je voterai donc pour ceux qui se battent encore et ne se résignent pas. Quoi qu’il advienne dimanche, comme Serge Paumier dans Médiapart, je dis : Chapeau, Madame Arkilovitch. Bravo et merci.

    Prometheus

    Film de Ridley Scott (2012)

    samedi 9 juin 2012, par Marc Leblanc

    Quand on y pense, ça fout les chocottes ! A en croire les auteurs de science-fiction, c’est fou le nombre de machins qui se baladent dans l’univers avec pour unique obsession de pulvériser la Terre. Pourtant, ce n’est qu’une toute petite planète perdue en bordure de galaxie. N’empêche, il y a des trucs qui sont prêts à traverser l’univers entier pour venir s’écraser ici, sur nos pieds. Des comètes, des astéroïdes et des extra-terrestres plus hideux et méchants les uns que les autres. Y a qu’à voir « Men in black ». Et dans « Stargate » (une série américaine à rallonge), ils sont tellement nombreux qu’il a fallu scinder la série en plusieurs parties distinctes pour qu’on s’emmêle pas les pinceaux.

    Ridley Scott, c’est pas n’importe qui. On pense à Blade Runner et à Alien (le 8ème passager), à Thelma & Louise et à 1492 ou, plus récemment, à Gladiator. Si chacun de ses films, à de rares exceptions près, fait aujourd’hui figure de chef-d’œuvre ou presque, c’est bien sûr que les histoires qu’il nous raconte sont extraordinaires mais aussi et surtout que sa façon de nous les raconter nous captive et nous subjugue.

    Question science-fiction, Scott a tout de même réussi à nous caser deux films-cultes, deux légendes incontestables : « Blade Runner » en 1982, qui fut pourtant un échec au cinéma mais a dû son succès à la télévision et surtout « Alien, le huitième passger », en 1979, incontestablement le film d’horreur et de science-fiction le plus abouti qui, dans ce genre, sera repris plusieurs fois sans que jamais, par la suite, la force de l’angoisse qu’il distillait ne soit jamais égalée. Pour qui aime ces histoires improbables (du moins, on le souhaite), Alien est sans nul doute la référence.

    C’est d’ailleurs de cette satanée bestiole que Scott revient nous parler avec « Prometheus. » Les Québécois appellent ce genre de films « antépisode ». Nous autres, qui sommes bien plus intelligents, nous utilisons le mot anglo-saxon « préquelle » (présuite) qui désigne donc une sorte de suite qui se passerait avant le film de référence bien que tournée après. Vous suivez ? Comme les deux trilogies de la « Guerre des Étoiles ».

    Promotheus, c’est donc la genèse de la saga de la bébête que tout le monde croit pouvoir contrôler et qui finit immanquablement par boulotter ceux qu’elle croise sur son chemin. Le genre mante religieuse mais en plus morfale et plus sanguinaire. C’est pas qu’elle soit méchante, c’est juste qu’elle a toujours faim et qu’elle doit se reproduire à tout prix. Avec une obsession latente : aller sur Terre pour ripailler. Jusque-là, il n’y avait que le lieutenant Ellen Ripley (Sigourney Weaver, si vous préférez) qui réussissait à venir à bout de la vilaine bête même si elle remettait ça immanquablement au film suivant.

    Dans Prometheus, la belle Sigourney-Ripley n’est pas encore née ou alors à peine. On a juste des savants qui trouvent la trace d’une possible origine extra-terrestre de l’humanité et qui partent en voyage vers une lointaine planète. Et là, forcément, ce qu’ils trouvent les étonne un peu.

    Quand on a déjà vu la saga des Alien, on sait obligatoirement qu’il y a des choses à ne pas faire, à ne pas toucher. On sait que le mieux est de foutre le camp fissa ou de tout faire péter. Et encore, c’est pas la solution la plus sûre pour avoir la paix. Donc, quand on voit ces braves gens du Prometheus refaire les mêmes bêtises pour la cinquième fois, on a du mal à tenir en place. Le pire, c’est que la civilisation supérieure dont serait issue l’humanité s’est elle-même faite avoir par la bestiole qu’elle a créée pour, semble-t-il, l’envoyer… sur Terre. Sympa les créateurs.

    Mais si l’argument est sensiblement le même, l’ambiance est différente. Moins noire, moins désespérée. encore que la fin nous laisse très dubitatif. Les images sont belles, les effets spéciaux superbes (même en 2D) et les personnages pas si rudimentaires que ça. Notamment l’androïde joué par Michael Fassbender. Noomi Rapace remplace Sigourney dans un rôle un peu moins artilleur mais tout aussi déterminé et plus mystique. On évoque là la place de l’humanité dans l’univers, la relation à Dieu, bref des questions pas simples mais pas assénées avec lourdeur.

