@Ficanas84

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    Permis de tuer ?

    dimanche 9 septembre 2012, par Marc Leblanc

    Ce soir, dans le cadre de son émission "Zone interdite", M6 s’intéressera à l’épineuse question "Conduire avec ou sans permis de conduire : enquête sur ces Français prêts à tout !", avec point d’exclamation et tout ça. « Alors que cet été 2012 a été plus meurtrier que l’an dernier sur les routes de France, (+ 3,6% de décès par rapport à juillet 2011), plusieurs des conducteurs impliqués dans ces accidents mortels roulaient sans permis. Qui sont ces Français qui osent prendre des risques avec leur vie et celles des autres sur la route ? Quelles sont leurs combines pour ne pas se faire prendre ? Pourquoi est-il si difficile de décrocher cet examen en France ? », annonce même le site de la chaine.

    Je sais ce que vous allez me dire : "On s’en fout !" et sans doute aurez-vous raison. M6, comme la plupart des autres chaines de télé, d’ailleurs, hélas, donne assez peu souvent dans la finesse, est plutôt adepte de l’enfoncement de portes ouvertes et de la sécurité routière à grand spectacle et sait manipuler avec un talent certain tous les poncifs les plus éculés énoncés sur le sujet depuis l’invention de la roue. Il y a donc peu de chance que l’émission de ce soir diffère beaucoup des précédentes.

    Derrière la présentation toujours très aguicheuse du sujet, il y a aussi cette affirmation selon laquelle rouler sans permis serait quasiment une tentative d’homicide plus ou moins volontaire. Raccourci simpliste, bien sûr, que la plupart des journaux n’ont pas manqué d’utiliser lorsque ces faits-divers sont venus défrayer la chronique. Conduire sans permis = assassin ! Si ça c’est pas de la rigueur journalistique, pas vrai ?

    Pourtant, le sujet est intéressant. Il aborde un phénomène qui, apparemment, tend à se développer ou, peut-être, à être plus visible. Se poser la question est donc pertinent. Mais pourquoi, encore une fois, ces raccourcis stupides et ces amalgames ?

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    Le dernier ennemi - Bataille d’Angleterre, juin 1940-mai 1941

    Richard Hillary

    vendredi 7 septembre 2012, par Marc Leblanc

    J’avais dix ou onze ans lorsque j’ai lu (que dis-je ? Dévoré !) « Le grand cirque » de Pierre Clostermann pour la première fois. C’est mon père, alors sergent-chef dans l’Armée de l’Air, qui me l’avait offert pour un anniversaire. Je l’ai toujours.

    C’est aussi mon père qui m’avait inoculé l’amour de l’aviation et des avions en m’emmenant avec lui à de nombreuses reprises sur les bases aériennes où il servait, me permettant ainsi d’approcher ses gigantesques monstres volants (à l’échelle d’un enfant) et les gens qui s’affairaient autour. Parfois, j’avais le privilège de monter dans un avion et même de m’asseoir à la place du pilote. Les copains du paternel étaient toujours aux petits soins quand un enfant leur rendait visite. Et, bien sûr, quand la base ouvrait ses portes aux riverains à l’occasion d’un meeting aérien, je n’étais jamais le dernier à profiter des tours d’avions que l’armée offrait en guise de baptêmes de l’air. Pouvoir approcher ces machines volantes, même si ce ne sont jamais que des machines à tuer, est bien sûr quelque chose qui marque l’esprit d’un enfant.

