@Ficanas84

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    Vous savez comme moi comment ils sont les minots, toujours à fanfaronner, à se croire invincibles, immortels et à prétendre savoir toujours tout mieux que personne. Ils n’ont forcément aucun besoin d’un conseil et encore moins d’une quelconque mise en garde puisque rien ne peut leur arriver. Et si jamais ça arrive quand même, ils se gardent bien d’aller se vanter de leur mésaventure, des fois qu’on abimerait un peu plus leur petit ego cabossé d’un "je t’avais prévenu" qui signerait l’humiliation suprême. C’est déjà bien assez de devoir passer sous les fourches caudines des vieux, toujours à s’inquiéter d’un rien et à faire perdre leur précieux temps aux jeunes aventuriers.

    Celui-là, il était bien à point. Je ne sais pas depuis combien de temps il poussait son brêlon sous le cagnard impitoyable et par 32°C au bas mot mais s’il avait jamais été arrogant et suffisant dans sa vie antérieure, il n’en gardait plus aucun vestige visible. Cramoisi, qu’il était le gamin. Et humble. Nous, on croisait tranquilles comme Baptiste sur la route D66 qui monte au col Saint-Sébastien, en direction de Mens. C’était vers les 17h30. Je me suis arrêté à son côté pour savoir de quoi il retournait. Il devait avoir dans les 16 ou 18 ans et il ruisselait toute l’eau de son corps à pousser une sorte de trail 125 cc. Nous, on n’avait plus de flotte, malheureusement, et il nous tardait justement d’arriver à Mens pour boire un bon coup. Lui, il s’était vautré, qu’il nous a dit, et depuis plus moyen de faire démarrer son bourrin. Mais besoin de rien. Personne à prévenir à Mens qui était sa destination, soi-disant. Et puis têtu comme une mule, le jeunot. Il ne voulait rien savoir, rien dire, un peu méfiant peut-être ou incrédule de voir que deux adultes veuillent l’aider. Ou trop timide pour accepter, allez savoir. Il était à deux doigts de défaillir mais tout allait bien, promis, juré.

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    C’est ce bon Benoit — Iksevéï ou B16, le pape, quoi — qui avait fait cette découverte en janvier dernier, si l’on en croit RMC : le mariage des homosexuels mettrait l’humanité en danger. Et là, on rigole déjà moins, hein ? On fait moins les fiérots avec ces idées droitdelhommistes, égalitaristes et tout ça. Il est bien gentil le pape, faut dire, de bien vouloir supporter l’existence de tous ces homo même que, déjà, être homo c’est une déviance contre la nature que dieu il nous a donné à son image. Alors faudrait voir à pas pousser le bouchon du cochonnet trop loin à vouloir se marier, en plus, car quand on est malade comme ça, c’est carrément comme qui dirait le renier, le bon dieu !
    D’après B16, il aimerait pas trop les gouines et les pédés, le bon dieu. Mais chut, c’est confidentiel. C’est pas de l’intolérance divine, que non ! C’est juste comme ça. Ça se discute pas. On n’y peut rien, voilà ! C’est comme qui dirait un dogme et faut être pape ou, à la rigueur, prêtre pour comprendre le pourquoi de l’affaire. Peut-être une expérience peu concluante, un coup foireux ? On sait pas vraiment. En tout cas, il a pas l’air de vouloir plaisanter avec ça, dieu, à ce qu’il dit le B16.

    Et attention, c’est pas seulement chez les cathos ! Non, non, non ! Parce qu’on pourrait dire : « Ouais, en vrai, c’est le chef des cathos qu’est juste homophobe, les autres ils sont hémophiles. » Ben non, justement, c’est aussi comme ça dans les autres religions et sous-sectes de tous types. C’est dire s’il a de la suite dans les idées, le bon dieu. Il a verrouillé le système. Chez ces gens-là, dès qu’ils voient un(e) homo, ils te se font des signes de croix partout, des incantations, ça te balance de l’encens et des herbes hallucinogènes en pagaille, ça se lamente en se tapant la tête contre les murs, ça fait des prières et tout ça, rien que pour faire vader rétro le ou la satanas. Pas toucher, des fois que ça soit contagieux. Alors, finalement, le mieux, c’est encore de les brûler ou de les lapider, leur faire très mal à ces saloperies de vermines. Brrrrr ! Y en a des qui sortent carrément le goudron et les plumes et même les battes de base-ball ou les barres à mine, histoire de corriger comme il se doit ces anomalies insupportables. Un peu comme pour les Juifs, en somme. D’ailleurs, on se souvient qu’à une certaine époque le protocole des soins à prodiguer était sensiblement le même.

