24 mai 2014

  • [Blogue] L’Europe ? Quelle Europe ?

    35 ans de trahisons

    Voilà belle lurette que j’ai perdu la foi en l’Europe. Car, aussi surprenant que cela puisse être, il y eût une époque dans ma vie où l’Europe m’a vraiment fait rêver avec ses promesses de paix et d’amitié entre les peuples du continent et tous les autres, de prospérité, de lendemains enchanteurs, de partage. De bonheur, en somme. En ce temps-là, nous étions jeunes et larges d’épaules, ainsi que le chantait naguère le grand Bernard Lavilliers, et la vie nous semblait emplie de promesses à accomplir, à saisir, à portée de mains. C’était un temps où malgré la fameuse barrière de la langue, parfois, mais qui n’en a jamais été vraiment une, l’Europe consistait à aller à la rencontre des jeunes des autres pays et à échanger et à parler avec eux, jusqu’à l’extinction de voix, du monde que nous voulions construire, tellement différent de celui de nos parents, tellement plus beau, plus grand, plus dynamique ! Quel plaisir que de sympathiser avec Dick, le Néerlandais, ou Gill, la belle anglaise rousse, Inge et Mark, les Allemands, Livia, la jolie Italienne, Adèle, la non moins jolie Belge ou encore Pedro l’Espagnol et tous leurs amis, rencontrés au détour d’un camping en Ardèche ou au festival d’Avignon, parfois dans un train en rentrant à la maison pour les vacances scolaires.

    Ce n’était pas encore l’Union Européenne que nous connaissons aujourd’hui, tout juste le Marché Commun, l’Europe des Six. Certains n’en faisaient pas encore partie (Grande Bretagne, Espagne, Danemark...) mais cela importait peu car notre Europe de jeunes n’avait cure des finesses politiques ou économiques. Le monde serait forcément ce que nous voulions qu’il soit. Et puis, c’était aussi de cette façon-là qu’on nous la vendait, l’Europe, façon Bisounours attardés, tandis que les gens sérieux planifiaient la suite. Il a quand même fallu attendre 1992 et le référendum sur le traité de Maastricht pour qu’on commence à se préoccuper de notre avis. Et encore, comme pour les traités suivants, en évitant de trop compliquer le débat : « T’es gentil, tu votes oui, t’es vilain, tu votes non ! »
    Jusque-là, personne n’avait jamais vraiment songé à consulter les citoyens sur le projet lui-même et sur les extensions successives du traité de Rome à de nouveaux pays. Comme une évidence qui voudrait que les pays européens au sortir de la guerre n’avaient pour seule préoccupation que de s’unir dans un grand élan de solidarité et d’amour partagé. Qui pouvait bien songer à aller contre ça ? C’est d’ailleurs une manie depuis l’origine : il semble que la construction européenne et ses traités ne supportent ni la grande lumière ni le suffrage universel. Mais les finalités de cette construction, les formes à donner à cette entité, rares étaient ceux qui osaient réellement exposer leur vision sans circonlocution ni langue de bois. Dissolution des états dans une fédération de régions ? Fédération d’états ? Simple association ? Quels abandons de souveraineté ? Quelles conséquences sur nos organisations administratives, sociales, économiques, démocratiques ?

    Du reste, c’est encore le cas aujourd’hui. Le schéma n’a guère changé, finalement.

    On nous dit, comme en 1992 ou en 2005, que ne pas approuver l’Union européenne telle qu’elle existe aujourd’hui, c’est ne pas aimer l’Europe, c’est être anti-européen, comme si, en définitive, il ne pouvait y avoir d’alternative. Il faut bien reconnaître qu’on a entendu des arguments bien plus motivants pour aller voter. Guy Verhofstadt, ancien premier ministre belge et candidat libéral à la présidence de la Commission européenne, soutenu notamment par les centristes français UDI-MODEM (Borloo, Bayrou et compagnie) nous joue sa petite partition de violon en nous invitant à ne pas envoyer au parlement des gens qui n’aiment pas l’Europe. Toujours l’amour !... Mais c’est quoi aimer l’Europe, au juste ? Voter pour des gens qui approuvent les choix clairement ultra-libéraux du Conseil européen et de la Commission, la casse des systèmes sociaux, la destruction des règlementations du travail, les politiques d’austérité qu’ils ont imposées partout sur le continent avec la complicité des gouvernement nationaux ? Mais qui assume ces choix-là ? A les en croire, tous, aucun n’y a jamais pris part puisque rares sont ceux qui en parlent dans les partis qui soutiennent la politique européenne actuelle. On est juste priés d’aimer l’Europe car elle nous a épargné la guerre, que nous ne serions plus rien sans elle et que c’est bien, l’Europe, quoi, merde ! Et on nous le dit avec cette arrogance teintée de mépris et d’une pointe d’agressivité pour réduire au silence toute velléité de contestation. Du genre : « Ecoute petit, tu comprends rien à l’affaire mais crois-moi sur parole, l’Europe c’est trop bon ! » C’est sûr, vu comme ça !

    Du côté du PS, qui fut paraît-il un grand parti de gauche, il y a longtemps, on fait semblant de découvrir que l’Europe sociale fait un peu grise mine. Pour tout dire, elle n’a jamais vraiment été au centre des débats et n’a même pas connu un semblant de début de commencement qui pourrait faire penser qu’elle existe. Et ça commence à se voir sérieusement en cette période de laminage des peuples, alors que les socialistes européens n’ont jamais été très loin des centres de pouvoir. Du coup, promis-juré, ils vont nous en mettre partout du social et on est priés de leur faire confiance car, cette fois, c’est sûr, pas de dédit, pas de retournement de veste, pas de baisse de frocs. Croix de bois, croix de fer, rien de ce qui est mauvais pour les peuples ne passera plus par eux. Comme s’ils n’étaient pour rien dans la mise en œuvre des politiques qu’ils feignent de condamner (du bout des lèvres, faut pas exagérer). Martin Schulz, leur candidat, nous en prie : « Ne nous trompons pas de colère ! » dit-il. C’est déjà bien qu’il se soit rendu compte qu’on ne baignait pas dans la bonne humeur mais ça va être un peu court pour la faire revenir. D’autant que rien ne semble annoncer de grands changements en termes de politiques économiques, au contraire ! Pourtant, ce n’est pas faute de forcer le trait. Aux innocents les mains pleines : Schulz n’était pas là ces dernières années, il était juste président du parlement, sans droit de vote. Alors, c’est pas sa faute si ses amis ont fait des bêtises avec les libéraux. Mais voir les socialistes français se ranger sous la bannière de Schulz a quelque chose de croquignolet car l’homme fait plutôt figure d’un anti-Jaurès. Le 17 avril dernier, en clôture du meeting qui lançait sa campagne en France, il citait Edmund Burke, philosophe irlandais connu pour être le premier opposant à la Révolution Française. Bref, un modèle de conservatisme anglo-saxon. Comme si un homme qui se dit socialiste (même un social-démocrate allemand) n’avait pas dans sa bibliothèque des bouquins d’auteurs socialistes, même une simple anthologie, où puiser une pensée un peu motivante et plus en phase avec ce qu’il prétend être. Et sauf erreur de ma part, c’est le même qui, en qualité de président du parlement européen, souhaitait que le pape vienne s’y exprimer. Et hop ! Un bon petit coup de pied au cul de la laïcité ! Et qu’ont-ils dit de tout ça les socialos ? Boh, rien ! C’est sûr : n’est pas Jaurès qui veut !

    A l’UMP, le grand parti de la droite et du centre, comme ils se définissent eux-mêmes, tout va bien ou presque. C’est juste qu’il faut dire non à Hollande sinon, ça baigne. Il faut plus d’Europe, plus de libéralisme, tout ça. Rien de surprenant, finalement. C’est l’UMP, quoi ! On aime ou on n’aime pas. Moi je n’aime pas et ce n’est pas d’hier. Avec ou sans Sarko, l’UMP, c’est la médiocrité élevée au rang de programme politique, l’alignement sur l’Allemagne de Merkel et les Etats-Unis. Comme le PS ? Oui mais en plus démago encore. Sans le mariage pour tous mais avec l’intolérance et le racisme d’état à portée de main. Comme le FN, alors ? Pas loin. Le FN qui se la joue presque parti révolutionnaire, prêt à tout casser comme sa Marine que retenez-la ou elle va faire un malheur au nom de la France éternelle, chrétienne et blanche, de la laïcité anti-musulmane, de la République si vraiment vous y tenez, du peuple opprimé par le « système » et, bien sûr de la race. Car la France, tu l’aimes ou tu te casses et les étrangers, c’est tout leur faute. D’ailleurs, l’Europe en est pleine. Si ! Mais bon, à part ça, c’est un parti (d’extrême-droite) comme un autre, hein ! C’est à dire qu’ils s’aplatiront devant le « système » dont ils prétendent être les grands contempteurs mais dont ils sont en réalité les meilleurs valets. Voter pour le FN en espérant changer l’Europe (ou même seulement la France), c’est comme confier le ministère des droits de la femme à un taliban.

    On fait mine, ici ou là, de s’étonner du peu d’intérêt des citoyens pour cette élection. Mais qui veut vraiment ouvrir le débat, hormis ceux qui veulent changer de politique ? Depuis deux mois, il y avait grandement le temps de donner la parole aux différents protagonistes. Au lieu de quoi, on a vu une formidable mise en valeur du Front National dans la plupart des grands médias, comme pour les municipales, tantôt comme un épouvantail pour ramener vers les partis dits « de gouvernement » les brebis égarées, tantôt pour le présenter comme la seule alternative à l’abstention pour les déçus et victimes de l’Europe. La seule alternative ? Vraiment ? Il est vrai que tous ceux qui osent remettre en cause cette Europe-là sont qualifiés de populistes, ce qui permet de les renvoyer dos-à-dos avec le FN, selon le précepte bien connu qui veut que les extrêmes se rejoignent. En arriver à ce niveau d’argumentation en dit long sur l’état du débat politique en France. Il aura fallu attendre quasiment la dernière semaine de la « campagne électorale » pour qu’on commence à parler du projet de grand marché transatlantique (GMT ou TAFTA ou TTIP) dans ces mêmes médias, alors que depuis deux ans Attac ou le Front de Gauche tirent la sonnette d’alarme sur ces négociations menées dans le plus grand secret entre les Etats-Unis et la Commission européenne. Et les autres ? Silence radio. Récemment, sur France 3 [1], lors d’un « grand » débat réunissant diverses personnalités politiques représentant les grandes tendances, notamment José Bovet (Europe Ecologie), candidat à la présidence de la commission européenne et Raquel Garrido, tête de liste du Front de Gauche, il était touchant de constater la quasi-communauté de vue entre Pierre Moscovici du PS, Brice Hortefeux de l’UMP et Guy Verhofstadt, déjà cité plus haut, pour écarter d’un revers de main toute dangerosité de ce traité pour la simple raison qu’il n’était pas encore conclu et que, bien sûr, vous pouvez les croire sur parole, il n’était pas question de remettre en cause les normes sanitaires européennes face aux pressions étasuniennes, pensez donc ! Même que si ça leur plait pas, c’est bien simple, ils voteront contre. Mais comment faire confiance à des gens qui ne voient déjà dans ce futur traité qu’une opportunité de gagner quelques dixièmes de points de croissance sans évaluer les conséquences sociales qu’il aura inévitablement et qui s’ajouteront aux politiques désastreuses déjà mises en œuvres ?

