@Ficanas84

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    Prometheus

    Film de Ridley Scott (2012)

    samedi 9 juin 2012, par Marc Leblanc

    Quand on y pense, ça fout les chocottes ! A en croire les auteurs de science-fiction, c’est fou le nombre de machins qui se baladent dans l’univers avec pour unique obsession de pulvériser la Terre. Pourtant, ce n’est qu’une toute petite planète perdue en bordure de galaxie. N’empêche, il y a des trucs qui sont prêts à traverser l’univers entier pour venir s’écraser ici, sur nos pieds. Des comètes, des astéroïdes et des extra-terrestres plus hideux et méchants les uns que les autres. Y a qu’à voir « Men in black ». Et dans « Stargate » (une série américaine à rallonge), ils sont tellement nombreux qu’il a fallu scinder la série en plusieurs parties distinctes pour qu’on s’emmêle pas les pinceaux.

    Ridley Scott, c’est pas n’importe qui. On pense à Blade Runner et à Alien (le 8ème passager), à Thelma & Louise et à 1492 ou, plus récemment, à Gladiator. Si chacun de ses films, à de rares exceptions près, fait aujourd’hui figure de chef-d’œuvre ou presque, c’est bien sûr que les histoires qu’il nous raconte sont extraordinaires mais aussi et surtout que sa façon de nous les raconter nous captive et nous subjugue.

    Question science-fiction, Scott a tout de même réussi à nous caser deux films-cultes, deux légendes incontestables : « Blade Runner » en 1982, qui fut pourtant un échec au cinéma mais a dû son succès à la télévision et surtout « Alien, le huitième passger », en 1979, incontestablement le film d’horreur et de science-fiction le plus abouti qui, dans ce genre, sera repris plusieurs fois sans que jamais, par la suite, la force de l’angoisse qu’il distillait ne soit jamais égalée. Pour qui aime ces histoires improbables (du moins, on le souhaite), Alien est sans nul doute la référence.

    C’est d’ailleurs de cette satanée bestiole que Scott revient nous parler avec « Prometheus. » Les Québécois appellent ce genre de films « antépisode ». Nous autres, qui sommes bien plus intelligents, nous utilisons le mot anglo-saxon « préquelle » (présuite) qui désigne donc une sorte de suite qui se passerait avant le film de référence bien que tournée après. Vous suivez ? Comme les deux trilogies de la « Guerre des Étoiles ».

    Promotheus, c’est donc la genèse de la saga de la bébête que tout le monde croit pouvoir contrôler et qui finit immanquablement par boulotter ceux qu’elle croise sur son chemin. Le genre mante religieuse mais en plus morfale et plus sanguinaire. C’est pas qu’elle soit méchante, c’est juste qu’elle a toujours faim et qu’elle doit se reproduire à tout prix. Avec une obsession latente : aller sur Terre pour ripailler. Jusque-là, il n’y avait que le lieutenant Ellen Ripley (Sigourney Weaver, si vous préférez) qui réussissait à venir à bout de la vilaine bête même si elle remettait ça immanquablement au film suivant.

    Dans Prometheus, la belle Sigourney-Ripley n’est pas encore née ou alors à peine. On a juste des savants qui trouvent la trace d’une possible origine extra-terrestre de l’humanité et qui partent en voyage vers une lointaine planète. Et là, forcément, ce qu’ils trouvent les étonne un peu.

    Quand on a déjà vu la saga des Alien, on sait obligatoirement qu’il y a des choses à ne pas faire, à ne pas toucher. On sait que le mieux est de foutre le camp fissa ou de tout faire péter. Et encore, c’est pas la solution la plus sûre pour avoir la paix. Donc, quand on voit ces braves gens du Prometheus refaire les mêmes bêtises pour la cinquième fois, on a du mal à tenir en place. Le pire, c’est que la civilisation supérieure dont serait issue l’humanité s’est elle-même faite avoir par la bestiole qu’elle a créée pour, semble-t-il, l’envoyer… sur Terre. Sympa les créateurs.

    Mais si l’argument est sensiblement le même, l’ambiance est différente. Moins noire, moins désespérée. encore que la fin nous laisse très dubitatif. Les images sont belles, les effets spéciaux superbes (même en 2D) et les personnages pas si rudimentaires que ça. Notamment l’androïde joué par Michael Fassbender. Noomi Rapace remplace Sigourney dans un rôle un peu moins artilleur mais tout aussi déterminé et plus mystique. On évoque là la place de l’humanité dans l’univers, la relation à Dieu, bref des questions pas simples mais pas assénées avec lourdeur.