    Bon, okay, aujourd’hui, tout ça s’est un peu calmé mais il y a encore des bien malades, des purs et durs, genre Civitas ou les salafistes (y en a d’autres), des trucs bien fachos, qui n’hésitent pas, dans cette société décadente, à bouffer du pédé au nom d’une saine morale d’essence divine et pour se rassurer aussi un peu sur leurs propres orientations sexuelles. Car c’est horrible, bien sûr, de vivre avec ce genre de doute. Ils aiment bien s’attaquer à des cibles faciles, ces psychopathes, ça les rassure sur leur virilité, sans doute. Tellement d’ailleurs que dans certaines « sociétés », dans certains groupes, portant haut les valeurs raffinées de l’Homme-le-vrai, on prend son pied en sodomisant les impétrants qu’on désigne sous le vocable de « bleus » ou de « bizuths ». Le plus beau est que ces gens-là se considèrent souvent, ou sont considérés par le reste de la société, comme constituant une élite exemplaire alors que, ce faisant, ils ne sont que de la graine de bourreaux. Allez comprendre !

    Ainsi, l’humanité sera en danger si les gays se marient. Voilà donc notre bon Benoit qui vient nous jouer les haruspices après avoir tenté de lire sa prophétie dans les entrailles de Boy George, lequel n’était évidemment pas trop partant en plus d’être Anglais, contraignant B16 à se rabattre sur J23, de moins bonne qualité quoique mieux disposé. Quand on pense que Madame Irma et sa boule de cristal pouvaient nous sortir les mêmes fadaises pour un prix incommensurablement plus modeste, on mesure les substantielles économies que l’église catholique pourrait réaliser par ces temps de crise en supprimant purement et simplement ce poste et ceux qui gravitent autour. Bien sûr, ce ne serait hélas pas la garantie de ne plus entendre ces tristes pitres nous agonir de conneries.

    Mais après tout, il n’est ni surprenant ni anormal que l’église défende ses dogmes les plus archaïques avec autant de zèle. Il est toujours sain de pouvoir se souvenir que derrière la façade toute de tolérance affichée qu’elles se donnent parfois, les religions ont beaucoup de difficultés à supporter la contradiction. Ça te parle d’amour alors que ça pense soumission. Et quand bien même leurs ouailles seraient adeptes du « laisser-faire » en vertu du principe, somme toute raisonnable, qui veut que chacun mène sa vie comme il lui plaît, il se trouvera forcément un hiérarque pour dire tout le mal que son église pense de cette liberté car les religions se donnent surtout pour vocation de régir nos vies jusque dans leurs recoins les plus intimes.

    S’agissant du mariage, il faut bien reconnaître qu’elles ont la primauté dans l’énoncé du principe. Ce qui est surprenant, c’est qu’un état laïque le reprenne dans ses grandes lignes sans rien y changer alors qu’il ne respecte pas l’égalité de tous devant la loi. Pourtant, d’un point de vue laïque, le mariage n’est pas et ne peut pas être un sacrement même si la Révolution a voulu un temps singer l’église. C’est simplement un acte public par lequel la société enregistre le désir de deux personnes de vouloir vivre ensemble et de s’entraider en partageant leurs ressources, dans certaines conditions précisées par un contrat spécifique ou généraliste. Ce n’est pas non plus un outil de politique nataliste puisque qu’il n’y a pas de lien entre l’acte public civil de mariage et la procréation. On peut avoir des enfants hors mariage ou ne pas en vouloir en étant mariés. Et l’État dispose d’autres moyens pour favoriser la natalité si le besoin s’en fait sentir, ce qui n’est pas le cas en permanence, et sans avoir recours à une morale religieuse.

    En réalité, le seul mariage civil conforme aux principes républicains et laïques, c’est le pacte civil de solidarité (PACS). Certes, ça manque un peu de décorum, ce qui convient parfaitement à certaines personnes mais je ne vois aucune raison pour que le PACS soit privé de la mairie ou que le mariage civil ne soit pas contracté au tribunal d’instance. Le reste n’est que fioritures laissées à l’appréciation de chacun.

    Quant à l’aspect familial que le mariage serait censé induire et garantir dans le seul intérêt des enfants, c’est se moquer du monde que de prétendre que le bonheur de ces derniers relèverait de l’hétérosexualité de leurs parents. Les faits-divers dont nos journaux sont si friands démontrent jusqu’à l’écœurement que les enfants sont souvent mis en danger par leurs propres parents à qui on ne pratique pas d’expertises psychiatriques a priori pour déterminer s’ils sont aptes à les élever ou non. S’il s’agit de donner amour, protection et éducation à un enfant, je ne vois vraiment pas ce qui disqualifierait les homosexuels sauf… l’homophobie d’une partie de la société pour refuser de reconnaître leur humanité pleine et entière en leur reconnaissant simplement l’égalité des droits.