    Personnellement, je ne crois pas que ces élections changeront quoi que ce soit à la politique européenne. Je ne crois même pas que nous choisirons le président de la Commission comme on nous l’annonce (il serait issu du groupe ayant obtenu le plus grand nombre de sièges) mais qu’il y aura négociation entre une majorité parlementaire et le Conseil européen (les chefs d’états). Je ne crois d’ailleurs pas que l’Union européenne soit amendable dans sa forme actuelle car si on avait vraiment voulu faire une Europe sociale, on n’aurait pas commencé par signer des traités qui la rendent impossible. Je ne crois tout simplement plus à l’Europe ni que nous ayons quoi que ce soit en commun avec la plupart des pays qui constituent cette union. Je suis totalement opposé à la dissolution des états-nations dans une fédération de régions telle que nous y conduit la réforme territoriale à venir, la métropolisation et les régions transfrontalières qui en découleront car les peuples n’y auront aucune place, seule important la marchandisation de toutes les activités, à commencer par les services publics. Je ne crois plus en l’Europe protectrice, vecteur de progrès et de prospérité. Elle n’est plus qu’un outil d’asservissement des peuples aux intérêts d’une minorité transnationale. Elle n’est qu’une caricature de démocratie dans laquelle tout est mis en œuvre pour contourner la souveraineté populaire. Je pense même qu’à plus ou moins brève échéance, il n’y aura plus de démocratie du tout en Europe et que l’oligarchie prendra prétexte des soulèvements populaires à venir pour instaurer des régimes autoritaires.

    Je pourrais voter Nouvelle Donne, c’est vrai. Mais je voterai Front de Gauche. En sachant que dès le 26 mai, de toute façon, il faudra retourner au charbon et continuer le combat car tout sera à refaire.

  • Notes

    [120 mai dernier

    21 mai 2014

  • [Blogue] Ce SMIC qui ruine la France...

    On a beaucoup parlé du SMIC [1], ces derniers temps. Et pas que pour en dire du bien, notez, car il fallait nous démontrer que toutes nos misères, et celles de notre jeunesse en particulier, viennent de ce dispositif désormais accablé de toutes les tares économiques. C’est l’époque qui veut ça, avec son chapelet de dogmes gravés dans le bronze, sur la compétitivité, la concurrence libre et non faussée et sur ces intolérables nantis que sont les petites gens qui profitent d’une ribambelle d’aides sociales. C’est qu’elles seraient bien mieux utilisées, ces aides, à stimuler l’investissement et à abaisser le fameux coût du travail qui pèse sur nos vaillantes entreprises, surtout car il ne permet pas à leurs propriétaires de se payer sur la bête aussi grassement qu’ils le souhaitent. Vous verrez que, d’ici peu, oser réclamer d’être payés au SMIC, en plus de vous valoir d’être virés sur le champ avec pertes et fracas, vous vaudra en prime un procès pour outrage et d’être rangés dans la catégorie des ennemis de la France, de son économie et de sa compétitivité si précieuse. Déjà que là, même si vous ne dites trop rien, vous êtes coupables d’exister !... Je crains d’ailleurs qu’exiger le moindre salaire ne suive bientôt la même voie. Vous serez un traître à la Nation, un suppôt de l’anti-France. Pour un peu, on se croirait presque revenus au bon vieux temps du Second Empire ou sous la République de Thiers et de Mac-Mahon !

    Naturellement, ceux qui en parlent le mieux sont des gens dont les revenus se comptent en multiples du SMIC et, de préférence, de gros multiples. Un Pascal Lamy, par exemple — l’ex-directeur général de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) et qui serait, paraît-il, socialiste ou apparenté, non mais allo quoi ! — ça vous encaisse du 380 kilo-euro dans une année. Et ce n’est bien sûr pas suffisant car pour le remercier d’avoir mis tant de gens sur la paille, il aurait fallu, d’après l’intéressé lui-même, qu’on lui augmente son traitement de 25 %, histoire de compenser une retraite jugée trop faiblarde. On parie que ce n’est ni celle de la Sécu calculée sur ses 25 meilleures années ni celle de l’AGIRC ni celle de l’ARRCO ? Bien sûr.
    Donc, forcément, ce mec est qualifié pour venir nous parler des délices qu’offre une vie avec un salaire inférieur au SMIC. C’est que, voyez-vous, dans sa petite tête tout juste équipée du minimum requis pour appartenir à l’espèce humaine, la vie des gens pauvres s’illustre par l’imagerie acidulée et bonasse du bonheur sans prétention qui sait se contenter de peu et dans lequel la vraie richesse ce sont les enfants, les amis et la bouteille de gnole. Le Loto® du samedi, aussi, tiens, allez ! Ah, s’ils avaient conscience de leur bonheur, tous ces pauvres ! Loin des soucis de placements, de paradis fiscaux, de fiscalités optimisées. C’est bien simple : les pauvres, les « smicards », c’est toujours à se plaindre alors que ça paie même pas d’impôts !

    Pierre Gattaz, le fils de l’autre, ne dit bien sûr pas autre chose. Mais lui c’est un grand bourgeois nanti, profiteur et voleur, qui a tant souffert pour hériter de la fortune de son père, vous avez pas idée ! Car chez les Gattaz, on est grand comique de père en fils. Papa était déjà lui-même un autre méritant travailleur de force qui s’est fait lui-même en pillant l’économie nationale, en accumulant. Donc, c’est normal que chez ces gens-là, des parasites qui s’enrichissent du travail des autres, on ne se réjouisse pas à l’idée de verser des salaires à ses salauds d’employés alors que ça ampute son butin d’autant. Les payer sous le SMIC, c’est déjà beau quand on pense aux sacrifices consentis par de si grands patriotes obligés de limiter l’augmentation de leurs émoluments à une petite trentaine de pour-cents ! Et je vous fiche mon billet qu’il en est que ça exciterait de spolier ces malheureux de leurs comptes offshores. De la pure jalousie, faut dire, comme si c’était ça qui allait rendre les smicards plus heureux. Partager, c’est bien beau mais l’exemplarité et le mérite dans tout ça ? Que des communistes, je vous dis !

    Heureusement, on a plein de gens en costard-cravate ou tailleur qui se pavanent de longue devant micros et caméras ou dans les journaux pour disserter savamment sur les mérites de la France travailleuse et bonne fille, celle des patrons courageux qui donnent du travail, celle des créateurs géniaux, celle des rentiers désintéressés qui investissent dans nos entreprises, celle des éditocrates qui façonnent l’opinion, celle des politiciens et des hauts-fonctionnaires qui se sont taillés un système de partage du pouvoir et des profits sur mesure, etc. cette France si généreuse, donc, qui serait lourdement handicapée par les feignasses que nous sommes (salariés du privé, petits fonctionnaires, petits artisans/commerçants, chômeurs, retraités, etc.), ramassis de jaloux et d’envieux incapables de remettre en question leurs privilèges et cause de la faillite du pays aussi sûr que 2 + 2 = 4. Ils y vont franco car tout le monde sait que plus c’est gros mieux ça passe. Et puis, où est le risque puisque personne (ou si peu) ne réagit sauf pour désigner d’autres boucs-émissaires encore plus commodes ?

    Pourtant, on se dit que depuis le temps que les cotisations sociales prélevées sur les salaires égaux ou voisins du SMIC sont allégées, supprimées et transférées vers l’impôt (quand l’État songe à les compenser), si ça avait dû créer un seul emploi, on s’en serait certainement rendu compte. Non ? Mais eux, qui souvent ont fait de grandes écoles de commerce, d’économie, d’administration, de journalisme ou d’ingénieurs, qui donc sortent quasiment de la cuisse à Jupiter, ils ont réfléchi à la question, ça va de soi. Pas comme nous qui pensons bêtement que le pillage des richesses que nous contribuons à créer devrait être combattu pour utiliser les ressources autrement et mieux partager ces richesses. Non, eux, ils pensent [2] que si la baisse ou la suppression des cotisations sociales ne suffit pas, c’est donc qu’il faut baisser aussi les salaires, en commençant par les plus bas. Si ça c’est pas génial, hein, dites ? Évidemment, il n’y a aucune chance pour que ça fonctionne mais au moins, ça devrait nous rendre beaucoup plus réceptifs à la sainte parole ultra-libérale. Le but, c’est que bientôt, nous revendiquions de nous-mêmes d’être payés en salaires bulgares, grecs, polonais ou roumains, etc. La liste n’est plus exhaustive, hélas !

    Surtout ça permet d’introduire une notion révolutionnaire : celle du travail à la con tout juste payé une poignée de figues qui ne permettra pas de vivre mais qu’on intègrera dans les statistiques du chômage pour le faire baisser en masquant la paupérisation de ceux qui seront contraints de les prendre. Car, bien sûr, il y aura des gens qui les prendront. Ce salopard de Lamy le dit très bien : « Mieux vaut un boulot payé en dessous du SMIC que pas de boulot du tout. » C’est exactement comme le travail du dimanche dont personne ne veut, dans le fond, mais que certains sont contraints d’accepter s’ils veulent garder leur emploi et améliorer leur ordinaire. S’ils sont volontaires, c’est surtout pour ne pas crever, pas pour affirmer leur droit à la liberté de travailler quand et comme ils veulent.