    En ce temps-là, la guerre n’était pas si loin — moins de vingt ans — et l’on pouvait trouver de nombreuses bandes dessinées bon marché qui vantaient les exploits de héros, le plus souvent imaginaires, qui vous dézinguaient du Boche comme qui rigole, à se demander pourquoi cette guerre fut si longue et si terrible ? Parmi ces bédés, il y en avait une qui racontait les aventures d’un pilote anglais, Battler Britton, lui aussi grand éradicateur de nazis qui exerçait ses talents avec une facilité déconcertante. Un jeu d’enfant, la guerre ! Pour moi, elles valaient surtout par le dessin plutôt fidèle des aéronefs mis en situations. Spitfire, Hurricane, Tempest, Mosquitos, Messerschmitt BF109, Focke-Wulfe 190A ou D, Stuka, etc. Tout ça vire-voltait de page en page, donnant de cette époque tragique un aspect quasi-ludique totalement déconnecté de la réalité et exaspérait mon père qui avait combattu (plus tard) à bord de zincs de reconnaissance sans jamais nous avoir rien dit des guerres dont il portait à jamais les stigmates physiques et mentaux. C’est la raison pour laquelle, je pense, il m’avait offert ce livre de Clostermann, histoire de m’ouvrir les yeux et de dire un peu de ce qu’il ressentait lui-même.

    « Le grand cirque » est le récit, extrêmement bien écrit, des combats menés par un des as des Forces Aériennes Françaises Libres (FAFL) au sein de la légendaire Royal Air Force (RAF). Par la suite, j’ai lu bien d’autres témoignages de ces hommes qui ont combattu l’Allemagne nazie dans le ciel d’Europe — notamment « Les carnets » du commandant René Mouchotte et « Les arènes du ciel » de Marcel Verrier de l’escadron Normandie-Niemen ou, bien sûr, le remarquable « Pilote de guerre » d’Antoine de Saint-Exupéry — tous poignants, tous passionnants et tous tragiques.

    Mais, du moins, « Le grand cirque » avait-il décidé de deux choses essentielles. Un, ma vocation : je serai pilote de chasse. Deux, ma fidélité à l’Armée de l’Air. Pour le premier point, la myopie s’est chargée de me ramener à de plus modestes ambitions. A défaut de pouvoir piloter des avions de chasse, j’en ai construit (et encore aujourd’hui) des escadres entières à l’échelle 1/72° qui avaient le don de désespérer ma pauvre mère qui en trouvait partout.

    Bien sûr, la première chose que l’on retient, à onze ans, c’est le côté épique de cette aventure mais les sentiments que livre l’auteur, même si l’on n’est pas tout à fait capable d’en mesurer toute la portée et la profondeur, imposent un autre regard sur ce qu’il a vécu, loin des fanfaronnades ridicules des bédés débiles et ultra-guerrières. Par la suite, en vieillissant, le côté un peu « technique » de ces récits de combats aériens tend à s’effacer derrière l’humanité des personnages.

    La plupart des témoignages que j’ai lus sont de simples récits d’actions, de situations qui racontent, en quelque sorte, la guerre au quotidien en resituant les événements dans un contexte qui reste cependant très difficile à appréhender, le tout mâtiné de considérations personnelles sur la détermination de ces pilotes, leurs doutes, leur fatigue et leur douleur à la perte des camarades. Cette longue litanie des noms de ceux qui ne rentraient pas, mission après mission. Il n’y a pas de fanfarons dans ces histoires, juste des hommes qui accomplissent un travail, leur devoir, en essayant de ne pas se poser de questions ni de trop penser au lendemain.

    Richard Hillary était un jeune anglais engagé dans la RAF, pilote de Sptifire, avec quelques compagnons qui se faisaient appeler « les types aux cheveux longs ». Il se destinait à l’écriture et, s’il avait vécu, il serait probablement devenu un grand écrivain britannique car son style est limpide, captivant et d’une apparente facilité.