    On trouve à ce propos des arguties à vomir comme Marion Sigaut qui voit dans le mariage des homosexuels un simple prétexte pour la création d’un droit exclusif aux homosexuels sur les enfants des autres au travers du droit à l’adoption. On ne voit en effet absolument pas pourquoi, alors qu’il s’agit d’instaurer une égalité de droits, redisons-le, il deviendrait plus facile d’adopter sous prétexte d’homosexualité alors que le problème de l’adoption (plénière) est justement le « manque » d’enfants pouvant en bénéficier. Pourtant, à bien y réfléchir, l’adoption est fondamentalement un droit donné à des gens sur des enfants qu’ils n’ont pas conçus. Le genre des parents adoptifs n’y change rien. Bien sûr, dans l’abjection, il est difficile de faire plus fin et délicat que Civitas qui promeut une campagne, évidemment reprise par Minute, où l’on voit deux hommes nus de dos, portant le drapeau arc-en-ciel, avec cette légende : « Confieriez-vous vos enfants à ces gens-là ? »
    D’autant plus surprenant que, dans notre société, même les fachos ont le droit d’en élever…

    D’autres, plus modérés et développant un argumentaire assez proche du mien, en viennent à la conclusion opposée, ce qui est bien sûr leur droit, en posant des questions assez surprenantes : « Mais une fois le mariage accordé aux homosexuels, comment pourra-t-on justifier l’interdiction du mariage incestueux ? Comment argumenter l’obligation de fidélité entre époux ? Quelles raisons invoquera-t-on pour s’opposer à la polygamie ? On ne pourra invoquer que la tradition, celle-là même qui s’oppose au mariage des homosexuels… »
    Un mélange des genres un peu incongru tout de même. Si la « tradition » et la loi interdisent le mariage incestueux, c’est peut-être aussi en raison des conséquences génétiques engendrées par ces unions. Mais enfin, même dans les familles les plus permissives, il est rare que les enfants d’une même fratrie s’aiment à ce point. Cela n’est pas une aspiration sociétale significative. L’obligation de fidélité ? En quoi est-elle incompatible avec l’homosexualité et en quoi la loi empêche-t-elle l’infidélité ? Quant à la polygamie/polyandrie, en vertu du droit de chacun à conduire sa vie comme il l’entend, je ne vois vraiment pas pourquoi elle est interdite en termes d’union civile lorsqu’elle n’est pas contrainte.

    Pour tout dire, les religions nous emmerdent à vouloir sans cesse intervenir dans nos vies. Ces gens-là sont les premiers à hurler à l’intolérance quand on se permet de les critiquer ou de les caricaturer mais ils ne se privent pas, eux, pour afficher la leur. De la très catholique prière à Marie du 15 août prochain, façon Sauvez la France, pour les uns, aux voiles et fanfreluches des autres, ce n’est que prosélytisme partout. Alors oui, je le dis, la seule façon de garantir l’égalité de tous devant la loi, c’est de vider les actes civils de toute connotation religieuse et d’appliquer et de faire respecter la loi de 1905 de séparation des églises et de l’état partout sur le territoire de la République. Cela n’empêche nullement tout un chacun d’agir ensuite en vertu des principes et des dogmes qu’il s’est librement imposés, selon ses croyances et, surtout, sans emmerder ses voisins. Basta !

    Pour finir, une fois n’est pas coutume, saluons une déclaration sur le sujet faite par Nadine Morano sur RTL. Ben oui ! Le bulot neurovégétatif a eu une pensée qui la rapproche temporairement du monde de l’intelligence. Il est cependant à craindre que l’effort consenti soit fatal à son neurone et nous prive de ses lumières pour un nouveau cycle de plusieurs siècles. Mais, même si ça reste très incomplet et surprenant, ça valait quand même la peine d’attendre ce moment rare comme le passage d’une comète. Comme quoi, l’homosexualité peut être source de miracles…

    Dieu soit loué ! Et pis, c’est tout !

    Sports de voiles

    dimanche 29 juillet 2012, par Marc Leblanc

    Il paraît que, en Egypte, a été lancée la première chaine télé 100 % musulmane et 100 % féminine. Elles sont toutes voilées, les filles qui y bossent, des présentatrices aux techniciennes, y a pas un poil qui dépasse. Il paraît même que le seul mec qui ait le droit de s’y rendre est le proprio. Encore un gros malin qui se constitue son harem !

    Le problème, apparemment, c’est que les Égyptiens sont, paraît-il, fétichistes à un point qu’on a du mal à imaginer et que la vue de ces nanas en niqab ou en hijab et tout ça, les met dans des états pas possibles. Au point que leurs femmes, à qui était censée être réservée cette chaine, se plaignent maintenant que leurs mecs arrosent plus souvent leur écran de télé que leurs petits jardins secrets à elles. C’est malin !

    A quoi ça tient l"érotisme ?