    Bref, si cette fois-ci, l’effet de surprise est absent et si la plupart des situations sont prévisibles compte tenu des antécédents, Prometheus ouvre peut-être une nouvelle page de la saga. Ce n’est pas forcément une bonne nouvelle sur le plan de la qualité, d’ailleurs. Malgré tout, c’est un film qui se laisse regarder sans déplaisir, au contraire. Encore une belle histoire illustrée avec talent par Ridley scott.

    Ici la critique de Culturopoing

    Législatives 2012

    Quel enthousiasme !

    vendredi 8 juin 2012, par Marc Leblanc

    On sent bien qu’il en faudrait peu pour que ces élections tournent à l’hystérie collective… Mais non, je plaisante. La mayonnaise a du mal à prendre, hélas ! Comme si, depuis l’instauration du quinquennat, les législatives avaient perdu tout intérêt en ne devant être que la confirmation du résultat de la présidentielle. Et pourtant, c’est pas faute pour certains de se donner beaucoup de mal pour mettre de l’ambiance.

    Tenez, par exemple, Maryse Joissains, vous connaissez ? Non ? Il paraît qu’elle est maire d’Aix-en-Provence. Si, si ! Mais bon, c’est pas leur faute non plus, aux Aixois. Ils ne savaient sûrement pas à qui ils avaient à faire. Alors donc, la Maryse, c’est celle qui a voulu faire son intéressante en attaquant l’élection de Hollande devant le Conseil constitutionnel quatre jours après celle-ci, alors que le délai légal n’est que de 48 heures et que seuls les candidats ont cette possibilité. En fait, c’était juste histoire de faire parler d’elle en essayant d’être encore plus ridicule que ses copains de l’UMP. L’animatrice du club des Sarkozettes du Sud — pendant méridional de l’inénarrable Morano pour la zone nord, c’est dire si la concurrence est terrible ! — en avait gros sur la patate que son Nico se soit fait bananer, alors elle nous a resservi à sa façon le fameux couplet du pov’ Sarko qu’était seul contre tous, victime de tant de calomnies, que même Bernard Thibault de la CGT à « illégalement » appelé à voter contre lui. Rendez-vous compte : si même la CGT dit du mal de Sarko, où va la France, ma pov’ dame, je vous demande un peu ? Pour Maryse pas de doute, l’élection de Hollande fait de la France une république bananière. Elle est mignonne, non, la Maryse ? On pensait que, avec Hortefeux, Dati, Wauquiez, Estrosi, Ciotti, Lefèbvre ou Morano (liste non exhaustive), on avait tout vu et tout entendu question bêtise insondable. C’était compter sans Joissains. Y a encore un cas, là. Décidément, l’UMP a des ressources inépuisables dans ce domaine. Il est temps de passer à autre chose car on sent qu’ils sont arrivés au bout du bout, ces braves gens. D’éructations en mensonges bien lourds, il n’y a plus rien pour lui donner de l’élan à l’UMP. Sauf un bon coup de pied au cul pour l’éjecter.

    Un autre animateur frénétique de la campagne : Morin et son Nouveau Centre. Honnêtement, j’ai beau chercher où se planque sa nouveauté, je trouve que ça sent surtout le moisi. Comme ces vieilles lingeries qui n’ont pas servi depuis longtemps, enfermée dans une armoire et restée telles qu’au premier jour. Rassis genre vieille rengaine. C’est vrai, le centre, question originalité, ça reste un peu étriqué. Ça te vous la joue d’importance en agitant ses petits bras musclés et pchitt ! ça finit toujours par se coucher devant la droite, si possible dure quand ce n’est pas l’extrême-droite comme dans le Vaucluse. Ils ont bonne mine les centristes à toujours vouloir faire croire qu’ils ne sont pas de droite alors qu’ils n’hésitent jamais à s’allier avec les plus pourris. En fait, le centre, c’est plutôt du nombrilisme élevé au rang de principe politique. Et comme chacun sait, au niveau du nombril, souvent, c’est tout mou. Et puis franchement, qui peut bien encore prendre Morin et ses potes au sérieux après sa stupéfiante campagne de la présidentielle ? « Monsieur 0 %» disaient les mauvaises langues. Là aussi, encore pchitt ! Mais bon, je reconnais qu’il fallait oser, pour quelqu’un qui ne représente rien, vouloir aller à la baston même si l’issue était connue d’avance. Comme pour Borloo. Pareil. La touche sociale du sarkozysme qu’il disait ! Tu parles ! Des fois, on se demande où il va chercher tout ça, ce clown.