    La relation qu’il fait de sa courte vie de pilote de chasse durant la bataille d’Angleterre est tout simplement remarquable. Mais plus peut-être que les textes des Français qui ont participé aux mêmes combats — à l’exception de Saint-Exupéry qui, bien sûr, questionne beaucoup le sens des événements en y recherchant l’humanité et auquel il s’apparente à bien des égards — celui d’Hillary est aussi une longue introspection sur le sens du combat mené, sur celui du patriotisme et sur une certaine vacuité de cette jeunesse dorée britannique, sortie des grands collèges, à la fois généreuse et ouverte au monde aussi bien qu’arrogante, voire suffisante, égoïste même, et sûre de pouvoir en changer la nature par sa seule existence. Hillary parle de ces jeunes hommes qui affectaient de ne pas être patriotes (le patriotisme de commande, selon eux) voire de mépriser la « patrie » et qui peu à peu ont pris conscience qu’ils étaient, malgré leur indiscipline, de redoutables obstacles à l’expansion nazie, acceptant dès lors de mourir les uns après les autres en refusant les grands discours, les envolées lyriques sur la défense de la Démocratie, simplement parce que leur sacrifice était nécessaire.

    Hillary a voulu témoigner pour ces amis disparus, pour dire qui ils étaient et aussi ce qu’ils n’étaient pas :

    C’est avec hésitation que je me suis mis à écrire ce livre car je sentais que quiconque essaierait d’expliquer le choc moral produit par cette guerre sur la jeunesse de mon pays — choc qui dépasse les faciles emballements de l’écran — devrait le faire d’une façon compétente et digne du sujet. Je ne sais si j’ai réussi. J’étais à la fin tellement dégoûté des rengaines sur la « Forteresse Angleterre » et sur les « Chevaliers de l’Air » que je me suis décidé à écrire tout de même ce livre. Je l’ai fait dans l’espoir de faire comprendre à la prochaine génération que, si nous étions stupides, nous ne l’étions pas entièrement ; nous nous souvenions bien qu’on avait déjà vu tout cela dans la dernière guerre mais que c’est malgré cela et non à cause de cela que nous étions persuadés qu’il valait encore la peine de se battre cette fois-ci.

    Ce n’est pas seulement le sort de l’Angleterre qui s’est scellé durant cette bataille aérienne gigantesque mais celui de l’Europe entière. Ils ont été nombreux ces pilotes anglais, polonais, tchèques, norvégiens, belges, français, hollandais, etc. à donner leur vie pour barrer la route à la folie hitlérienne. La Royal Air Force a sans doute écrit alors une des pages les plus tragiques et les plus glorieuses de son histoire. Mais c’est essentiellement grâce au courage du peuple britannique et à celui de cette poignée d’hommes si jeunes que la victoire finale fut rendue possible.

    Il est de bon ton parfois, aujourd’hui encore, de railler l’Angleterre en souvenir de ce vieil antagonisme historique qui opposa nos deux pays pendant des siècles. Par bonheur, il n’en reste aujourd’hui que quelques exercices obligés d’humour plus ou moins vachard, toujours empreints de mauvaise foi si ce n’est de vérités partielles et partiales et ce aussi bien ici que là-bas. Comme toujours, il en est encore pour prendre les choses au premier degré et voir dans l’autre plus qu’un concurrent, un possible ennemi. La connerie n’est pas une affaire de nationalité. Mais on ne dira jamais assez le respect et la reconnaissance que nous devons à l’Angleterre et aux peuples britanniques qui ont supportés seuls pendant longtemps le poids terrible de la guerre.
    Certains se complaisent encore dans l’évocation de l’épisode tragique de Mers-el-Kébir, symbole de la perfidie et de la francophobie anglaise. Mais nul ne peut nier, et cela quels que furent les calculs politiques et stratégiques du gouvernement anglais de Winston Churchill, que c’est grâce à l’Angleterre que la France a pu prendre place aux côtés des vainqueurs et retrouver son honneur.

    Richard Hillary a voulu pour épitaphe ces vers tirés de Gaspard Hauser de Paul Verlaine :

    Bien que sans patrie et sans roi
    Et très brave ne l’étant guère,
    Je voulus mourir à la guerre :
    La mort n’a pas voulu de moi.

    La mort a fini par vouloir de lui. Elle l’a emporté à l’âge de 23 ans. Grièvement brûlé une première fois, il avait voulu reprendre son service alors qu’il aurait pu se retirer et panser ses cruelles blessures sans que personne ne songe à s’en scandaliser.