    Surtout que la chaine n’est pas cryptée, semble-t-il, et que les émissions holé holé sont diffusés après minuit comme dans certains pays laïques. Là, on imagine aisément la folie que ça doit être de voir toutes les pornostars égyptiennes s’envoyer en l’air sous leurs voiles sexy en récitant des sourates.

    Bon, tout ceci est faux, bien évidemment, hormis la création de la chaine à voiles. C’était juste histoire de détendre finement l’atmosphère. Quand même, ça valait bien la peine de faire une révolution pour en arriver là. Les Tunisiennes et les Libyennes vont certainement en pâlir de jalousie, au train où vont les choses. Il n’est pas impossible que d’ici peu ces pays se retrouvent à la case départ après avoir échangé des dictatures laïques contre des dictatures religieuses. Ça va motiver à mort les Syriens, ça, surtout quand on pense que leurs principaux soutiens sont les Saoudiens et Al-Qaïda. Et qui c’est qui va encore avoir l’air con dans l’histoire ?

    Il faut dire que l’époque est à la libération de la femme. La Fédération Internationale de Football Association (FIFA) vient d’autoriser, sous la houlette d’un de ses vice-présidents, un prince jordanien frère du roi du coin, le port du voile pour les footballeuses. Et tout ça, non pas parce que c’est un signe religieux, ce qui contrevenait aux règles de la Fédé, mais parce que c’est une coutume culturelle. Et personne n’a rien trouvé à y redire. C’est fort ! Faut dire aussi, que le Qatar va organiser la Coupe du Monde dans quelques années (en 2022 pour être exact). Même si c’est celle des hommes, mieux vaut pas trop contrarier ces gens qui ont tant de pognon et qui peuvent s’offrir tant de clubs de foot de par le monde et en particulier chez nous.

    Le Comité International Olympique n’est d’ailleurs pas en reste. Ces gros couillons avaient exclu l’Afrique du Sud du temps de l’apartheid jusqu’à ce que Mandela n’y prenne le pouvoir mais ça ne leur était pas venu à l’esprit de s’en prendre à tous ces pays qui n’envoyaient aucune femme dans leur délégation. Ce qui est contraire à la charte olympique qui interdit toute discrimination. Finalement, ils ont fini par s’intéresser à la question après s’être fait un peu secouer les plumes mais ils ont aussi fini par céder aux exigences des Iraniens, notamment, qui avaient monté des jeux islamiques où les femmes pouvaient participer librement mais à condition d’être voilées. Du coup, la chose a été étendue aux JO, en contravention formelle avec la charte qui interdit toute expression politique ou religieuse. On se souvient que, en 1968 à Mexico, deux athlètes américains avaient été exclus pour avoir brandi leurs poings pour défendre les droits civiques des Noirs.

    Ici et là, des voix se sont élevées contre ces capitulations assez peu glorieuses qui galvaudent l’esprit du sport et bafouent la liberté des individus. Il est vrai que ces instances ne brillent qu’assez rarement par leur défense des valeurs universelles ramenées de plus en plus souvent à de simples valeurs occidentales au nom de la relativité interculturelle. Pourtant la liberté de conscience, ça ne se discute pas, me semble-t-il même pour une Iranienne. Et personne ne nous fera croire que 100 % du peuple iranien est musulman ou que 100 % des musulmans iraniens sont pratiquants. La seule chose dont on peut être sûr, c’est qu’on ne verra pas une seule femme non voilée dans la délégation iranienne. Ce n’est certainement pas promouvoir le sport pour tous que d’accepter ces dérives prosélytes et intolérantes.

    Bien sûr, on peut toujours prendre les choses à la rigolade en moquant ces filles couvertes de la tête au pied se défonçant sur les stades et sur les terrains par des températures caniculaires. Ou s’extasier devant leur prouesse. C’est sûr qu’entre les culs des Brésiliennes au volley de plage et les tuniques des Iraniennes et autres Jordaniennes au 400 m ou au foot, y a pas photo. Mais le sport, ce n’est pas que ça, quand même. On rigolera sans doute moins si, un jour, un de ces pays organise ces si sublimes manifestations pompes-à-fric et propagandistes et imposent à nos athlètes de respecter leurs coutumes au nom de la relativité des cultures et de l’égalité entre les concurrentes. Et, en attendant, celles qui n’acceptent pas ce diktat religieux sont obligées soit de renoncer, soit de s’exiler pour pratiquer leur sport !

    Pour en savoir plus, le mieux est de lire le livre d’Annie Sugier, présidente du comité Atlanta luttant contre la discrimination des femmes dans le sport, et qui publie aux Éditions Jourdan, « Femmes voilées aux Jeux olympiques. »

    Édifiant !