    Bien sûr, on a aussi le FN qui en fait des tonnes pour épater la galerie. Je reconnais qu’il a de quoi bomber le torse, vu ses scores. Pour un peu, on croirait que le pouvoir lui revient de droit. Suffit d’écouter la Marine jubiler : Sarko voulait lui faire l’intérieur, le voilà hors course. Mais là aussi, sur le fond pas de changement. Toujours la même obsession : l’étranger et tout ce qui peut lui ressembler de près ou de loin. Surtout de loin. D’ailleurs, on ne dit plus « les Français d’abord », au FN, mais « les nôtres d’abord ! » La nuance est de taille surtout quand la Marine affirme que la plupart des gens qui crient « Vive Mélenchon », à Hénin-Beaumont, sont des Maghrébins. A l’UMP, on les appelle « musulmans d’apparence ». Mais c’est la même ignominie qui sous-tend le même discours raciste. Faut s’appeler Guaino pour trouver que le FN est devenu un parti politique comme les autres. Au moins aussi républicain que l’UMP dont certains candidats clament à pleins poumons qu’ils ont les mêmes valeurs que le FN et qu’ils préfèrent celui-ci à la gauche. On notera d’ailleurs à ce propos que la droite ne parle de la République que quand elle est sûre de gagner, comme en 2002. Bien contente alors que des cons de gauche vote pour elle au nom du sacro-saint front républicain. Mais quand ça va mal, alors, le front républicain, elle s’assoit dessus. Faut dire que, entre-temps, il y a eu Sarko dont l’héritage est plus pétainiste que gaulliste. Certes, c’est toujours un uniforme mais pas franchement la même dignité. Finalement, il aura même réussi à rendre Chirac sympa. Mais ça n’empêchera pas le sortant du coin, Jean-Michel Ferrand — dit Gomina — de se faire quelques cheveux blancs car si un duel avec Marion Le Pen-Maréchal semble plus que probable, la toute nouvelle dignité républicaine du FN pourrait bien inspirer à des électeurs de gauche qu’il est préférable d’affaiblir durablement les sarkozystes, le FN ne représentant pas un danger majeur à l’Assemblée. Pure spéculation, dira-t-on. Sans doute. Mais qui sait dire aujourd’hui où est la peste et où est le choléra après cinq ans de Sarkozy ?

    Bien sûr, il est très regrettable, dans ces conditions, que la gauche n’ait pas su s’unir davantage. Ici, plusieurs personnalités sont montées au créneau pour dénoncer le boulevard que cela offrait à l’UMP et au FN. Admettons. Mais quoi ? Une union suppose des constats communs auxquels on souhaite apporter des solutions communes, un projet politique construit ensemble. Or, ce projet n’existe tout simplement pas. Le PS et le Front de Gauche ont peut-être parfois les mêmes constats mais ils y apportent des réponses radicalement différentes. Du reste, le discours du PS ne laisse pas d’inquiéter quand on y regarde de plus près. Il a tout de même permis, par son abstention, l’adoption du projet de loi permettant la ratification du pacte de stabilité renforcée à la fin du quinquennat de Sarko. Une belle façon de ne pas injurier l’avenir. Il a beau jeu aujourd’hui d’exiger un pacte de croissance alors que tout le monde prête à ce mot un sens différent et que ledit pacte risque de se faire attendre.
    Je n’oublie pas non plus que François Hollande a été, comme de nombreux socialistes, un artisan de cette Europe que les Français ont rejeté sans ambiguïté. Je ne m’attends pas à ce qu’il la remette profondément en cause. Ce n’est pas de ce côté qu’il faut rechercher l’audace. Au contraire, je m’interroge sur le sens réel de certaines mesures comme la baisse des émoluments du Président et des ministres. L’exemplarité, nous dit-on. D’accord. Est-ce pour mieux nous faire accepter en juillet prochain la baisse de nos salaires, à nous salariés et fonctionnaires, ainsi que le prône toute l’oligarchie européenne et le pacte de stabilité renforcée au travers des réformes structurelles vantées par l’Allemagne et que les syndicats CFDT, FO et CGC sont déjà tout disposés à gober ?

    Franchement, je ne suis pas très enclin à pleurer une union plus qu’hypothétique. En fait un marché de dupes. Il y a aujourd’hui plus qu’une simple différence d’appréciation entre le PS et le reste de la gauche (excepté EELV qui sait bien où sont ses intérêts). C’est une vraie divergence de conception de la société. Il est d’ailleurs assez piquant de voir que le parti qui se prétend socialiste est celui qui en a quasiment tout oublié.