    Pierre Clostermann dédiait son « Grand cirque » à ses camarades pilotes de la RAF qui sont morts eux aussi pour la libération de la France, à tous ces hommes à qui nous devons tant et sur qui l’oubli tombe si vite.

    Je voulais rendre hommage à leur courage et à leur sacrifice.

    Merci à eux.


    Le dernier ennemi - Bataille d’Angleterre, juin 1940-mai 1941 - Richard Hillary - Editions Tallandier, collection Texto - Préface d’Arthur Koestler

    Vous savez comme moi comment ils sont les minots, toujours à fanfaronner, à se croire invincibles, immortels et à prétendre savoir toujours tout mieux que personne. Ils n’ont forcément aucun besoin d’un conseil et encore moins d’une quelconque mise en garde puisque rien ne peut leur arriver. Et si jamais ça arrive quand même, ils se gardent bien d’aller se vanter de leur mésaventure, des fois qu’on abimerait un peu plus leur petit ego cabossé d’un "je t’avais prévenu" qui signerait l’humiliation suprême. C’est déjà bien assez de devoir passer sous les fourches caudines des vieux, toujours à s’inquiéter d’un rien et à faire perdre leur précieux temps aux jeunes aventuriers.

    Celui-là, il était bien à point. Je ne sais pas depuis combien de temps il poussait son brêlon sous le cagnard impitoyable et par 32°C au bas mot mais s’il avait jamais été arrogant et suffisant dans sa vie antérieure, il n’en gardait plus aucun vestige visible. Cramoisi, qu’il était le gamin. Et humble. Nous, on croisait tranquilles comme Baptiste sur la route D66 qui monte au col Saint-Sébastien, en direction de Mens. C’était vers les 17h30. Je me suis arrêté à son côté pour savoir de quoi il retournait. Il devait avoir dans les 16 ou 18 ans et il ruisselait toute l’eau de son corps à pousser une sorte de trail 125 cc. Nous, on n’avait plus de flotte, malheureusement, et il nous tardait justement d’arriver à Mens pour boire un bon coup. Lui, il s’était vautré, qu’il nous a dit, et depuis plus moyen de faire démarrer son bourrin. Mais besoin de rien. Personne à prévenir à Mens qui était sa destination, soi-disant. Et puis têtu comme une mule, le jeunot. Il ne voulait rien savoir, rien dire, un peu méfiant peut-être ou incrédule de voir que deux adultes veuillent l’aider. Ou trop timide pour accepter, allez savoir. Il était à deux doigts de défaillir mais tout allait bien, promis, juré.

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    C’est ce bon Benoit — Iksevéï ou B16, le pape, quoi — qui avait fait cette découverte en janvier dernier, si l’on en croit RMC : le mariage des homosexuels mettrait l’humanité en danger. Et là, on rigole déjà moins, hein ? On fait moins les fiérots avec ces idées droitdelhommistes, égalitaristes et tout ça. Il est bien gentil le pape, faut dire, de bien vouloir supporter l’existence de tous ces homo même que, déjà, être homo c’est une déviance contre la nature que dieu il nous a donné à son image. Alors faudrait voir à pas pousser le bouchon du cochonnet trop loin à vouloir se marier, en plus, car quand on est malade comme ça, c’est carrément comme qui dirait le renier, le bon dieu !
    D’après B16, il aimerait pas trop les gouines et les pédés, le bon dieu. Mais chut, c’est confidentiel. C’est pas de l’intolérance divine, que non ! C’est juste comme ça. Ça se discute pas. On n’y peut rien, voilà ! C’est comme qui dirait un dogme et faut être pape ou, à la rigueur, prêtre pour comprendre le pourquoi de l’affaire. Peut-être une expérience peu concluante, un coup foireux ? On sait pas vraiment. En tout cas, il a pas l’air de vouloir plaisanter avec ça, dieu, à ce qu’il dit le B16.