    Avignon, scènes sublimes

    Le bonheur théâtre

    dimanche 29 juillet 2012, par Marc Leblanc

    On a beau habiter à proximité du Saint des Saints, ce n’est pas pour autant qu’on est des festivaliers aguerris. Au contraire, je dirais que pendant très longtemps, chez nous, la grande préoccupation du mois de juillet a été de n’avoir pas à aller jusqu’en Avignon pour quelque raison que ce soit. Surtout éviter d’y mettre les pieds et de se retrouver noyés dans la fournaise et la foule compacte et hétéroclite des touristes et des amateurs de théâtre. Souvent les mêmes d’ailleurs.

    Il n’y a guère qu’à l’adolescence que, avec quelques congénères, nous nous empressions de nous y rendre, moins pour nous enfermer dans quelque salle devant une improbable scène que pour nous offrir le spectacle gratuit et en plein air de toutes ces belles filles, léger et court vêtues, offrant aux esthètes que nous étions alors (et que nous sommes demeurés, encore très souvent, heureusement !), la vision enchanteresse de leurs courbes sublimes et de leurs sourires étourdissants. J’avoue que, aujourd’hui encore, l’un des attraits du festival d’Avignon est la beauté joyeusement exposée de cette jeunesse superbe et pleine de vie. Que celui qui prétend n’avoir pas succombé aux charmes d’une mignonnette lui tendant le tract d’un spectacle en devenir, avec grâce et sourire, soit sur le champ brûlé vif pour mensonge éhonté ! Bien sûr, je précise, pour éviter d’être taxé d’intolérance par certains amis aux orientations sexuelles différentes des miennes, qu’ils peuvent à loisir changer le genre de la cible. Les faits sont là : Avignon durant l’été et surtout le mois de juillet est le temple de la jeunesse et de la beauté !

    Et le théâtre dans tout ça ? Je ne saurais pas trop expliquer pourquoi mais j’ai longtemps trouvé ce genre de spectacle inaccessible, voire hermétique. Je veux parler du spectacle vivant, celui qu’on regarde depuis une salle et non pas celui qu’on nous distille à la télévision. Pourtant, j’avoue aussi avoir été séduit et captivé par des émissions comme le Théâtre de la jeunesse de Claude Santelli qui, sans être véritablement du théâtre, étaient des téléfilms aux décors souvent rudimentaires qui s’en rapprochaient beaucoup. Et aux textes magnifiques.

    Il a fallu que j’aille vivre en plein cœur d’Avignon, à une certaine époque, pour commencer timidement à m’intéresser vraiment au vrai théâtre, un peu puis un peu plus, plus tard, quand j’ai participé à la vie d’une MJC. De fait, le théâtre est un univers insolite capable de vous emporter dans un tourbillon de mots et d’images par la simple force des textes et du jeu des comédiens. Lorsque l’alchimie fonctionne, on vibre tout entier, on ressent avec les tripes les émotions transmises par ces gens qui ne sont plus eux mais des personnages réels, vivants, ne s’adressant qu’à soi. On est parmi eux, on vit leur vie et on baigne dans leurs mots. Le spectacle, alors, nous appartient à nous seuls. Il est nôtre. Que le comédien soit seul en scène ou parmi une troupe plus ou moins nombreuse, la magie opère toujours de la même façon même si chaque fois elle est différente. Bien sûr, il arrive qu’elle n’opère pas, qu’il manque à la pièce ce souffle qui déclenche le rêve et qui n’est pas forcément le même pour chacun. Tant pis ! Il restera quand même une certaine reconnaissance envers ces comédiens qui ont essayé de nous transmettre quelque chose. Rien n’est jamais perdu dans le théâtre. Il y a toujours au moins la foi des comédiens dans l’œuvre qu’ils défendent. Peut-être ont-ils été mauvais ce soir ou moins bons que d’ordinaire. Sûrement le seront-ils à nouveau un autre soir pour d’autres spectateurs plus chanceux. Je n’ai jamais détesté une pièce. Au pire, elle m’a laissé indifférent.

    Avignon, c’est une orgie de théâtre. Il paraît que, cette année, il y avait près de 1200 spectacles présentés, partout en ville et autour d’Avignon, dans les lieux parfois les plus improbables. Comment faire un tri parmi tous ces prétendants ? C’est impossible. Même la lecture des quotidiens locaux ne donne qu’une vision partielle de ces spectacles parmi lesquels on peut trouver d’authentiques pépites sur lesquelles, tous, nous rêvons de tomber. En fait, il existe une multitude de spectacles réjouissants qui, chacun à sa façon, nous offre un de ces instants de bonheur dont nous savons nous contenter, juste pour l’amour de ces scènes généreuses et des textes qu’on nous y offre et pour ces sièges très souvent affreusement inconfortables qui sont la preuve de notre abnégation inconditionnelle.