    Devant tant de cynisme et de mépris, nombreux sont ceux qui rêvent de faire subir aux Lamy, Gattaz, Berger (Lolo de la CFDT), Sapin, Montebourg et consorts, des sévices dont les moindres consisteraient à les pendre par les parties génitales à des piques plantées sur la place de la Concorde à Paris. Ou de les plonger à poil dans un bain de goudron puis de les asperger de plumes. Ou bien encore, de les enfermer dans les cages de gorilles puceaux mais en rut car on sait, depuis Brassens, que ça nous ferait rire un peu.
    Il en est d’autres qui proposent de les aligner contre un mur et de les fusiller tout simplement car c’est une solution que la bourgeoisie, de laquelle nos drôles sont généralement issus, a souvent privilégié pour mater la classe ouvrière dans le passé.
    Enfin, d’autres qui atteignent ainsi des sommets de cruauté insoutenable, militent pour qu’on les condamnent à vivre jusqu’à la fin de leurs jours dans les conditions qu’ils veulent nous imposer, alors qu’il est clair qu’ils n’y survivraient pas et que, surtout, ils ne comprendraient pas un tel acharnement. Car ce qui est frappant chez la plupart de ces parasites, c’est leur totale absence de perception des dégâts que leur politique cause. Ou peut-être plutôt, leur aveuglement qui leur permet d’afficher une belle candeur lorsqu’ils affirment, la main sur le cœur et la bouche en cul de poule, vouloir œuvrer pour la France et les Français. Fermez le ban !

    C’est vrai qu’ils sont très forts : ce ne sont pas les politiques d’austérité ni la casse des systèmes de protection sociale, de redistribution et de solidarité qui précarisent de plus en plus de citoyens et les fragilisent. Au contraire, ce serait le Code du Travail trop rigide et trop protecteur des salariés, outil de persécution dans les mains d’une Inspection du Travail qui ne songe qu’à réprimer alors que ces pauvres choux de patrons ont tant besoin d’être dorlotés et aimés ! Ce serait la seule juridiction sociale, les prud’hommes, qui plonge ces malheureux patrons dans l’insécurité en les condamnant lorsqu’ils enfreignent la loi. Ce seraient les cotisations sociales trop lourdes et la solidarité intergénérationnelle trop généreuse et dont nous n’aurions plus les moyens alors que la part des salaires dans la richesse créée ne cesse de diminuer depuis trente ans au « profit » de la rémunération du capital. Bref, ce n’est pas l’incroyable rapacité de l’oligarchie qui serait la cause de nos déboires mais notre intolérable prétention à vouloir vivre décemment.

    Il paraît que certains de ceux qui font le lit de ce libéralisme triomphant qu’ils ont choisi pour maître seraient socialistes ou apparentés.

    Autant cracher sur la tombe de Jean Jaurès !

  • Notes

    [1Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance

    [2Le mot est un peu fort, j’en conviens.

    4 mai 2014

  • [Blogue] Bédarrides : Petit aide-mémoire pour Gaulois sans envergure

    On devrait écouter plus souvent les poètes. Ils ne se contentent pas de dire le monde dans une langue éblouissante, ils disent aussi la grandeur et les travers de l’humanité. Et chacun peut y trouver de solides nourritures de l’âme et de l’esprit.

    Le Festival Georges Brassens de Vaison-La-Romaine, dont j’espère vous parler sous peu, est un lieu qui confirme et affirme cette nécessité. Car Brassens, à lui seul imposant monument de la poésie et de la chanson populaires françaises, sans avoir jamais prétendu faire la leçon à quiconque, sait à merveille illustrer la grandeur de certaines âmes aussi bien que la petitesse de certaines autres.

    A une époque où nombre de nos concitoyens perdent les repères qui fondent pourtant les valeurs de notre pays et de la République, et notamment à Bédarrides où certains ont tendance à penser que notre village est la 8ème merveille du monde à protéger des hordes d’étrangers qui veulent la dénaturer, il est rafraichissant de se remettre en mémoire ce que Brassens éprouvait à l’égard de ce chauvinisme grossier.

    C’est vrai qu’ils sont plaisants, tous ces petits villages,
    Tous ces bourgs, ces hameaux, ces lieux-dits, ces cités,
    Avec leurs châteaux forts, leurs églises, leurs plages,
    Ils n’ont qu’un seul point faible et c’est d’être habités,
    Et c’est d’être habités par des gens qui regardent
    Le reste avec mépris du haut de leurs remparts,
    La race des chauvins, des porteurs de cocardes :
    Les imbéciles heureux qui sont nés quelques part. (Bis)
     
    ...
     
    Mon dieu, qu’il ferait bon sur la terre des hommes,
    Si l’on n’y rencontrait cette race incongrue,
    Cette race importune et qui partout foisonne,
    La race des gens du terroir, des gens du cru.
    Que la vie serait belle en toutes circonstances
    Si vous n’aviez tiré du néant ces jobards,
    Preuve peut-être bien de votre inexistence :
    Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part. (Bis)
     
    La ballade des gens qui sont nés quelque part - Disque 11 - ©1972

    Par bonheur, cette année, s’est produit dans ce festival un autre grand poète qui a trainé ses pataugas dans tous les coins de la planète et qui a ramené de ces voyages un amour profond de l’humanité dans sa diversité. Il s’agit de Gilbert Laffaille dont la chanson « Dents d’ivoire et peau d’ébène » (©1996) illustre son aversion pour la vision étriquée du monde portée par le FHaine, à l’opposée de ses convictions.

    Pas la peine oh pas la peine
    De parler de celui-là
    De ce type qui sue la haine
    Et empeste le climat
    De Bâton-Rouge au Cap-Vert
    De la Mer Noire au Mont-Blanc
    Ma maison c’est l’univers
    Mon bateau c’est l’océan
     
    ...
     
    Tous nés de la même terre
    Du mystère et du chaos
    De l’ombre et de la lumière
    Du feu de l’air et de l’eau
    Les basanés les métisses
    Les Tziganes les Mexicains
    Musulmans de l’île Maurice
    Catholiques Sud-Africains
     
    ...
     
    Dents d’ivoire et peau d’ébène
    Antillaise au corps de feu
    Andalou d’Ille-et-Vilaine
    Arménien de Périgueux
    Jamaïcain d’Angleterre
    Marabout de Courbevoie
    Notre pays c’est la terre
    Chacun est ici chez soi
     
    ...

    Bien sûr, vous aurez reconnu dans « ce type qui sue la haine et empeste le climat », le patriarche Le Pen mais vous serez d’accord, j’en suis sûr, pour élargir cette définition au reste de la famille et de ses thuriféraires.

    J’entends d’ici vos protestations : « C’est trop beau. C’est comme donner de la confiture aux cochons ! » Je comprends cela et j’ai moi-même hésité. Si, si, je vous assure ! Pourtant je pense que, même s’il y a peu de chances pour que beaucoup de ces Bédarridais à l’âme pervertie lisent ces vers et remettent en question leur vision déformée de l’humanité, il ne faut pas renoncer à leur montrer cette forme de beauté ouverte à l’autre. Peut-être, un jour, le déclic se produira-t-il et certains se rendront compte que Bédarrides n’est pas le centre du monde et qu’ils ne risquent rien à s’ouvrir à lui.

    C’est pas gagné mais ça vaut la peine.

    Et pis, c’est tout !

  • Vos commentaires

    • Christian
      Le 05/05/14

      Bravo Marc

    30 mars 2014

  • [Blogue] Bédarrides2014 : l’ordre naturel des choses...

    C’était donc aujourd’hui à 10 heures que se jouait, à Bédarrides, le dernier épisode de cette campagne électorale sanctionnée par le résultat que l’on sait.

    Les choses se sont déroulées dans une ambiance sinon chaleureuse, tout au moins courtoise, selon un protocole strictement encadré par la loi et sous l’autorité éphémère du doyen du Conseil municipal, Jean-Pierre Granger.

    Rien à dire donc. Tout fut sans véritable surprise.

    Tout au moins, jusqu’à la remise des écharpes tricolores où l’on a alors assisté à une scène que je trouve personnellement très significative et pour le moins surréaliste : monsieur André Tort, ancien maire de Bédarrides jusqu’en 2008, a remis l’écharpe de maire à son fils Christian, nouveau premier magistrat de la commune dans ce qui doit avoir été pour la nouvelle municipalité la « séquence émotion » de cet instant historique que, noun di dièou, on l’attendait depuis 6 ans ! Ceci devant la famille et les affidés du nouveau maire pour lesquels on avait réservé, pour l’occasion, une rangée entière (sur 2) des chaises destinées au public.

    Voilà donc comment les choses sont rentrées dans l’ordre à Bédarrides en ce jour du 30 mars 2014.

    Ainsi venait-on gommer la parenthèse des 6 années de la municipalité Sérafini. Le père pouvait enfin transmettre à son fils l’emblème de l’héritage familial : la mairie de Bédarrides. Et démentir du même coup cette affirmation du fils : « la fonction de maire ne nous appartient pas, nous n’en sommes que les dépositaires pour les 6 ans à venir. »

    On avait failli y croire tellement c’était beau.

    Ainsi était lavé l’affront de ces 6 années durant lesquelles ils ont été privés de ce bien dont ils se considèrent, ici et ailleurs, fidèles à l’arrogance emblématique et traditionnelle de la Droite, comme les détenteurs légitimes, tout autre n’en étant que l’usurpateur lorsqu’il les en prive : le pouvoir. Mieux, ils nous disent que ce pouvoir est, à Bédarrides, une propriété privée, une affaire de clan, une affaire de dynastie.

    Merci donc aux nouveaux détenteurs du pouvoir local pour cette somptueuse démonstration. Il n’aura pas fallu attendre longtemps pour que commence à craquer le vernis de pseudo-bienveillance dont avaient voulu se parer les vainqueurs. Rendormez-vous, braves gens, nous dit-on, votre bon seigneur veille à nouveau sur vous !

    Quel pied !

    La bonne nouvelle, c’est qu’on a quand même échappé au sacre du nouveau seigneur en l’église paroissiale de notre bonne ville. Mais patience, ça viendra. A la prochaine génération, peut-être ?

  • Vos commentaires

    • Guillaume
      Le 31/03/14

      Et dame Tort a joué de la guitare en offrant moults breuvages à ces convives au buffet ?