    Et attention, c’est pas seulement chez les cathos ! Non, non, non ! Parce qu’on pourrait dire : « Ouais, en vrai, c’est le chef des cathos qu’est juste homophobe, les autres ils sont hémophiles. » Ben non, justement, c’est aussi comme ça dans les autres religions et sous-sectes de tous types. C’est dire s’il a de la suite dans les idées, le bon dieu. Il a verrouillé le système. Chez ces gens-là, dès qu’ils voient un(e) homo, ils te se font des signes de croix partout, des incantations, ça te balance de l’encens et des herbes hallucinogènes en pagaille, ça se lamente en se tapant la tête contre les murs, ça fait des prières et tout ça, rien que pour faire vader rétro le ou la satanas. Pas toucher, des fois que ça soit contagieux. Alors, finalement, le mieux, c’est encore de les brûler ou de les lapider, leur faire très mal à ces saloperies de vermines. Brrrrr ! Y en a des qui sortent carrément le goudron et les plumes et même les battes de base-ball ou les barres à mine, histoire de corriger comme il se doit ces anomalies insupportables. Un peu comme pour les Juifs, en somme. D’ailleurs, on se souvient qu’à une certaine époque le protocole des soins à prodiguer était sensiblement le même.

    Bon, okay, aujourd’hui, tout ça s’est un peu calmé mais il y a encore des bien malades, des purs et durs, genre Civitas ou les salafistes (y en a d’autres), des trucs bien fachos, qui n’hésitent pas, dans cette société décadente, à bouffer du pédé au nom d’une saine morale d’essence divine et pour se rassurer aussi un peu sur leurs propres orientations sexuelles. Car c’est horrible, bien sûr, de vivre avec ce genre de doute. Ils aiment bien s’attaquer à des cibles faciles, ces psychopathes, ça les rassure sur leur virilité, sans doute. Tellement d’ailleurs que dans certaines « sociétés », dans certains groupes, portant haut les valeurs raffinées de l’Homme-le-vrai, on prend son pied en sodomisant les impétrants qu’on désigne sous le vocable de « bleus » ou de « bizuths ». Le plus beau est que ces gens-là se considèrent souvent, ou sont considérés par le reste de la société, comme constituant une élite exemplaire alors que, ce faisant, ils ne sont que de la graine de bourreaux. Allez comprendre !

    Ainsi, l’humanité sera en danger si les gays se marient. Voilà donc notre bon Benoit qui vient nous jouer les haruspices après avoir tenté de lire sa prophétie dans les entrailles de Boy George, lequel n’était évidemment pas trop partant en plus d’être Anglais, contraignant B16 à se rabattre sur J23, de moins bonne qualité quoique mieux disposé. Quand on pense que Madame Irma et sa boule de cristal pouvaient nous sortir les mêmes fadaises pour un prix incommensurablement plus modeste, on mesure les substantielles économies que l’église catholique pourrait réaliser par ces temps de crise en supprimant purement et simplement ce poste et ceux qui gravitent autour. Bien sûr, ce ne serait hélas pas la garantie de ne plus entendre ces tristes pitres nous agonir de conneries.

    Mais après tout, il n’est ni surprenant ni anormal que l’église défende ses dogmes les plus archaïques avec autant de zèle. Il est toujours sain de pouvoir se souvenir que derrière la façade toute de tolérance affichée qu’elles se donnent parfois, les religions ont beaucoup de difficultés à supporter la contradiction. Ça te parle d’amour alors que ça pense soumission. Et quand bien même leurs ouailles seraient adeptes du « laisser-faire » en vertu du principe, somme toute raisonnable, qui veut que chacun mène sa vie comme il lui plaît, il se trouvera forcément un hiérarque pour dire tout le mal que son église pense de cette liberté car les religions se donnent surtout pour vocation de régir nos vies jusque dans leurs recoins les plus intimes.