    Et je ne parle là que du festival Off. Car il paraît qu’il y a un festival In, très officiel, qui jouit du privilège de la fameuse cour d’honneur du Palais des Papes et qui, il faut bien le dire, laisse le plus souvent de marbre… Comme si cet honneur d’être reconnu dans ce lieu unique, hanté par le fantôme de Jean Vilar, rendait la tâche presque impossible à ceux qui prétendent assumer cet héritage. Comme si, cette quasi-obligation de présenter des pièces pourtant archi-jouées depuis des lustres mais dans des mises en scènes estampillées modernes, différentes, innovantes et tutti quanti instaurait un horizon le plus souvent inatteignable, dans un rituel convenu.

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    Affiche M. Guérin

    Le vrai théâtre populaire si cher à Vilar semble donc bien être ce Off bouillonnant comme un chaudron plein d’idées, de vie et de joie de vivre. Tout n’est sûrement pas intéressant, tout ne vaut pas le prix qu’on nous en demande, je présume, mais Avignon mérite bien sa réputation de ville de théâtre tant elle devient un véritable bouillon de culture… populaire.

    Il faut reconnaître, tout de même, que pour qui veut faire une cure bénéfique de théâtre, il vaut mieux prévoir un petit budget pas forcément négligeable. Et aussi s’organiser et prévoir.

    Le prix des places oscille en général entre 15 et 20 € (tarif normal). Des fois plus, des fois moins. Il existe des possibilités de réductions, notamment avec la carte du Off. Le problème est aussi que, au fur et à mesure que le festival avance (entre le 7 et le 28 juillet, cette année) et, avec lui, le bouche à oreille, il devient difficile d’accéder à certains spectacles sans réserver parfois longtemps à l’avance. Cela devient même une gageure quand on n’a que le samedi et le dimanche pour étancher sa soif de découverte même en y allant à l’aveuglette !

    Nous aurons tout de même réussi à voir quelques spectacles de qualité, cette année. Au théâtre du Chêne Noir : « Bibi ou les mémoires d’un singe savant » de Henri-Frédéric Blanc avec Damien Rémy ou « le Pays des Galéjeurs », par la Compagnie des Carboni, opérette d’après Scotto, Carb, Alibert et Sarvil. A l’Attila Théâtre : M. Guérin de et par Fabien Waltefaugle, histoire d’un mec gentiment névrosé façon Elie Sémoun et limite psychopathe façon Albert Dupontel. Avec beaucoup de plaisir à la clé.

    Et beaucoup de regrets de n’avoir pu aller voir « Invisibles » de Nasser Djemaï au Chêne Noir ou « Ma Marseillaise » de Darina Al Joundi au Théâtre des Halles, pour ne citer que ceux-là. Du moins, nous restera-t-il, à nous autres qui vivons près de la cité bénie, le plaisir d’aller à la rencontre des théâtres permanents qui, tout au long de l’année, nous offrent de riches spectacles dont j’essaie parfois de vous parler. Car, par bonheur, Avignon ne vit pas seulement dans la chaleur étouffante de juillet et sait réserver de belles découvertes à qui se donne la peine de s’y intéresser.

    La France qu’on aime

    samedi 28 juillet 2012, par Marc Leblanc

    « Ce qu’a dit M. Hollande (…) hier, personnellement, me scandalise, pour une raison très simple : ma France, elle n’était pas à Vichy, elle était à Londres depuis le 18 juin. Il n’a pas parlé au nom de la France que j’aime. Ce qui a été commis au moment de la rafle du Vel’ d’Hiv est une abomination, c’est une horreur, et ceux qui l’ont fait doivent être condamnés durement au tribunal de l’Histoire. Mais la France, qu’est-ce qu’elle a à voir avec cela ? Peut-être que M. Hollande se sent proche de la France des notables apeurés qui se sont précipités à Vichy après l’armistice. Ce n’est pas ma France », s’est offusqué le député UMP des Yvelines sur RMC et BFM-TV.

    « Vél d’hiv : pour Henri Guaino, la France n’a rien à voir avec les déportations » sur l’Humanité.fr du 23/07/2012

    Bien sûr, on pourrait dire que les atermoiements de ce pauvre Guaino, la plupart d’entre nous s’en battent l’œil avec une certaine indolence mâtinée d’une pointe de compassion tellement ce type est ridicule et minable. Voilà donc, en effet, la fameuse plume du Sarko qui vient nous la jouer « plus gaulliste que moi, tu meurs ! » après tant de temps passé à cirer les pompes du meilleur héritier de Pétain. Ce mec-là se voudrait une caution morale alors qu’il a été l’un des artisans d’une politique méprisable parce que méprisant les « autres » et les stigmatisant, tels les Africains, si peu entrés dans l’Histoire (mais qui s’emploient surtout à faire sortir la France de la leur) ou les gens du voyage et les Roms, fauteurs de délinquance patentés. Et j’en passe.