      Mais crains pour ta vie car le Tort tue (le tort tue... le tortue quoi... Ok, je sors) !

    29 mars 2014

  • [Blogue] Bédarrides2014 : nous sommes mille trois cent cinquante et deux !

    La déception était bien sûr immense dimanche dernier (23/03/2014) au terme du dépouillement de cet unique tour d’élection. L’émotion palpable. A la mesure des espoirs qu’avaient nourris ces six années de mandat dont le bilan était plus que flatteur, traduisant à la fois un sens presque tatillon de l’intérêt général, une belle vision prospective du village et une gestion rigoureuse et pertinente des ressources disponibles. Un bilan qui aurait rendu confiant n’importe quel maire sortant. Et ceci d’autant plus que la volonté de poursuivre le travail engagé s’appuyait à nouveau sur un projet étoffé et raisonnable, promesse de nouvelles belles réussites pour le bien vivre à Bédarrides que nous voulions.

    Et puis, la défaite. Nette, sans bavure. Incontestable.

    20142008
    Inscrits 4006 Inscrits 4109
    Votants 3277 81,8 % Votants 3098 71,49 %
    Blancs et nuls 90 Blancs et nuls 80
    Exprimés 3187 Exprimés 3018
    Joël Sérafini 1352 42,42 % Joël Sérafini 1547 51,26 %
    Christian Tort 1835 57,57 % Françoise Forment 1471 48,74 %

    L’écart de voix d’abord, 483, dans un contexte de participation très élevée (81,8 % de votants), supérieure à 2008 (179 votants de plus) et alors même que le nombre d’inscrits a diminué (- 103). La liste Sérafini perd 195 voix par rapport à 2008. Il est évident que la mobilisation des électeurs n’a pas profité à cette liste. Mais dans une commune où, lors des dernières cantonales en 2011, le FN avait obtenu 53 % des voix au second tour (pour une abstention de près de 43 %) et près de 41 % au premier tour de la Présidentielle de 2012 (avec une abstention de 13 % seulement, plus faible encore qu’à ces Municipales 2014), l’appel de Marionnette Maréchal-Lepen à battre Joël Sérafini ne peut pas bien sûr ne pas avoir été déterminant dans ce résultat. La présence de quelques personnes connues pour leur activisme pro-FhaiNe sur la liste Tort a naturellement contribué à cette issue, scellant un pacte qui ne peut que nourrir l’inquiétude.

    Du reste, le comportement de quelques petits nazillons surexcités à l’annonce d’un résultat qu’ils voulaient fêter en montant à l’étage de la mairie pour casser du pédé et du gauchiste ne surprend que ceux qui, face à la tentation fasciste d’une partie de nos concitoyens, se voilent encore la face en feignant d’ignorer les mœurs très peu démocratiques de l’extrême-droite. On souhaite bien du plaisir maintenant à Christian Tort pour garder la maitrise de ses chiens haineux à l’haleine de hyènes !

    Peu importe dès lors que la liste Tort ait été élue malgré un non-projet dont la substance n’était rien d’autre que le détricotage des réalisations de la municipalité sortante et un mépris à peine voilé pour la personne du maire. Démagogie, mensonge, falsification, mystification ont constitué une ligne de conduite masquant difficilement le vide sidéral d’une liste sans véritables idées ni propositions mais dont on comprend mieux désormais qu’elle n’ait pas eu à se triturer les neurones face à un public dont une grande partie considère la politique comme la seule expression de ses haines et de son rejet de l’autre. Pas très glorieux, en fait ! Pourquoi se fatiguer à réfléchir et à proposer, n’est-ce pas ?

    A contrario, défendre son bilan et ses projets a coûté beaucoup d’énergie à Joël Sérafini et à ses colistiers en vaines et longues explications, finalement inutiles puisque ce qui importait était de le « sortir », lui, quels que puissent être ses qualités et ses compétences.

    Toutefois, malgré une défaite amère, à l’évidence, il faut souligner un point positif : nous sommes 1352 bédarridais à avoir apprécié le travail de la municipalité sortante et à avoir voulu faire confiance à la nouvelle équipe conduite par Joël Sérafini. 1352 électeurs (dont beaucoup de jeunes) qui défendent une autre vision de l’intérêt et des services publics, du vivre ensemble et de l’accueil de nouveaux habitants, fiers de vivre dans un village au passé prestigieux, un village embelli qui peut être attractif et innovant et qui peut porter son regard avec confiance vers l’avenir, au-delà de son petit nombril autour duquel d’autres voudraient le limiter. 1352 individus dont le nombre est insuffisant pour assurer la réalisation de leurs ambitions pour Bédarrides mais tout de même assez pour constituer la base d’un nouveau projet gagnant.

    Il ne reste donc que 242 électeurs à convaincre et quelque chose me dit que c’est jouable d’ici 6 ans.

    En attendant, félicitations à Christian Tort pour sa victoire et bon courage pour la tâche qui l’attend. Il aura face à lui une opposition qui jouera loyalement son rôle, j’en suis certain. Mais, à la différence de ce qui a été pratiqué par l’ex-opposition pendant ces 6 dernières années, la nouvelle n’avancera pas masquée, à coups de lettres anonymes débilitantes, mais au grand jour et dans l’honneur car elle n’a pas à rougir, elle, de son action politique.

    A bientôt donc. L’espoir n’est pas mort à Bédarrides le 23 mars 2014. Nous le prouverons.

  • Vos commentaires

    • bourroux jacques
      Le 05/04/14

      bravo Marc pour ce texte ! dommage que la plupart des Bedarridais ne puissent lire ce texte qui pourrais peut etre les eclairer sur la valeur des nouveaux elus revanchards et FHaineux !
      salutations.

    19 janvier 2014

  • [Blogue] Bédarrides2014 : pourquoi je soutiens la liste Sérafini

    Voilà ! La campagne pour l’élection municipale à Bédarrides est lancée après les présentations successives des deux listes principales et l’annonce d’une possible troisième.

    Joël Sérafini

    Ma préférence va, bien entendu, à la liste du maire sortant, Joël Sérafini, étiqueté « Divers Gauche ». J’avais déjà voté pour lui en 2008, aux deux tours, et je ne vois aucune raison pour lui retirer ma confiance, même si je suis un poil réservé sur certains aspects de sa politique et même si je regrette que certains de ses compagnons de la première mandature se retirent pour des raisons très valables qui leur appartiennent, tels Philippe Heckel et Jean-Louis Mazzia. Dont acte.

    Le personnage me plaît bien. J’ai discuté avec lui et ai assisté à des réunions qu’il animait. Certes, c’est un peu court pour justifier un soutien mais c’est un point important. Il est enthousiaste et dynamique et il sait communiquer sa soif d’action au travers de projets pertinents où le souci de l’intérêt général est un élément central. Bédarrides a indéniablement changé ces 6 dernières années : le village a embelli et s’il n’a pas de très nombreux atouts pour attirer le visiteur curieux et le voyageur désirant poser ses valises, ceux dont il dispose ont été mis en valeur d’une manière intelligente et d’autres ont été créés qui participent à son charme et sa douceur de vivre.
    Car décidément, oui, il fait bon vivre à Bédarrides. Et ce n’est pas seulement une question de jardins publics ou de pierres vieilles ou récentes, de patrimoine restauré. C’est aussi une affaire d’ambiance, d’animations proposées, de lieux de vie, de rencontres et de partage, sans parler des aménagements et des services contribuant à la sécurisation du village et de ses abords ou à faciliter la vie des habitants, jeunes et vieux, à la rendre plus agréable. C’est aussi une question d’état d’esprit, de motivation, d’ouverture à l’autre, de respect et de promotion des valeurs républicaines.
    Et puis, Joël Sérafini et son équipe ont des projets très intéressants dans leurs musettes. Rien de grandiose ni d’extravagant mais des projets au service du village et de son rayonnement, soucieux d’une utilisation raisonnée de toutes ses ressources y compris financières.

    Je connais la plupart des membres de l’équipe sortante et de la nouvelle équipe, pour avoir parfois partagé à leurs côtés des événements auxquels ils ont contribué. Ils ont tous ma sympathie et ma considération et je souhaite ardemment leur succès car leur bilan est plus qu’honorable. Il est excellent et ils peuvent en être fiers. Ils ont bien travaillé et il faut qu’ils poursuivent pour qu’on continue de bien vivre à Bédarrides.

    Christian Tort

    La candidature de Christian Tort n’est pas réellement une surprise. Elle couvait depuis plusieurs mois mais on ne peut s’empêcher d’en retirer un sentiment bizarre d’improvisation mêlée d’incrédulité. Un peu comme s’il fallait être là et que ce fût lui qui s’y collât. Car ça commence très fort : Christian est le fils de l’ancien maire de Bédarrides qui s’est retiré en 2008 après 18 ans de mandat. Il avoue ne rien connaître à la chose publique, ce qui est à coup sûr un argument de campagne singulièrement percutant et démontre une motivation époustouflante. Son projet est à l’avenant : vide !
    A tel point que jusqu’à ce jour, il n’existe aucun document écrit pour l’exposer. Mais ça va venir, c’est sûr. En effet, la première chose que Christian et sa bande ont faite, est la diffusion d’un questionnaire pour demander aux Bédarridais... ce qu’ils voulaient qu’ils fassent ! Trop fort !
    On nous caresse évidemment un peu dans le sens du poil avec l’éternel thème de la sécurité qui tombe ici un peu à plat car les statistiques sont plutôt satisfaisantes. On sent que le cœur n’y est pas vraiment. Mais on nous promet surtout de régler le « fameux » problème du nouveau « quartier des Garrigues ». Et là, on sent un frémissement et on atteint des sommets d’hypocrisie. Car, en fait de problème, les seuls qui en trouvent sont les anciens propriétaires des terrains expropriés pour réaliser la zone aménagée. Et je vous le donne en mille : au nombre de ces propriétaires, on compte la famille de notre ami candidat et sans doute de certains de ses colistiers.