    Le PS obtiendra peut-être la majorité absolue à l’Assemblée nationale. Je ne suis pas certain que ce soit une bonne nouvelle tant les politiques conduites par les sociaux-démocrates en Europe peinent à se démarquer de celles des droites ultralibérales. J’espère que le Front de Gauche obtiendra pour sa part suffisamment de sièges pour peser sur la prochaine mandature. Parce ce pour moi il n’y a pas photo, la gauche, elle est là :


    J.-L. Mélenchon - Discours de Courrières par lepartidegauche

    Alors, advienne que pourra !

    Euro 2012 : Que d’espoirs !

    vendredi 8 juin 2012, par Marc Leblanc

    La compétition n’est pas encore commencée que déjà les spéculations vont bon train. Malgré la présence au sein de l’effectif français de plusieurs des mêmes branleurs surpayés qui s’étaient couverts de gloire en Afrique du Sud, il y a deux ans, il semblerait que cette fois-ci les chances de l’équipe de France de faire quelque chose d’honnête soient meilleures. En effet, tout indiquerait que nos héros sont déterminés à descendre de leur bus. C’est déjà un bon début.

    Hélas, alors que tous les pronostiqueurs tant soit peu calés en pronostics pas piqués des hannetons pronostiquaient les meilleures chances de l’équipe de France de battre le Brésil, il semblerait que celui-ci ait déclaré forfait au prétexte futile qu’il ne serait pas un pays européen. Je dis que c’est petit comme excuse. A ce compte-là, que font Israël, l’Arménie et quelques autres pays du Caucase dans l’UEFA ? Franchement, c’est nul !

    Rideau !

    dimanche 6 mai 2012, par Marc Leblanc

    Voilà, c’est fait. Fini Sarkozy. Voici enfin le terme de cinq années hallucinantes. A mon âge, on aime bien que le temps prenne son temps mais je suis content que ces cinq-là soient enfin finies, terminées.

    Sarkozy s’en va. Il nous a fait — et sa petite bande avec — un bel exercice de passage de relais républicain et un discours d’adieu à faire pleurer, dans les chaumière, les âmes sensibles. Comment en aurait-il été autrement ? Pas d’arrogance ni de mépris, ce soir. Il a quand même forcé un peu la dose : paraît qu’il aurait souffert qu’on ne respecte pas plus l’institution qu’il représentait. C’est marrant comme ce type peut avoir la mémoire courte. Il doit vraiment croire que c’est un autre qui a été ce piteux président qui l’a tant abaissée. Comme l’impayable Morano qui nous a fait son numéro de perruche affligée. Rendez-vous compte : Sarko, ce président divin, aurait été scandaleusement critiqué durant cinq ans. Et puis quoi encore ? Il aurait fallu ne rien dire et laisser faire ? Comme baroud d’honneur, on fait difficilement plus ridicule. Mais enfin, c’est Morano, quoi !

    Hollande nous a fait un discours sympa, humain, humaniste, digne. Rien que ça, ça sent déjà le changement. Sa victoire est moins tranchée que prévue mais c’est tout de même une victoire qui mérite d’être saluée car la France est dans un sale état, économique, sûrement, social, incontestablement, mais aussi moral. Trop de bas instincts ont été flattés ces dernières années et ça laisse des traces. La droite ne craint vraiment aucune compromission pour donner encore tant de voix à Sarko.

    Alors tournons la page. Tout reste encore à faire. Bon vent au Président Hollande sur qui pèsent d’énormes espoirs.

    J’offre ce cadeau à ceux qui croient qu’ils trouveront le salut en baisant les pieds de leurs maîtres et en reniant ceux qui les défendent vraiment, à ceux qui parlent de leurs racines sans rien savoir des aspirations de leurs ancêtres ou en faisant mine de les avoir oubliées, à ceux qui préfèrent justifier leurs souffrances par la haine de l’autre et l’intolérance, à ceux qui préfèrent s’aveugler face aux entreprises de destruction de leurs droits et de leur dignité, à ceux qui pensent que le repli sur soi leur permettra de passer à travers les gouttes et que la solidarité et la fraternité ne servent à rien, à ceux qui depuis plus de trente ans n’ont jamais levé le petit doigt pour défendre leur honneur et leurs emplois et ont laissé à d’autres le soin d’agir, à ceux qui les ont regardé sans broncher se faire tailler en pièce tandis qu’ils espéraient sauver leurs misérables petites vies et qui viennent aujourd’hui pleurnicher leur souffrance en votant pour les idées brunes redevenues compatibles avec l’abjection pétainiste.