    Chaussé de ses plus gros sabots, l’homme à l’indignation élastique pousse même la perfidie jusqu’à associer Hollande à Vichy, donc à Pétain, donc à la collaboration alors que tout son discours, au contraire, condamne sans appel ce régime. Dommage pour ce cher Henri que l’image d’Epinal de sa « France que j’aime » et dont il se pose en dépositaire exclusif, le petit prétentieux, ne soit si brouillée par les graffitis haineux du Sarkozysme ! On aurait presque pu y croire. Mais il est vrai que, dans l’esprit étroit, étriqué et monomaniaque des gens de droite, la gauche n’est jamais légitime, qu’elle gagne et gouverne ou qu’elle perde et s’oppose. Heureusement pour Hollande, Chirac avait déjà commencé à tracer la voie…

    Bien sûr, nous aussi, on préfère la France de Londres à celle de Vichy. Près de 70 ans après la fin de la guerre, on a tout de même eu le temps de comprendre, comme Riton, où étaient les bons et les méchants. Surtout ceux qui n’y ont joué aucun rôle, comme les gens de ma génération et des suivantes, parce que nés après. C’est donc aussi le cas de Guaino, né en 1957 en Arles !

    Nous, ce qu’on connaît de cette fichue guerre, c’est ce que nous en ont dit nos parents et nos instituteurs. Souvent pas grand chose, d’ailleurs. Mais aussi ce que nous en avons lu dans les bouquins ou vu dans les documentaires et les films, à la télé ou au cinéma. Parfois aussi au théâtre. C’est dire que, pour nous, le choix était assez restreint : prendre le parti de Pétain était inconcevable sauf à revendiquer une démarche idéologique d’extrême-droite. Bien sûr, ça existe, et plus le temps passe, plus il semble que ces raisonnements simples et simplistes séduisent plus de monde, jusqu’à un récent président sortant. La force de l’oubli, sans doute.

    La France qu’on aime, donc, elle était aussi dans le Vercors et aux Glières, même un peu partout dans le pays, souvent misérable tant les moyens pouvaient lui manquer, si peu nombreuse le plus souvent, en butte à la délation de « la France que personne n’aime plus aujourd’hui » et dont personne n’a jamais été, semble-t-il. La France qu’on aime, c’était une armée de l’ombre de bric et de broc composée souvent d’inconscients, d’idéalistes, de gens de rien juste indignés par l’abandon, de gaullistes et de communistes et même d’étrangers et de métèques venus chez nous continuer le combat… Un peu les mêmes que ceux que Sarko, le mentor de ce cher Henri, aimait tant fustiger, il y a peu !

    Mais qu’on les aime ou pas, les France de Londres et de Vichy sont toujours La France, que je sache. Pétain n’a pas pris le pouvoir en renversant le gouvernement d’un pays démocratique : on le lui a donné, même si ce fait n’est pas exempt de magouilles et de combines.

    Guaino se donne des grands airs outragés lorsqu’il dit, parlant de ceux qui ont commis la rafle du Vel’ d’Hiv’, qu’il doivent être condamnés durement au tribunal de l’Histoire. On n’a, en effet, plus guère que ce tribunal-là pour les juger et les condamner puisque « la France qu’on aime », à quelques exceptions près, s’est bien gardée de le faire. Et on le comprend quand on se souvient du bel élan de patriotisme qui a saisi tant de nos concitoyens libérant leur furieuse envie de résister à l’oppression contenue avec tant de difficulté durant 5 ans. Ah, les beaux jugements sommaires ! Ah, la saine excitation procurée par la vue de ces femmes rasées et clouées au pilori pour avoir couché avec cet ennemi tant honni ! Ah, les beaux règlements de comptes au nom d’une morale frissonnant toujours dans le sens du vent dominant ! Était-ce pour conjurer le souvenir si récent des années noires durant lesquelles ce pays a aussi été un champion de la délation ?

    On nous a dit et répété que le souci du gouvernement provisoire a été d’éviter un bain de sang à la Libération. Sûr que les ambiguïtés de l’Occupation ne promettaient pas seulement des Jours Heureux ! Mais ce souci, au demeurant salutaire, n’a finalement jamais permis de solder les comptes. Au contraire, il a aussi donné à des ordures comme Papon la possibilité d’officier pareillement pour la République qu’ils avaient su le faire pour l’État français de Vichy, grâce à de Gaulle, et à d’autres, comme Bousquet, par ailleurs organisateur de cette rafle, de bénéficier de quelques protections comme celle de François Mitterrand. Cela sans être inquiétés ni rendre de comptes pour leurs actes. Dur, le tribunal de l’Histoire !

    Mais ce jugement de l’Histoire, aussi dur soit-il, ne nécessitait-il pas qu’un débat soit conduit dans le pays, et qu’il se trouve des intellectuels pour l’animer, analyser cette période et crever l’abcès une bonne fois pour toute ? Au lieu de cela, la thèse gaullienne de la France Résistante, celle qu’on aime avec Guaino, a voulu baigner l’histoire de notre pays d’une lumière glorieuse dont chacun ressent confusément qu’elle est aussi un peu artificielle. Pareil que pour la guerre d’Algérie, finalement.