    S’agissant du mariage, il faut bien reconnaître qu’elles ont la primauté dans l’énoncé du principe. Ce qui est surprenant, c’est qu’un état laïque le reprenne dans ses grandes lignes sans rien y changer alors qu’il ne respecte pas l’égalité de tous devant la loi. Pourtant, d’un point de vue laïque, le mariage n’est pas et ne peut pas être un sacrement même si la Révolution a voulu un temps singer l’église. C’est simplement un acte public par lequel la société enregistre le désir de deux personnes de vouloir vivre ensemble et de s’entraider en partageant leurs ressources, dans certaines conditions précisées par un contrat spécifique ou généraliste. Ce n’est pas non plus un outil de politique nataliste puisque qu’il n’y a pas de lien entre l’acte public civil de mariage et la procréation. On peut avoir des enfants hors mariage ou ne pas en vouloir en étant mariés. Et l’État dispose d’autres moyens pour favoriser la natalité si le besoin s’en fait sentir, ce qui n’est pas le cas en permanence, et sans avoir recours à une morale religieuse.

    En réalité, le seul mariage civil conforme aux principes républicains et laïques, c’est le pacte civil de solidarité (PACS). Certes, ça manque un peu de décorum, ce qui convient parfaitement à certaines personnes mais je ne vois aucune raison pour que le PACS soit privé de la mairie ou que le mariage civil ne soit pas contracté au tribunal d’instance. Le reste n’est que fioritures laissées à l’appréciation de chacun.

    Quant à l’aspect familial que le mariage serait censé induire et garantir dans le seul intérêt des enfants, c’est se moquer du monde que de prétendre que le bonheur de ces derniers relèverait de l’hétérosexualité de leurs parents. Les faits-divers dont nos journaux sont si friands démontrent jusqu’à l’écœurement que les enfants sont souvent mis en danger par leurs propres parents à qui on ne pratique pas d’expertises psychiatriques a priori pour déterminer s’ils sont aptes à les élever ou non. S’il s’agit de donner amour, protection et éducation à un enfant, je ne vois vraiment pas ce qui disqualifierait les homosexuels sauf… l’homophobie d’une partie de la société pour refuser de reconnaître leur humanité pleine et entière en leur reconnaissant simplement l’égalité des droits.

    On trouve à ce propos des arguties à vomir comme Marion Sigaut qui voit dans le mariage des homosexuels un simple prétexte pour la création d’un droit exclusif aux homosexuels sur les enfants des autres au travers du droit à l’adoption. On ne voit en effet absolument pas pourquoi, alors qu’il s’agit d’instaurer une égalité de droits, redisons-le, il deviendrait plus facile d’adopter sous prétexte d’homosexualité alors que le problème de l’adoption (plénière) est justement le « manque » d’enfants pouvant en bénéficier. Pourtant, à bien y réfléchir, l’adoption est fondamentalement un droit donné à des gens sur des enfants qu’ils n’ont pas conçus. Le genre des parents adoptifs n’y change rien. Bien sûr, dans l’abjection, il est difficile de faire plus fin et délicat que Civitas qui promeut une campagne, évidemment reprise par Minute, où l’on voit deux hommes nus de dos, portant le drapeau arc-en-ciel, avec cette légende : « Confieriez-vous vos enfants à ces gens-là ? »
    D’autant plus surprenant que, dans notre société, même les fachos ont le droit d’en élever…