    C’est que, voyez-vous, Bédarrides a souvent été affligée par les caprices de ses rivières (notamment, l’Ouvèze et la Seille). Souvenez-vous de 1992. Dès lors, bienheureux celui qui possède un lopin de terre sur les hauteurs du village pour y cultiver sa vigne ou y construire sa masure. Bien sûr, les limites du village n’étant pas extensibles, ces terres assez peu nombreuses sont précieuses. Et dans l’idée de leurs propriétaires elles sont donc très chères. Ou devraient l’être.
    Le projet des Garrigues avait été mis en route, plutôt mollement, par l’ancien maire, André, ci-devant père de notre Christian. Tellement mollement que le projet a végété suffisamment longtemps pour que ce soit l’actuelle municipalité qui le mette en œuvre après l’avoir un poil redimensionné (en plus modeste). Et c’est là qu’est le problème car ces terres agricoles n’avaient évidemment pas la même valeur pour leurs propriétaires, qui sont de grands sentimentaux, d’un côté et la puissance publique, de l’autre. D’où bataille juridique et tout ça et contestation de la déclaration d’utilité publique. Finalement, la justice a tranché. Le projet est légal. Le prix d’achat des terrains a été fixé plus cher que leur prix initial et moins que ce qu’en voulaient les proprios qui comptent bien sur un changement de majorité pour remettre le couvert. Bien entendu, ceci au nom de l’intérêt général car il faudrait vraiment avoir l’esprit extrêmement mesquin pour n’y voir qu’une affaire de gros sous.

    De fait, notre ami Christian est le candidat des notables et des propriétaires terriens. Sa numéro 2, Maryse Tort (une simple homonyme), présidente de l’association constituée d’office (asco) des mayres et des fossés, est fameuse pour sa gestion si soucieuse de l’intérêt commun. Une personne pas vraiment réputée pour son caractère affable et sa délicatesse. Elle est aussi la rédactrice en chef de la feuille de ragots anonymes intitulée « Au courant de l’Ouvèze » que j’avais déjà évoquée dans ce vieux billet et que nous avons reçue épisodiquement dans nos boites à lettres durant ces 6 dernières années. Pas de la grande littérature, il faut bien dire. Un torchon axé essentiellement sur la critique de la municipalité (ce qui est leur droit, bien sûr) sans jamais se risquer à faire la moindre proposition (on comprend mieux le questionnaire, aujourd’hui) et surtout à travers la personnalité particulière du maire. Disons plutôt de... « son genre ». Que voulez-vous, il y en a, ça les rend très bêtes et très méchant(e)s de devoir supporter des « personnes comme ça ».
    Autre trait significatif : cette prétention à croire que Bédarrides serait comme une île à l’écart de la république et dont l’accès devrait être réservé à ses seuls habitants si possible de souche ou de longue date ou régulièrement adoubés par un jury ad hoc. Car il est des gens, dans le voisinage de notre village, qu’on ne veut surtout pas voir s’y installer. D’où cette crispation irrépressible dès qu’on parle de créer des logements sociaux : s’ils ne sont pas réservés à nos pauvres à nous, basta cosi ! Et si l’on insiste, c’est à coup sûr parce qu’on veut faire venir des Maghrébins cas sociaux voisins qui vont pourrir notre belle cité si accueillante. A ceci près que ces fameux cas sociaux sont aussi des Français qui, logements sociaux ou pas, ont le même droit que nous de vivre sur notre commune. Et ça, ça leur fout un urticaire pas possible et des poussées d’eczéma terribles à ces messieurs-dames.

    L’affable Christian Tort se disait prêt, il y a quelques semaines, à accueillir sur sa liste des militants frontistes et des communistes (mouarf !). Pardi ! Le bel esprit d’ouverture que voilà, si bien équilibré, n’est-ce pas ? Mais qui sonne tout de même un peu faux car si pour le FhaiNe, ça y est, c’est avéré (voir le billet de Philippe Heckel), qui cela surprend-il vraiment ? Quant aux cocos, c’est pas gagné et ça ne devrait pas l’être. Encore une fois, est-ce si étonnant ?
    Mais pour quelqu’un qui prétend être et vouloir le meilleur pour sa commune, les noms de certain(e)s colistier(e)s sonnent un peu comme un cinglant démenti. J’ai déjà évoqué sa si sympathique et si brillante n°2 mais je pourrais aussi citer cette autre, réputée pour sa grossièreté et sa bêtise crasse, qui se répand déjà dans le village en jurant qu’elle va pouvoir faire embaucher sa parentèle à la mairie. Une motivation comme une autre, me direz-vous...
    Bien sûr, il y a aussi des gens très estimables et très honorables dans cette liste. J’ai même vu le nom d’un mien cousin et Christian Tort est lui-même un homme sympathique. Mais, tout ceci n’est pas très séduisant et est à l’opposé de mes convictions. Et je ne parle même pas de ce slogan tellement démagogique et affligeant : « Notre parti, Bédarrides » qui souligne encore davantage le vide sidéral de cette liste.

    Les fafs

    Enfin, la troisième liste pressentie pour briguer la municipalité est une liste PDF — parti de la France — avec Carl Lang soi-même, qui rêve de prendre pied en Vaucluse, et la plupart des déçus du FhaiNe local et de la Marionnette qui, quant à elle, a choisi d’aller guerroyer à Sorgues. Pouah !

    Bien sûr, non merci, sans façon !

    Pour la victoire

    Voilà pour ce premier état des lieux. Peu de surprises en fait et une seule conviction, en fin de compte : il faut que Joël Sérafini et son équipe continuent de gérer Bédarrides pour lui assurer le meilleur avenir possible et lui éviter de sombrer dans la médiocrité des conflits d’intérêts, de l’esprit de clocher imbécile et la haine de l’autre, pour que Bédarrides continue d’être fidèle à la république sociale et laïque et pour qu’il y fasse toujours bon vivre !

    Allez Joël, bon vent et hasta la victoria siempre !

  • Vos commentaires

    • christian carloni
      Le 20/01/14

      Bravo et merci pour ce texte superbe.
      excuse mon emportement...sur tweeter tu devrais éviter de relayer des tweets ou infos qui "discréditent" la gauche gouvernementale. Hollande et les supposés sociaux/democates/libéraux...and co ne me conviennent pas du tout, mais je préfère les ignorer plutôt que d’être obligé de "critiquer défavorablement".

      A bientôt mon ami
      Christian

    • villard virginie
      Le 23/01/14

      bravo !!!! et MERCI !!!!

    • BOSVET Jacqueline
      Le 26/01/14

      Bonjour Marc :

      Très bon texte !!! même si je ne suis pas complètement d’accord avec toi sur
      tout ...je me range du côté de Christian Carloni .
      Il y a des gens bien dans tous les partis sauf dans le FN ou ils sont tous mauvais .Pour moi , du moment ou on se sent supérieur aux autres , c’est qu’intérieurement , on est mauvais ..
      Mais pour le reste , BRAVO .....J’espère que les Bédarridais feront la diffèrence entre Bédarrides 6 ans en arrière et Bédarrides maintenant .
      Notre soutien et notre récompense , c’est les paroles de gentillesses des Bédarridais qui reconnaissent le travail accompli en 6 ans et leur espoir de nous garder .
      J’en profite aujourd’hui pour les remercier .

    • carloni christian
      Le 20/03/14

      Je viens de relire ton texte...J’espérai que les "meilleurs" le liraient et comprendraient enfin pourquoi il faut que JoëL continue un ou deux mandats encore. (Mais Il faut que ses colistiers le brident un peu car Il a des tendances un peu mégalo !)
      Peine perdue, décidément il faut leur mettre une bonne rouste ce coup-ci et les éliminer de toute vie publique ou associative sur Bédarrides.
      Ils sont nuisibles.
      A bientôt pour fêter la victoire de notre village.
      Amitiés
      Christian
      Nb : merci Jacqueline

    3 janvier 2014

  • [Blogue] Les messagers de la haine ordinaire

    Je suis parfois très étonné par la crédulité de personnes de mon entourage, notamment en ce qui concerne certaines « informations » circulant sur les réseaux sociaux. Ce sont pourtant des gens réfléchis, tout à fait capables d’analyser une situation afin de prendre des décisions pertinentes et qui, d’ordinaire, exerceraient leur sens critique avant que de s’approprier une information et de la relayer.
    Bizarrement, Internet semble abolir cette réserve salutaire et de bon aloi qui, « dans la vraie vie », est censée nous éviter de prendre des vessies pour des lanternes, sans y parvenir systématiquement, certes, mais suffisamment pour ne pas passer pour un plomb.

    Il est vrai que ce sont souvent des informations qui touchent à notre sensibilité face à ce que nous percevons comme des injustices ou des atteintes à la dignité humaine. Alors, notre sang ne fait qu’un tour et on s’indigne avant même de nous être interrogés sur la réalité de ce qu’on nous sert comme une vérité. Le plus souvent d’ailleurs, ces informations nous parviennent par des connaissances qui ont réagi comme nous après les avoir reçues de la même manière. Alors, notre méfiance naturelle n’est plus en alerte puisqu’il s’agit d’amis ou de gens que nous connaissons pour ne pas s’en laisser compter si facilement.

    Je trouve que ce genre de situation a malheureusement tendance à se multiplier et, le plus souvent, autour de faits de société qui impliquent l’attitude réelle ou supposée de la Justice face à des actes extrêmement graves qui nous choquent et nous écœurent. Et là, il faut dire que certains se sont fait une spécialité de dénigrer la Justice en jouant de l’ignorance de la plupart d’entre nous face à ses mécanismes, son jargon et aussi face à la loi que nul n’est censé ignorer mais que nous méconnaissons tous dans les grandes largeurs. A tel point que chacun s’en fait l’idée qui lui convient et ne voit les arrêts de justice qu’au travers de son prisme personnel. Et ce ne sont pas les journalistes, même lorsqu’ils sont estampillés « spécialisés », qui nous éclaireront alors que c’est en principe leur fonction.
    Alors, je frémis lorsque je lis certains commentaires, prétendument frappés au point du bon sens, réclamant une plus grande sévérité de la justice, bien sûr, et la mise en pièce des droits de la défense qui, paraît-il, bafouent ceux des victimes. Il est heureux que certaines affaires sordides de ces dernières années n’aient pas été jugées par les « jurys populaires » de Facebook ou de Tweeter. Il y aurait certainement du sang partout et des morceaux de corps humains virtuellement éparpillés façon puzzle, selon l’expression devenue légendaire. Quant à la Justice...