    Bref, si cette fois-ci, l’effet de surprise est absent et si la plupart des situations sont prévisibles compte tenu des antécédents, Prometheus ouvre peut-être une nouvelle page de la saga. Ce n’est pas forcément une bonne nouvelle sur le plan de la qualité, d’ailleurs. Malgré tout, c’est un film qui se laisse regarder sans déplaisir, au contraire. Encore une belle histoire illustrée avec talent par Ridley scott.

    Ici la critique de Culturopoing

    Législatives 2012

    Quel enthousiasme !

    vendredi 8 juin 2012, par Marc Leblanc

    On sent bien qu’il en faudrait peu pour que ces élections tournent à l’hystérie collective… Mais non, je plaisante. La mayonnaise a du mal à prendre, hélas ! Comme si, depuis l’instauration du quinquennat, les législatives avaient perdu tout intérêt en ne devant être que la confirmation du résultat de la présidentielle. Et pourtant, c’est pas faute pour certains de se donner beaucoup de mal pour mettre de l’ambiance.

    Tenez, par exemple, Maryse Joissains, vous connaissez ? Non ? Il paraît qu’elle est maire d’Aix-en-Provence. Si, si ! Mais bon, c’est pas leur faute non plus, aux Aixois. Ils ne savaient sûrement pas à qui ils avaient à faire. Alors donc, la Maryse, c’est celle qui a voulu faire son intéressante en attaquant l’élection de Hollande devant le Conseil constitutionnel quatre jours après celle-ci, alors que le délai légal n’est que de 48 heures et que seuls les candidats ont cette possibilité. En fait, c’était juste histoire de faire parler d’elle en essayant d’être encore plus ridicule que ses copains de l’UMP. L’animatrice du club des Sarkozettes du Sud — pendant méridional de l’inénarrable Morano pour la zone nord, c’est dire si la concurrence est terrible ! — en avait gros sur la patate que son Nico se soit fait bananer, alors elle nous a resservi à sa façon le fameux couplet du pov’ Sarko qu’était seul contre tous, victime de tant de calomnies, que même Bernard Thibault de la CGT à « illégalement » appelé à voter contre lui. Rendez-vous compte : si même la CGT dit du mal de Sarko, où va la France, ma pov’ dame, je vous demande un peu ? Pour Maryse pas de doute, l’élection de Hollande fait de la France une république bananière. Elle est mignonne, non, la Maryse ? On pensait que, avec Hortefeux, Dati, Wauquiez, Estrosi, Ciotti, Lefèbvre ou Morano (liste non exhaustive), on avait tout vu et tout entendu question bêtise insondable. C’était compter sans Joissains. Y a encore un cas, là. Décidément, l’UMP a des ressources inépuisables dans ce domaine. Il est temps de passer à autre chose car on sent qu’ils sont arrivés au bout du bout, ces braves gens. D’éructations en mensonges bien lourds, il n’y a plus rien pour lui donner de l’élan à l’UMP. Sauf un bon coup de pied au cul pour l’éjecter.

    Un autre animateur frénétique de la campagne : Morin et son Nouveau Centre. Honnêtement, j’ai beau chercher où se planque sa nouveauté, je trouve que ça sent surtout le moisi. Comme ces vieilles lingeries qui n’ont pas servi depuis longtemps, enfermée dans une armoire et restée telles qu’au premier jour. Rassis genre vieille rengaine. C’est vrai, le centre, question originalité, ça reste un peu étriqué. Ça te vous la joue d’importance en agitant ses petits bras musclés et pchitt ! ça finit toujours par se coucher devant la droite, si possible dure quand ce n’est pas l’extrême-droite comme dans le Vaucluse. Ils ont bonne mine les centristes à toujours vouloir faire croire qu’ils ne sont pas de droite alors qu’ils n’hésitent jamais à s’allier avec les plus pourris. En fait, le centre, c’est plutôt du nombrilisme élevé au rang de principe politique. Et comme chacun sait, au niveau du nombril, souvent, c’est tout mou. Et puis franchement, qui peut bien encore prendre Morin et ses potes au sérieux après sa stupéfiante campagne de la présidentielle ? « Monsieur 0 %» disaient les mauvaises langues. Là aussi, encore pchitt ! Mais bon, je reconnais qu’il fallait oser, pour quelqu’un qui ne représente rien, vouloir aller à la baston même si l’issue était connue d’avance. Comme pour Borloo. Pareil. La touche sociale du sarkozysme qu’il disait ! Tu parles ! Des fois, on se demande où il va chercher tout ça, ce clown.