    D’autres, plus modérés et développant un argumentaire assez proche du mien, en viennent à la conclusion opposée, ce qui est bien sûr leur droit, en posant des questions assez surprenantes : « Mais une fois le mariage accordé aux homosexuels, comment pourra-t-on justifier l’interdiction du mariage incestueux ? Comment argumenter l’obligation de fidélité entre époux ? Quelles raisons invoquera-t-on pour s’opposer à la polygamie ? On ne pourra invoquer que la tradition, celle-là même qui s’oppose au mariage des homosexuels… »
    Un mélange des genres un peu incongru tout de même. Si la « tradition » et la loi interdisent le mariage incestueux, c’est peut-être aussi en raison des conséquences génétiques engendrées par ces unions. Mais enfin, même dans les familles les plus permissives, il est rare que les enfants d’une même fratrie s’aiment à ce point. Cela n’est pas une aspiration sociétale significative. L’obligation de fidélité ? En quoi est-elle incompatible avec l’homosexualité et en quoi la loi empêche-t-elle l’infidélité ? Quant à la polygamie/polyandrie, en vertu du droit de chacun à conduire sa vie comme il l’entend, je ne vois vraiment pas pourquoi elle est interdite en termes d’union civile lorsqu’elle n’est pas contrainte.

    Pour tout dire, les religions nous emmerdent à vouloir sans cesse intervenir dans nos vies. Ces gens-là sont les premiers à hurler à l’intolérance quand on se permet de les critiquer ou de les caricaturer mais ils ne se privent pas, eux, pour afficher la leur. De la très catholique prière à Marie du 15 août prochain, façon Sauvez la France, pour les uns, aux voiles et fanfreluches des autres, ce n’est que prosélytisme partout. Alors oui, je le dis, la seule façon de garantir l’égalité de tous devant la loi, c’est de vider les actes civils de toute connotation religieuse et d’appliquer et de faire respecter la loi de 1905 de séparation des églises et de l’état partout sur le territoire de la République. Cela n’empêche nullement tout un chacun d’agir ensuite en vertu des principes et des dogmes qu’il s’est librement imposés, selon ses croyances et, surtout, sans emmerder ses voisins. Basta !

    Pour finir, une fois n’est pas coutume, saluons une déclaration sur le sujet faite par Nadine Morano sur RTL. Ben oui ! Le bulot neurovégétatif a eu une pensée qui la rapproche temporairement du monde de l’intelligence. Il est cependant à craindre que l’effort consenti soit fatal à son neurone et nous prive de ses lumières pour un nouveau cycle de plusieurs siècles. Mais, même si ça reste très incomplet et surprenant, ça valait quand même la peine d’attendre ce moment rare comme le passage d’une comète. Comme quoi, l’homosexualité peut être source de miracles…

    Dieu soit loué ! Et pis, c’est tout !

    Sports de voiles

    dimanche 29 juillet 2012, par Marc Leblanc

    Il paraît que, en Egypte, a été lancée la première chaine télé 100 % musulmane et 100 % féminine. Elles sont toutes voilées, les filles qui y bossent, des présentatrices aux techniciennes, y a pas un poil qui dépasse. Il paraît même que le seul mec qui ait le droit de s’y rendre est le proprio. Encore un gros malin qui se constitue son harem !

    Le problème, apparemment, c’est que les Égyptiens sont, paraît-il, fétichistes à un point qu’on a du mal à imaginer et que la vue de ces nanas en niqab ou en hijab et tout ça, les met dans des états pas possibles. Au point que leurs femmes, à qui était censée être réservée cette chaine, se plaignent maintenant que leurs mecs arrosent plus souvent leur écran de télé que leurs petits jardins secrets à elles. C’est malin !

    A quoi ça tient l"érotisme ?

    Surtout que la chaine n’est pas cryptée, semble-t-il, et que les émissions holé holé sont diffusés après minuit comme dans certains pays laïques. Là, on imagine aisément la folie que ça doit être de voir toutes les pornostars égyptiennes s’envoyer en l’air sous leurs voiles sexy en récitant des sourates.

    Bon, tout ceci est faux, bien évidemment, hormis la création de la chaine à voiles. C’était juste histoire de détendre finement l’atmosphère. Quand même, ça valait bien la peine de faire une révolution pour en arriver là. Les Tunisiennes et les Libyennes vont certainement en pâlir de jalousie, au train où vont les choses. Il n’est pas impossible que d’ici peu ces pays se retrouvent à la case départ après avoir échangé des dictatures laïques contre des dictatures religieuses. Ça va motiver à mort les Syriens, ça, surtout quand on pense que leurs principaux soutiens sont les Saoudiens et Al-Qaïda. Et qui c’est qui va encore avoir l’air con dans l’histoire ?