    Je leur dis réveillez-vous ! La France n’est pas ce tas d’immondices nauséabondes sur lequel trônent les volailles prétentieuses et imbéciles de la droite prétendument populaire mais à coup sûr fasciste qui voudraient vous y confiner et qui vous réduisent en esclavage tout en vous endormant et en désignant à votre vindicte ceux qui refusent la fatalité. Réveillez-vous ! Ceux que vous croyez devoir mépriser éprouvent les mêmes souffrances que vous et il en est parmi eux qui ne courbent pas l’échine et qui se battent. Secouez-vous !

    Souvenez-vous que ces droits, dont on veut vous priver aujourd’hui et sur lesquels vous vous lamentez, sont les fruits de combats menés jadis par d’aussi misérables que vous, peut-être même plus encore, et qu’ils les ont payés chers. Ne vous laissez pas endormir par les récupérations honteuses de la droite sarkozyenne et lepéniste qui fait mine de pleurer Raymond Aubrac et les martyrs des Glières et du Vercors en foulant au pied leurs idéaux bien plus élevés que leurs minables combines d’enrichissement dont vous serez toujours les dindons.

    Souvenez-vous que ce drapeau tricolore dans lequel ils se drapent aujourd’hui n’était pas celui des maîtres et qu’il a rougi du sang d’un peuple qui aspirait à la liberté, à l’égalité et à la fraternité, à un monde meilleur et au progrès social. Un peuple qui est aussi tombé sous les balles de cette même bourgeoisie qui vous méprise toujours et n’hésitera jamais à vous saigner pour défendre ses privilèges et son pouvoir.

    Ressaisissez-vous ! Ceux qui se battent pour leur honneur, leur bonheur et leurs droits peuvent perdre mais ceux qui ne se battent pas ont déjà perdu.

    Ne lâchons rien ! Demain, après-demain encore, il va falloir nous battre contre les libéraux pour préserver le progrès social et la justice sociale. Ne nous résignons pas ! Ne renonçons pas !

    Demain, boutons Sarkozy dehors ! Redevenons le peuple français, celui qui a su jadis éclairer le monde, à l’opposé de celui de Pétain, de la délation et de la collaboration, complice du nazisme. Soyons ce peuple qui se bat dans l’honneur et ne baisse jamais la tête !

    Ne vous trompez pas d’adversaires !

    Ma France
     
    De plaines en forêts de vallons en collines
    Du printemps qui va naître à tes mortes saisons
    De ce que j’ai vécu à ce que j’imagine
    Je n’en finirai pas d’écrire ta chanson
    Ma France
     
    Au grand soleil d’été qui courbe la Provence
    Des genêts de Bretagne aux bruyères d’Ardèche
    Quelque chose dans l’air a cette transparence
    Et ce goût du bonheur qui rend ma lèvre sèche
    Ma France
     
    Cet air de liberté au-delà des frontières
    Aux peuples étrangers qui donnait le vertige
    Et dont vous usurpez aujourd’hui le prestige
    Elle répond toujours du nom de Robespierre
    Ma France
     
    Celle du vieil Hugo tonnant de son exil
    Des enfants de cinq ans travaillant dans les mines
    Celle qui construisit de ses mains vos usines
    Celle dont monsieur Thiers a dit qu’on la fusille
    Ma France
     
    Picasso tient le monde au bout de sa palette
    Des lèvres d’Éluard s’envolent des colombes
    Ils n’en finissent pas tes artistes prophètes
    De dire qu’il est temps que le malheur succombe
    Ma France
     
    Leurs voix se multiplient à n’en plus faire qu’une
    Celle qui paie toujours vos crimes vos erreurs
    En remplissant l’histoire et ses fosses communes
    Que je chante à jamais celle des travailleurs
    Ma France
     
    Celle qui ne possède en or que ses nuits blanches
    Pour la lutte obstinée de ce temps quotidien
    Du journal que l’on vend le matin d’un dimanche
    A l’affiche qu’on colle au mur du lendemain
    Ma France
     
    Qu’elle monte des mines descende des collines
    Celle qui chante en moi la belle la rebelle
    Elle tient l’avenir serré dans ses mains fines
    Celle de trente-six à soixante-huit chandelles
    Ma France
     
    Jean Ferrat - 1969

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