    Le dernier exemple en date est celui d’un arrêt de la Cour de Cassation italienne relaté dans un article d’Il Quotidiano della Calabria le 7 décembre 2013 dont voici la traduction approximative :

    CATANZARO - Lui 60 ans et elle 11 ans. Lui est un employé des services sociaux de la commune de Catanzaro, elle, l’enfant d’une famille en déshérence. La maman l’avait confiée à ses soins et il l’avait prise dans ses bras. Mais quand les policiers avaient fait irruption dans sa maison au bord de la mer, ses bras la serraient sous les draps de son lit, tous deux nus. Mais aussi amoureux, écrivent aujourd’hui les juges de la Cour de Cassation, entre les lignes d’un arrêt qui ne manquera pas de faire jaser, en voyant une circonstance atténuante justifiant le consentement de la victime aux rapports sexuels avec l’accusé. La condamnation à 5 ans de réclusion, pourtant par deux fois déjà infligées à Pietro Lamberti, est cassée et celui-ci est renvoyé une nouvelle fois devant la Cour d’appel de Catanzaro pour les mêmes faits. Qu’en ressortira-t-il vraiment, de cette villa transformée en alcôve pour un amour interdit, fait de coups de téléphone quotidiens et de rencontres à toutes les heures ?

    « Mais tu m’aimes ? », lui demandait romantiquement la fillette. Et lui tentait vainement de la tranquiliser pour se laisser aller à des commentaires érotiques. Jusqu’à ce que la peur d’une grossesse l’aurait fait arrêter. Alors la peur avait remplacé la séduction comme il ressort de quelques-unes des centaines de dépositions récoltées par les policiers. Elle lui faisait une sonnerie quand elle se trouvait seule à la maison et lui la rappelait sur son portable, exception faite pour le weekend. « Ne m’appelle pas samedi et dimanche car je suis en famille », l’avertissait-il. Et elle obéissait. Comme ce matin ensoleillé du 22 juin, il y a trois ans, au moment de mettre la jupe pour pouvoir « le rencontrer » dans la voiture car revenir à la maison de Roccelletta aurait été trop risqué. « Son homme » lui aurait confié que depuis quelques temps il se sentait épié par sa mère, au point de recommander continuellement à la fillette de ne parler avec personne et de ne pas raconter ce qui se passait dans la maison de Roccelletta, « car ceci est un secret que nous devrons emporter dans la tombe. » Mais, finalement, le secret fut découvert. Et Lamberti est tombé directement dans les filets des policiers qui, après avoir eu connaissance de la rencontre, l’avaient suivi et surpris en flagrance.

    Il est certain que la lecture d’un tel article est de nature à donner la nausée et c’est exactement ce qui s’est passé. Mais l’itinéraire de cette information est assez curieux et mérite de s’y arrêter un instant car je le trouve très significatif de la tendance dont je parle.
    Elle est d’abord reprise en termes presque identiques dans un billet du blogue Ladyblitz (en italien), le 8 décembre et sans aucune remise en cause. Puis, le 27 décembre, elle est publiée sur le site français Media-Presse-Info qui, se définissant comme le chantre de « l’info sans concession », se permet de rajouter sa petite couche maison pour le cas où le côté sordide de l’histoire serait trop peu perceptible. Mais toujours pas de remise en question de l’interprétation de l’information de base. Enfin, le 29 décembre, c’est le site Egalité et réconciliation qui ajoute sa petite contribution à l’histoire, sans doute pour souligner, comme l’impose sa marque de fabrique, la Justice sans morale de ce siècle de décadence. Bien entendu, la démonstration, aussi lapidaire qu’elle est, est incompatible avec une recherche même succincte d’une interprétation différente.

    Commence alors la petite « tournée des amis » avec sa succession de « partages » et de commentaires outrés.

    Entretemps, en Italie, le 14 décembre (soit 7 jours après l’article du Quotidiano della Calabria), le site Golem Informazione publie l’interview de la criminologue Luana de Vita qui apporte un éclairage singulièrement différent sur cet histoire. En réalité, la Cour de Cassation italienne n’a aucunement statué sur la réalité du délit (ce qui n’est d’ailleurs pas son rôle) mais sur l’absence ou l’insuffisance de motivation du refus, par la cour d’appel, des circonstances atténuantes demandées par la défense, parmi lesquelles l’invocation du sentiment amoureux prêté à la victime pour son agresseur qui minorerait sa faute, en excluant toute contrainte ou violence, ce que réfutent les juges du fond, et aussi la proposition d’une indemnité de 40.000 €, jugée incongrue par la cour d’appel, sans que ces mêmes juges ne précisent quel montant serait plus acceptable ni n’ordonnent d’expertise médico-psychiatrique de la victime afin d’évaluer le préjudice subi. Des aspects purement techniques, donc.

    C’était donc ça ! On est loin du psychodrame joué par le quotidien calabrais et les sites conspirationnistes français. Finalement, le Nouvel Obs (Rue 89) dans sa rubrique « Le démonte-rumeur », publiera le 31 décembre l’un des seuls articles français allant dans le sens de la vérité juridique. Sur le forum du site Hoaxbuster.com, des contributeurs s’interrogeaient quant à eux sur cette affaire qui semblait prendre de l’ampleur, essentiellement en France, sans émouvoir l’Italie plus que ça.

    Car c’est là l’un des aspects remarquables de toute cette histoire : les divers moteurs de recherche ramènent tous à ces mêmes articles signalés plus haut mais à aucun des grands journaux italiens (Il Corriere della sera, La Stampa, La Reppublica, L’Unità, pour ne citer que ceux-là) comme si ces derniers se désintéressaient totalement d’une affaire de pédophilie provinciale. A moins, bien sûr, qu’ils ne trempent jusqu’au cou dans la conspiration de la décadence morale. On n’est jamais sûrs de rien, c’est sûr ! A moins que ces journalistes-là aient simplement fait correctement leur boulot et constaté qu’il n’y avait pas là de quoi fouetter un chat.

    Car enfin, on peut comprendre que le commun des mortels réagisse aux informations qu’on lui donne avec sa sensibilité, sans remettre en cause leur véracité ni les vérifier. Après tout, ces informations sont censées avoir été analysées par des journalistes dont c’est le métier. Évidemment, je me place ici dans un contexte carrément idéal où les journalistes et les journaux qui les emploient s’enorgueillissent de délivrer des informations fiables et étayées, gages de leur crédibilité. Malheureusement, il semble que la rigueur et la compétence ne soient pas les qualités les mieux partagées dans une certaine presse. Car, sinon, comment expliquer que des sites qui prétendent être des références de « l’info sans concession » ne se donnent même pas la peine de rechercher des compléments possibles à l’information qu’ils se proposent de diffuser afin de la recouper, comme on dit. Il m’a fallu moins de 2 heures pour trouver les articles expliquant réellement le sens de l’arrêt. Du boulot d’amateur, en somme. Et je n’ai fait cela que parce que les affirmations initiales me semblaient fantaisistes. Il faut dire que j’apprends aussi beaucoup sur la Justice en lisant Maître Eolas...

    Dans le cas présent, si l’article du journaliste du Quotidiano della Calabria peut être imputé à son incompétence en matière juridique, sa reprise par les 2 sites français n’est évidemment pas fortuite. Non pas que l’incompétence ne puisse ici être invoquée, au contraire elle est même plus que probable et pas seulement en terme de Droit. Mais on a davantage à faire avec une volonté politique visant à instiller l’idée que la Justice est laxiste, qu’elle méprise la victime et protège la racaille et que si la loi ne punit pas suffisamment, il reste une justice populaire, sans doute la vraie, qui coupe les cous et les couilles sans s’attarder en vaines discussions, toujours un peu pénibles.

    Il ne faut pas négliger le pouvoir de nuisance de ces gens qui véhiculent aussi des idées assez éloignées des valeurs de notre République. Car, même après que l’on a rétabli la vérité, il reste des gens pour se dire scandalisés par l’information initiale et fausse. Voir les commentaires sur Rue89. Comme s’il était finalement plus simple de croire... ce que l’on souhaite croire. Il faut dire aussi que, comme il est fréquent dans de nombreux cas similaires, argumenter pour expliquer est forcément plus long et complexe que jeter des anathèmes, surtout lorsque ceux-ci s’appuient sur des préjugés. Qui prendra la peine de lire un long article développant un raisonnement logique et documenté alors que le ragot ne couvre pas plus de 10 lignes ?
    Pour autant, il ne faut rien lâcher et ne pas céder un pouce à ces entreprises de mensonges grotesques et nuisibles.

  • 23 décembre 2013

  • [Blogue] Sauvons nos pauvres !

    Non au FhaiNe !

    On ne va pas se raconter d’histoires : être pauvre aujourd’hui en France n’est pas la situation inacceptable et indigne d’un pays riche comme le nôtre que certains se complaisent à dénoncer pour nous dénigrer. En effet, une bonne part de nos compatriotes a pris conscience de ce qui aurait pu devenir une succession de drames et a décidé d’agir avec vigueur.

    Ces braves gens ont su identifier les vraies causes de ce scandale humain comme le résume ce dessin qui dénonce l’anomalie avec une subtilité et une clairvoyance rarement égalées :

    JPEG - 122.3 ko
    Etrangers contre SDF ?

    Parlons clair : contrairement à la propagande qu’une certaine gauche extrême et droitdelhommiste (suivez mon regard) tente de faire accroire afin de polluer les esprits faibles trop prompts à s’indigner contre les soi-disant méfaits d’un capitalisme prétendument sauvage — alors qu’il est reconnu par les gens bien éduqués pour être une loi naturelle dans l’ordre divin que nous impose le Ciel — la pauvreté et l’exclusion n’ont qu’une seule cause : la trop grande générosité de notre système de solidarité sociale qui attire comme un aimant des étrangers douteux dont le sort est souvent bien meilleur que celui de nos pauvres à nous — car ces gens, dans leurs pays d’origine, savent se contenter de très peu, parfois simplement de bananes ! — mais qui ne rêvent que de s’enrichir facilement sur le dos du généreux peuple français. C’est dire leur perversité, hélas !

    Pour les aspects plus techniques, on lira avec profit cet excellent billet de Rosaelle...

    Si encore ces usurpateurs nous en savaient gré. Mais même pas : ils nous narguent en osant exiger des droits, leurs droits — un comble ! — soutenus en cela par de mauvais Français, suppôts de l’anti-France. Car, nous autres, nous aimons que le pauvre sache se tenir à sa place. D’abord qu’il s’adresse à nous avec déférence et respect — voire, si possible, qu’il s’en abstienne — et garde les yeux baissés dans une posture traduisant sa reconnaissance éperdue.