    Il faut dire que l’époque est à la libération de la femme. La Fédération Internationale de Football Association (FIFA) vient d’autoriser, sous la houlette d’un de ses vice-présidents, un prince jordanien frère du roi du coin, le port du voile pour les footballeuses. Et tout ça, non pas parce que c’est un signe religieux, ce qui contrevenait aux règles de la Fédé, mais parce que c’est une coutume culturelle. Et personne n’a rien trouvé à y redire. C’est fort ! Faut dire aussi, que le Qatar va organiser la Coupe du Monde dans quelques années (en 2022 pour être exact). Même si c’est celle des hommes, mieux vaut pas trop contrarier ces gens qui ont tant de pognon et qui peuvent s’offrir tant de clubs de foot de par le monde et en particulier chez nous.

    Le Comité International Olympique n’est d’ailleurs pas en reste. Ces gros couillons avaient exclu l’Afrique du Sud du temps de l’apartheid jusqu’à ce que Mandela n’y prenne le pouvoir mais ça ne leur était pas venu à l’esprit de s’en prendre à tous ces pays qui n’envoyaient aucune femme dans leur délégation. Ce qui est contraire à la charte olympique qui interdit toute discrimination. Finalement, ils ont fini par s’intéresser à la question après s’être fait un peu secouer les plumes mais ils ont aussi fini par céder aux exigences des Iraniens, notamment, qui avaient monté des jeux islamiques où les femmes pouvaient participer librement mais à condition d’être voilées. Du coup, la chose a été étendue aux JO, en contravention formelle avec la charte qui interdit toute expression politique ou religieuse. On se souvient que, en 1968 à Mexico, deux athlètes américains avaient été exclus pour avoir brandi leurs poings pour défendre les droits civiques des Noirs.

    Ici et là, des voix se sont élevées contre ces capitulations assez peu glorieuses qui galvaudent l’esprit du sport et bafouent la liberté des individus. Il est vrai que ces instances ne brillent qu’assez rarement par leur défense des valeurs universelles ramenées de plus en plus souvent à de simples valeurs occidentales au nom de la relativité interculturelle. Pourtant la liberté de conscience, ça ne se discute pas, me semble-t-il même pour une Iranienne. Et personne ne nous fera croire que 100 % du peuple iranien est musulman ou que 100 % des musulmans iraniens sont pratiquants. La seule chose dont on peut être sûr, c’est qu’on ne verra pas une seule femme non voilée dans la délégation iranienne. Ce n’est certainement pas promouvoir le sport pour tous que d’accepter ces dérives prosélytes et intolérantes.

    Bien sûr, on peut toujours prendre les choses à la rigolade en moquant ces filles couvertes de la tête au pied se défonçant sur les stades et sur les terrains par des températures caniculaires. Ou s’extasier devant leur prouesse. C’est sûr qu’entre les culs des Brésiliennes au volley de plage et les tuniques des Iraniennes et autres Jordaniennes au 400 m ou au foot, y a pas photo. Mais le sport, ce n’est pas que ça, quand même. On rigolera sans doute moins si, un jour, un de ces pays organise ces si sublimes manifestations pompes-à-fric et propagandistes et imposent à nos athlètes de respecter leurs coutumes au nom de la relativité des cultures et de l’égalité entre les concurrentes. Et, en attendant, celles qui n’acceptent pas ce diktat religieux sont obligées soit de renoncer, soit de s’exiler pour pratiquer leur sport !

    Pour en savoir plus, le mieux est de lire le livre d’Annie Sugier, présidente du comité Atlanta luttant contre la discrimination des femmes dans le sport, et qui publie aux Éditions Jourdan, « Femmes voilées aux Jeux olympiques. »

    Édifiant !

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