    Bien sûr, on a aussi le FN qui en fait des tonnes pour épater la galerie. Je reconnais qu’il a de quoi bomber le torse, vu ses scores. Pour un peu, on croirait que le pouvoir lui revient de droit. Suffit d’écouter la Marine jubiler : Sarko voulait lui faire l’intérieur, le voilà hors course. Mais là aussi, sur le fond pas de changement. Toujours la même obsession : l’étranger et tout ce qui peut lui ressembler de près ou de loin. Surtout de loin. D’ailleurs, on ne dit plus « les Français d’abord », au FN, mais « les nôtres d’abord ! » La nuance est de taille surtout quand la Marine affirme que la plupart des gens qui crient « Vive Mélenchon », à Hénin-Beaumont, sont des Maghrébins. A l’UMP, on les appelle « musulmans d’apparence ». Mais c’est la même ignominie qui sous-tend le même discours raciste. Faut s’appeler Guaino pour trouver que le FN est devenu un parti politique comme les autres. Au moins aussi républicain que l’UMP dont certains candidats clament à pleins poumons qu’ils ont les mêmes valeurs que le FN et qu’ils préfèrent celui-ci à la gauche. On notera d’ailleurs à ce propos que la droite ne parle de la République que quand elle est sûre de gagner, comme en 2002. Bien contente alors que des cons de gauche vote pour elle au nom du sacro-saint front républicain. Mais quand ça va mal, alors, le front républicain, elle s’assoit dessus. Faut dire que, entre-temps, il y a eu Sarko dont l’héritage est plus pétainiste que gaulliste. Certes, c’est toujours un uniforme mais pas franchement la même dignité. Finalement, il aura même réussi à rendre Chirac sympa. Mais ça n’empêchera pas le sortant du coin, Jean-Michel Ferrand — dit Gomina — de se faire quelques cheveux blancs car si un duel avec Marion Le Pen-Maréchal semble plus que probable, la toute nouvelle dignité républicaine du FN pourrait bien inspirer à des électeurs de gauche qu’il est préférable d’affaiblir durablement les sarkozystes, le FN ne représentant pas un danger majeur à l’Assemblée. Pure spéculation, dira-t-on. Sans doute. Mais qui sait dire aujourd’hui où est la peste et où est le choléra après cinq ans de Sarkozy ?

    Bien sûr, il est très regrettable, dans ces conditions, que la gauche n’ait pas su s’unir davantage. Ici, plusieurs personnalités sont montées au créneau pour dénoncer le boulevard que cela offrait à l’UMP et au FN. Admettons. Mais quoi ? Une union suppose des constats communs auxquels on souhaite apporter des solutions communes, un projet politique construit ensemble. Or, ce projet n’existe tout simplement pas. Le PS et le Front de Gauche ont peut-être parfois les mêmes constats mais ils y apportent des réponses radicalement différentes. Du reste, le discours du PS ne laisse pas d’inquiéter quand on y regarde de plus près. Il a tout de même permis, par son abstention, l’adoption du projet de loi permettant la ratification du pacte de stabilité renforcée à la fin du quinquennat de Sarko. Une belle façon de ne pas injurier l’avenir. Il a beau jeu aujourd’hui d’exiger un pacte de croissance alors que tout le monde prête à ce mot un sens différent et que ledit pacte risque de se faire attendre.
    Je n’oublie pas non plus que François Hollande a été, comme de nombreux socialistes, un artisan de cette Europe que les Français ont rejeté sans ambiguïté. Je ne m’attends pas à ce qu’il la remette profondément en cause. Ce n’est pas de ce côté qu’il faut rechercher l’audace. Au contraire, je m’interroge sur le sens réel de certaines mesures comme la baisse des émoluments du Président et des ministres. L’exemplarité, nous dit-on. D’accord. Est-ce pour mieux nous faire accepter en juillet prochain la baisse de nos salaires, à nous salariés et fonctionnaires, ainsi que le prône toute l’oligarchie européenne et le pacte de stabilité renforcée au travers des réformes structurelles vantées par l’Allemagne et que les syndicats CFDT, FO et CGC sont déjà tout disposés à gober ?

    Franchement, je ne suis pas très enclin à pleurer une union plus qu’hypothétique. En fait un marché de dupes. Il y a aujourd’hui plus qu’une simple différence d’appréciation entre le PS et le reste de la gauche (excepté EELV qui sait bien où sont ses intérêts). C’est une vraie divergence de conception de la société. Il est d’ailleurs assez piquant de voir que le parti qui se prétend socialiste est celui qui en a quasiment tout oublié.

    Le PS obtiendra peut-être la majorité absolue à l’Assemblée nationale. Je ne suis pas certain que ce soit une bonne nouvelle tant les politiques conduites par les sociaux-démocrates en Europe peinent à se démarquer de celles des droites ultralibérales. J’espère que le Front de Gauche obtiendra pour sa part suffisamment de sièges pour peser sur la prochaine mandature. Parce ce pour moi il n’y a pas photo, la gauche, elle est là :


    J.-L. Mélenchon - Discours de Courrières par lepartidegauche

    Alors, advienne que pourra !

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