    C’est une certaine Roxane qui m’ouvrit les yeux un jour sur cette juste cause, dans un de ces échanges d’une haute tenue auxquels les amitiés « fessebouquiennes » sont propices. La petite dame se réjouissait de la mort de ce jeune délinquant niçois tué d’une balle dans le dos par le bijoutier qu’il venait de molester pour le dévaliser. La raison de ce bonheur ? C’est que, ainsi, l’État pouvait économiser l’entretien de cette racaille puisqu’il n’ira pas en prison et que cet argent pourrait servir à aider nos SDF. Imparable puisque mathématique ! Il faut dire aussi que ce jeune homme n’était pas vraiment Français puisque d’origine maghrébine et pour tout dire algérienne ou tunisienne. Force était donc à la gazelle de reconnaître que, « sans être raciste » (cela va sans dire), tous ces étrangers délinquants ça finissait par coûter cher et que cet argent serait bien mieux utilisé s’il servait à aider les vrais Français dans le besoin et, de surcroît, honnêtes. Sans compter que ces gens concurrencent nos pauvres à nous également sur le marché des allocations diverses et variées que notre beau et grand pays a créées pour alléger nos difficultés.

    Une Valérie de passage dans la discussion nous fit alors part de sa propre expérience, grandement édifiante, jugez-en : pendant longtemps elle a cru qu’il était possible d’aider ces étrangers à s’intégrer à notre civilisation avant de s’apercevoir que c’était peine perdue car ils ne disent jamais merci et quand ils se marient (entre eux, forcément), ils ne peuvent pas s’empêcher de sortir les drapeaux de leur pays tandis que la mairie ne fait rien pour l’interdire. C’est vrai que ça fait peur et j’en étais tout retourné, vous pensez bien ! Comment peut-on tolérer une telle ingratitude ?

    Titi et quelques autres abondaient, eux aussi, dans ce sens, rappelant non sans à propos que nous subissions une véritable invasion de clandestins pour lesquels l’État, notre État, notre République, était aux petits soins tandis qu’il laissait crever nos malheureux compatriotes frappés par l’adversité, souvent d’ailleurs à cause de ces mêmes étrangers qui viennent leur voler le travail, le pain et les allocations de chômage. Un vrai scandale.

    En fait, pendant un temps, jamais je n’ai croisé autant de gens aussi soucieux des exclus, des SDF, des clodos. Comme quoi, le peuple français n’est pas ce monstre d’égoïsme que certains se plaisent à calomnier au motif que son seul souci serait la sortie imminente du prochain « aïefone » ou de la dernière « péessecate. » Au contraire, voilà plein de gens prêts à s’engager pour lutter contre la pauvreté et ses effets délétères sur notre brillante civilisation qui surclasse en cela toutes les autres et de loin, notamment l’africaine, pas assez entrée dans l’histoire, et la musulmane, trop arriérée. A se demander, par conséquent, pourquoi on aperçoit encore des mendiants dans nos rues ou à nos carrefours après un tel engouement ?

    C’est que, voyez-vous, c’est quand même pas facile de reconnaître un SDF français d’un pas français. Essayez, pour voir ! Bon d’accord, des fois on a des indices : un négro, par exemple, c’est pas vraiment un Français, enfin, je veux dire « de souche ». On est d’accord. Même Dieudonné et ses quenelles indigestes, c’est limite pour le prendre pour un gaulois. Mais alors, quand il est Blanc, le SDF, c’est pas gagné. Ça peut être un Slave, un Turc, un Libanais ou un Algérien aussi bien qu’un vrai Français. On peut pas savoir. Je vous dis pas la galère. La seule solution, c’est de lui parler mais, honnêtement, qui a envie de causer à des gens qui puent la vinasse et l’urine et sont juste capables de grommeler des injures infectes en guise de remerciements ? En plus, aucune reconnaissance. Y a quand même pas marqué Patrick Pelloux, là ! Non mais ! Sans compter qu’il y en a aussi que c’est des vrais taiseux. Comme des tombes, qu’ils sont. Impossible de leur arracher un mot sauf si on est patients et formés à la psychologie de ces populations extrêmement fragilisées.

    En fait, vous voulez que je vous dise ? Tous ces guignols qui se retranchent derrière l’infamie de l’exclusion, pour vomir leurs insanités xénophobes, n’ont jamais rien tenté pour venir en aide à qui que ce soit et surtout pas aux sans-logis, aux clodos. Parce que, s’il y a une chose qui n’a rien de facile, c’est justement d’approcher des gens qui ont autant de raisons de se méfier de notre bonté d’âme qu’ils inspirent eux-mêmes de répulsion à la plupart d’entre nous. Et puis, il faut être de sacrés salauds pour être capable de refuser à une personne en détresse, là, devant soi, un minimum d’aide, un minimum de réconfort ?

    Sûr que c’est plus facile de s’agiter derrière un écran et un clavier en éructant sa haine des autres et en se pâmant d’aise à l’écoute des anathèmes de la Marine, de sa nièce et de ses gars. Ça évite d’avoir à se poser trop de questions dont les réponses demandent un peu plus de réflexion et de considération pour les êtres humains.

    Car s’il s’agissait seulement des étrangers, en situation régulière ou irrégulière, peu importe, à qui, sous prétexte que le pays est en crise et « ne pourrait donc accueillir toute la misère du monde », dixit Jospin, nous ne devrions même plus tendre la main. Curieux prétexte pour un pays qui se targue toujours d’être la patrie des « Droits de l’Homme » et s’enorgueillit de la générosité de son histoire coloniale à l’égard des peuples ainsi civilisés gratuitement par lui comme le croit dur comme fer l’inculte nièce de la Marine quand elle parle d’apartheid. Ce qui lui vaut la cinglante réponse de Farida Bemba Nabourema sur son blogue. Non, il y a aussi les resquilleurs, ces escrocs bien de chez nous qui profitent sournoisement du système, soit qu’ils n’y ont pas droit, soit qu’ils en abusent. Assurément de bien plus dangereux individus que nos banquiers et certains de nos politiques qui nous truandent à grand coup de milliards.

    Comme cette vieille dame rencontrée en Avignon l’autre jour et qui voulait se rendre aux « Restos du Cœur » d’Orange pour y retirer un colis de Noël qu’elle avait déjà touché auprès de ceux d’Avignon. Pour en avoir deux, disait-elle d’un petit air espiègle et gourmand et sans la moindre gêne car, après tout, elle avait aussi vécu à Orange et avait toujours la preuve de son ancienne adresse.

    Ne sont-ils pas terriblement inquiétants, ces gens qui en prennent plus que ce qu’on voudrait leur donner ? Voyez le scandale ! Bien sûr, ce n’est sans doute pas brillant mais quoi ? Qui sommes-nous pour juger avec nos ventres pleins et nos préjugés de merde ? Gardons nos leçons de morale et donnons-leur les moyens de vivre décemment si nous ne voulons pas qu’ils agissent ainsi !
    C’est peut-être pour cette raison que la ville d’Orange et son maire, un ancien pote à la délicieuse Marine, ont décidé de sucrer une subvention de 1000 € à l’antenne orangeoise des Restos du Cœur trop soucieuse de l’anonymat de ses bénéficiaires et à qui la ville reproche de ne pas vérifier leur (insuffisance de) ressource. Tu parles d’un crime de lèse-majesté ! Il ne manquerait plus qu’il y ait des étrangers parmi ces crève-la-faim ! Et puis, pour 1000 €, faut-il aussi que l’on baise les pieds du grand homme ? 1000 € pour 728 familles : non, c’est trop, arrêtez, on va vous accuser de dilapider l’argent public !

    Alors, je ne me fais pas d’illusion. Ce blogue a une diffusion plus que confidentielle et ne risque pas d’entrainer une grande révolution chez ceux à qui ce billet est le plus destiné. Quand même, comme mon ami Francis l’a dit avant moi, il y en a marre des peigne-cul racistes qui se décomplexent à bon compte sur la toile en galvaudant les principes humanistes dans le respect desquels j’ai été éduqué.

    Non, messieurs-dames, nous ne partageons pas la même vision de la France et de l’Humanité. Vous ne serez toujours que des larves sans consistance, réjouies de vous vautrer dans la fange infecte de votre nationalisme imbécile et criminel et de vos haines étriquées. Et je serai toujours aux côtés de ceux qui vous combattront et vous écraseront sous leurs semelles.

    No pasaran !

  • Vos commentaires

    • LECOCQ Patrick
      Le 24/12/13

      Bravo pour le style, Il faut lire jusqu’au bout. Au début j’étais un peu révulsé vu par qui j’avais le lien. Cela ne pouvait être ses propos, je pensais donc qu’un certains pugilat verbal allait en ressortir. Mais la curiosité de voir jusqu’où on pouvait pousser l’ignominie, m’amena a bien lire tout le texte, à suivre les liens hypertextes et à me rendre compte qu’enfin de compte nous étions bien proches philosophiquement.

      Je ne sais guère manier ainsi la plume (malgré mon nom bien gaulois), aussi je vais me permettre de rediffuser ce texte comme l’a fait le même Francis.

      Merci

    • @Ficanas84
      Le 24/12/13

      Merci pour l’appréciation. C’était effectivement ma crainte en publiant ce texte qu’il ne soit reçu à l’inverse de son fond à cause de la première partie. J’aurais dû proposer de le livrer avec un seau pour ceux chez qui cette entrée en matière est cause de vomissements. Et puis pour ceux aussi qui éprouvent les mêmes nausées à cause de sa conclusion. C’est Noël, soyons humains !...

    30 novembre 2013

  • [Blogue] Le CNSR invente la journée nationale des victimes de la route : de l’audace, encore de l’audace !

    Ainsi donc, le Conseil National de la Sécurité Routière (dites CNSR, c’est plus chic), cette sorte de comité Théodule censé délivrer de puissants conseils, s’est réuni le 29 novembre (donc hier) et a décidé de proposer au gouvernement, ça :

    • Instaurer une journée nationale des victimes de la route le 22 février, qui sera un jour de commémoration des personnes et des familles dont le destin a, un jour, sur une route, brutalement basculé dans le drame. Cette journée permettra également de lancer des travaux pour faire progresser la prise en charge des victimes et de leurs familles.