    Ce qui fait froid dans le dos, avec la rafle du Vélodrome d’Hiver, ce qui est terrible et ce qu’a fort bien mis en exergue François Hollande, c’est qu’elle a été entièrement ordonnancée par des Français. Ce qui est terrifiant, c’est que ce sont notre police et notre gendarmerie qui ont exécuté les ordres donnés par des responsables français avec pour seule contrainte le devoir d’obéissance des fonctionnaires à l’État.

    N’en déplaise à monsieur Guaino, ces gens-là étaient bien des Français et donc c’était bien la France. Pas celle qu’on aime, j’en conviens mais la France, quand même. Quels qu’aient pu être leurs sentiments personnels, chacun d’eux porte une part de la responsabilité d’un crime immense et impardonnable. On aurait bien sûr préféré qu’ils agissent différemment, qu’ils se révoltent et qu’ils obligent le pouvoir à faire appel aux Allemands pour mater la rébellion et à endosser la vilénie. Qu’ils écrivent une nouvelle page pour illustrer l’esprit frondeur de cette France qu’on aime, prompte à se sacrifier pour la liberté, la justice et la gloire. Parce qu’on sait que c’est possible. On sait, par exemple, que malgré l’incompétence notoire de ses chefs d’alors (on parle de Gamelin et consorts), l’armée française (notamment, l’armée de l’air), dans la défaite de 1940, avait su écrire, malgré son sous-équipement, de belles pages d’héroïsme, hélas méconnues. En tout cas, à l’opposé de cette armée de branquignoles, de bras cassés et de tire-au-flanc, popularisée par un certain cinéma (la 7ème compagnie, par exemple). Mais là, non. Rien. Pas de révolte. Juste l’obéissance. Jusqu’au bout.

    A l’autre bout de cette chaîne de l’abjection et du malheur, il se trouve des hommes comme Primo Levi (dans « Si c’est un homme ») qui analyse avec une tragique gravité cette évidence si horriblement humaine : là où les hommes sont soumis à la pire des oppressions et où l’on penserait qu’ils feraient preuve de solidarité et de compassion mutuelle, il suffit à l’oppresseur de déléguer la plus infime partie de son pouvoir de vie et de mort sur les opprimés pour que, toujours, parmi ceux-ci se lèvent des individus qui, à leur tour, deviendront oppresseurs de leurs compagnons de misère et, parfois, leur pire cauchemar. Cet homme, qui était revenu avec si peu d’autres comme lui de ces camps où ils avaient survécu à tant de souffrances indicibles et que nous sommes incapables d’imaginer malgré ce qu’ils en ont raconté, nous disait que, finalement, il n’y a rien de plus banal que la lâcheté… ordinaire !

    Alors, c’est sûr que si on ramène cela à l’échelle de pays comme le nôtre, tant de lâcheté fait crasse et mieux vaut vénérer la France qu’on aime. Car ce qui fait peur, aussi, c’est de se dire, chose absurde, j’en conviens, que si pareille mésaventure se reproduisait, il se trouverait des gens pour aider nos bourreaux, avec ou sans uniforme de policiers ou de gendarmes et que nous leur serrons sans doute la main tous les jours.

    Le seul point sur lequel de Gaulle avait peut-être raison, c’est que la République n’a pas commis ces crimes. A mon sens, elle en porte néanmoins une lourde part de responsabilité car elle s’est avérée incapable de protéger ses citoyens en donnant le pouvoir à l’extrême-droite. Mais pour le reste, la France a bel et bien commis un crime les 16 et 17 juillet 1942 et bien d’autres durant cette sombre période. Il ne s’agit pas de refaire l’histoire et de donner des leçons. Qui serions-nous, nous qui n’avons pas vécu cette époque, pour dire ce qu’il était bien de faire ? Que savons-nous de ce qu’aurait été notre propre comportement dans un contexte que nous ne connaissons pas vraiment ? Mais du moins, nous comme nos aïeux connaissons les valeurs qui fondent notre pays. Ce n’est pas mentir que de dire qu’elles ont été trahies et que, pour des raisons qu’on aimerait sincèrement comprendre, trop de nos concitoyens ont aussi trahi la France qu’on aime. Et que c’est de ne pas savoir l’expliquer qui rend la chose si douloureuse.

    Alors, de grâce monsieur Guaino, taisez-vous et honorons la mémoire des victimes de cette France abjecte qui nous marque tous d’une tache indélébile. Merci à Jacques Chirac et à François Hollande d’avoir mis un terme à cette hypocrisie gaullienne à laquelle vous vous raccrochez lamentablement !

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