    Sûr que ça a dû phosphorer dur pour y arriver. Je me demande même si on n’a pas frôlé la surchauffe voire la fusion du cœur du réacteur pour arriver à cette quintessence de la pensée sécuritaire. Avouez qu’il aurait été dommage de perdre tant de personnes indispensables dans un stupide accident, juste par manque de ventilation.

    Ici, disons-le tout net, on frise le grandiose, le génie, que dis-je ? le sublime. Les victimes de la route vont enfin avoir leur journée commémorative. Non mais vous réalisez ? Une journée rien qu’à elles, c’est hyper cool, ça ! Bien sûr, trouver une date n’a pas été si simple car des « Journée » de ceci ou de cela, il y en a en pagaille. A une époque où on aime se donner bonne conscience à peu de frais, il est de bon ton d’initier une petite journée qui en jette même si, dans le fond, tout le monde s’en tape.

    Nous avions déjà la journée sans voiture, l’autre sans tabac, celle de la courtoisie (un grand succès, paraît-il), une autre de l’Europe (passée totalement inaperçue, hélas heureusement !), celle de la Femme, bien sûr avec dans la foulée, celle de l’andouille de Vire ou du cassoulet de Castelnajac, la journée du Patrimoine, et patin et couffin. Avec un calendrier qui limite mesquinement le nombre annuel de journées à 365 voire 366 de temps à autres, c’est réellement un sacré exercice que d’en caser une nouvelle sans rien déranger.

    Les victimes de la route auront donc leur journée, coincée, si j’ai bien compris, entre la Journée du Topinambour et celle du Mimosa, en plein dans la période des carnavals, ce qui doit avoir sa signification, certainement.

    D’aucuns s’étonneront que la Toussaint ne suffise pas à honorer ces morts-là. C’est que d’abord la Toussaint (en fait, le 2 novembre, jour des morts) est estampillée « chrétienté » même si ce sont des païens qui en ont eu l’idée les premiers, il y a déjà un bail. Une République laïque ne peut évidemment pas se permettre une telle limitation religieuse. Et puis, franchement, créer une journée spéciale pour les victimes de la route, c’est bien dans l’air d’une époque où le premier blaireau et la première pétasse venus ne rêvent que de leur quart d’heure de gloire et ne craignent pas d’étaler l’insignifiance de leurs vies sur les chaînes de la TNT où la vulgarité la plus crasse le dispute à une empathie bien poisseuse. Il aurait été regrettable de se priver de la perspective de ces témoignages qu’on nous concoctera bien larmoyants à souhait et ourlés d’une morale au ras du bitume comme on l’aime chez les associations de victimes, LCVR en tête, où les rôles sont toujours très manichéens : fautif = chauffard, victime = innocent. Pas de demi-mesure, pas de nuance. Les bons morts d’un côté, les autres à la fosse commune.

    Le Point allait même jusqu’à titrer : le 11-novembre des victimes. Faut pas se gêner surtout ! Toujours cette surenchère dans l’exploitation de l’émotion qui finit par donner la nausée. Oser comparer la mort brutale sur la route, aussi douloureuse et injuste qu’elle puisse être pour les proches, à celle des soldats de cette guerre atroce, au sacrifice de ces hommes pour leur pays, notre pays et notre liberté, mais quelle infamie ! Quel manque de retenue et de discernement, quel manque de pudeur et de respect, quelle bêtise confondante ! Voilà où nous en serions, alors ? A reléguer le sacrifice suprême de nos grand-pères au rang de simple fait-divers ?

    J’entends déjà les gémissements d’horreur des oiseaux de malheur. Car oser ne pas se pâmer devant une idée aussi géniale, c’est forcément manquer de cœur, c’est obligatoirement mépriser ces victimes et leurs familles, c’est se ranger délibérément du côté des méchants, des chauffards. Hélas, je ne méprise personne hormis ceux qui, sous prétexte de défendre les victimes, ne font qu’exploiter leur douleur.

    Et qu’on ne me dise surtout pas que je ne suis pas concerné.

    Sinon, le CNSR a aussi décidé de proposer au gouvernement l’expérimentation de la circulation inter-files, c’est à dire une pratique que les motards expérimentent grandeur nature depuis plusieurs dizaines d’années dans toutes les grandes villes de France et que la FFMC revendique depuis plus de 30 ans. Mais attention, l’expérimentation « officielle » ne concernera que 4 villes-tests. L’expérimentation officieuse continuera donc comme avant. Ils sont vraiment trop forts, au CNSR. Quelle audace ! Mais jusqu’où s’arrêteront-ils ?

    Franchement, quand on voit ce cinéma, on envie nos cousins belges chez qui la même décision n’a pas nécessité tant de chichis sans qu’on note la moindre aggravation de l’accidentalité. Et pour cause !

    Pas facile à comprendre pour une élite française, ça...

  • Vos commentaires

    • denys
      Le 01/12/13

      Cœur de pierre. (C’est le cas ou jamais de le dire) Comment ne pas être ému aux larmes par tant de détresse ? Allons plus loin et construisons, sur crédits de la DSCR, nos monuments aux morts de la route comme ici, aux Pays-Bas, bouleversant exemple de statuaire édifiante ou là, à Liverpool.
      Notons que la journée mondiale existe déjà, c’est le 17 novembre. Enfin, le 18, selon d’autres sources. Une fois de plus, notre beau pays se singularise en ne faisant rien comme les autres.

    • rose
      Le 12/04/14

      cette journée est pour rappeler les dangers de la conduite.
      on a pas besoin d’une journée pour se rappeler que l’on une mère, un père une grang mère, ces journées sont sont uniquement pour faire marcher le commerce.et pensez vous , dans les écoles maternelles, quand les enseignements font faire des dessins ou ecrire des poèmes aux enfants, à ceux qui n’ont plus de maman ou de papa et parfois même sont orphelins des deux ?
      En ce qui concerne les victimes de la route il n’a pas été demandé d’ériger un monument où se recueillir chaque année, en plus ce jour ne sera pas férié cette journée n’est pas demander aux bénéfices de commerçants, il s’agit je le repète d’un RAPPEL A L ORDRE conduire ou fumer ou fumer et surtout respecter la vie des autres. à bon entendeur salut

    • rose
      Le 12/04/14

      et les familles des victimes ne veulent pas du 212 février non plus : pourquoi ?
      parce que nos enfants, nos êtres chers tués dans la totale indifférence des magistrats sont froids, dans nos coeurs il fait froid pourquoi encore un journée de gel ? Par pur esprit de contradiction de la part du CNRS et du gouvernement
      nous voulons pour eux quelque chose de plus beau, une journée de printemps
      en cette période de beaux temps, les automobilistes en prtofitent pour se promener, il est utile de leur rappeler les dangers

    • @Ficanas84
      Le 13/04/14

      Voilà ! Je vous avais prévenu...

    1er novembre 2013

  • [Blogue] L’escandilhada

    En cette période de grisaille frénétique, de morosité poisseuse et de pessimisme surabondant, alors que rien ne semble plus vouloir fonctionner et que l’on en oublie jusqu’à l’idéal républicain pour lui préférer les sirènes du nationalisme xénophobe, il est bon de voir que certains ont tout compris des interrogations populaires et mettent tout leur cœur pour nous faire esquisser un sourire, nous dérider.

    En provençal une « escandilhada » (prononcer « escandillado »), c’est une embellie, un rayon de soleil qui perce la couche noire des nuages un jour de grosse pluie ou d’orage. C’est un joli mot pour une jolie chose, escandilhada. Et c’est un peu ce que viennent de nous offrir les clubs professionnels de football en décrétant la grève des matches pour la fin du mois de novembre en guise de protestation contre la taxation à 75 % des revenus supérieurs à 1 million d’euros.

    Ça laisse rêveur, pas vrai ?

    Déjà, il faut admirer l’aplomb avec lequel on voudrait nous faire pleurer sur ces pauvres génies de la balle au pied que l’on brime avec cette taxe confiscatoire. Tellement que rien que d’en parler, j’en ai les larmes aux yeux, tiens ! Et puis, comme on ne veut pas faire fuir les talents à l’étranger et que ce sont les clubs qui vont casquer, on nous assène le fameux couplet sur les créateurs de richesses qui donnent du boulot et sur qui on tape. Pauvres choux ! Faut dire que quand on voit le nombre de parasites qui vampirisent les carrières des sportifs, on comprend bien que si une pénurie de vocations découlait de la rapacité fiscale de l’État, ça n’arrangerait pas les statistiques du chômage. Encore que les vampires savent bien s’adapter et se reconvertir. Voyez Tapie...

    Mais bon, on connait la rengaine...

    La bonne nouvelle, et il faut prendre le temps de bien s’en imprégner pour l’apprécier comme un nectar qui coulerait dans nos gosiers assoiffés et nous inonderait de joie et de plaisir, la bonne nouvelle est qu’il n’y aura pas de match de foot professionnel à la fin du mois [1] ! Incroyable mais vrai. Sonnez hauts-bois, résonnez musettes, rugissez vuvuzelas !

    Je ne sais pas si vous réalisez : un weekend sans voir ou lire les fameux exploits des virtuoses de la baballe, sans entendre parler du PSG ou de l’OM et de leurs vicissitudes, sans entendre les commentaires à pleurer des journalistes sportifs et de leurs fameux consultants. Oah ! Mais quel pied ! Si, si, quel pied ! Et je vous connais bien allez : vous êtes déjà à regretter que la grève ne dure pas plus longtemps !

    Alors, une fois n’est pas coutume, adressons un message d’encouragement au Président Hollande :

    Monsieur le président, surtout ne baissez pas les bras. Restez ferme, tenez bon. Nous sommes avec vous. Vive la taxe à 75 % et merde au football professionnel !

    Pour que les clubs de football professionnel se lancent dans une grève illimitée, soutenez le président de la République [2] et signez la pétition [3].

    Et pis, c’est tout !

  • Notes

    [1Néanmoins, vous pourrez aller soutenir les petits clubs amateurs qui jouent pour le plaisir, tas de veinards !

    [2Je sais. C’est pas facile non plus !

    [3Il doit bien y en avoir une à signer quelque part. Cherchez bien !

|

Blogue | Suivre la vie du site RSS 2.0