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    Sauvons nos pauvres !

    Non au FhaiNe !

    lundi 23 décembre 2013, par Marc Leblanc

    On ne va pas se raconter d’histoires : être pauvre aujourd’hui en France n’est pas la situation inacceptable et indigne d’un pays riche comme le nôtre que certains se complaisent à dénoncer pour nous dénigrer. En effet, une bonne part de nos compatriotes a pris conscience de ce qui aurait pu devenir une succession de drames et a décidé d’agir avec vigueur.

    Ces braves gens ont su identifier les vraies causes de ce scandale humain comme le résume ce dessin qui dénonce l’anomalie avec une subtilité et une clairvoyance rarement égalées :

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    Etrangers contre SDF ?

    Parlons clair : contrairement à la propagande qu’une certaine gauche extrême et droitdelhommiste (suivez mon regard) tente de faire accroire afin de polluer les esprits faibles trop prompts à s’indigner contre les soi-disant méfaits d’un capitalisme prétendument sauvage — alors qu’il est reconnu par les gens bien éduqués pour être une loi naturelle dans l’ordre divin que nous impose le Ciel — la pauvreté et l’exclusion n’ont qu’une seule cause : la trop grande générosité de notre système de solidarité sociale qui attire comme un aimant des étrangers douteux dont le sort est souvent bien meilleur que celui de nos pauvres à nous — car ces gens, dans leurs pays d’origine, savent se contenter de très peu, parfois simplement de bananes ! — mais qui ne rêvent que de s’enrichir facilement sur le dos du généreux peuple français. C’est dire leur perversité, hélas !

    Pour les aspects plus techniques, on lira avec profit cet excellent billet de Rosaelle

    Si encore ces usurpateurs nous en savaient gré. Mais même pas : ils nous narguent en osant exiger des droits, leurs droits — un comble ! — soutenus en cela par de mauvais Français, suppôts de l’anti-France. Car, nous autres, nous aimons que le pauvre sache se tenir à sa place. D’abord qu’il s’adresse à nous avec déférence et respect — voire, si possible, qu’il s’en abstienne — et garde les yeux baissés dans une posture traduisant sa reconnaissance éperdue.

    C’est une certaine Roxane qui m’ouvrit les yeux un jour sur cette juste cause, dans un de ces échanges d’une haute tenue auxquels les amitiés « fessebouquiennes » sont propices. La petite dame se réjouissait de la mort de ce jeune délinquant niçois tué d’une balle dans le dos par le bijoutier qu’il venait de molester pour le dévaliser. La raison de ce bonheur ? C’est que, ainsi, l’État pouvait économiser l’entretien de cette racaille puisqu’il n’ira pas en prison et que cet argent pourrait servir à aider nos SDF. Imparable puisque mathématique ! Il faut dire aussi que ce jeune homme n’était pas vraiment Français puisque d’origine maghrébine et pour tout dire algérienne ou tunisienne. Force était donc à la gazelle de reconnaître que, « sans être raciste » (cela va sans dire), tous ces étrangers délinquants ça finissait par coûter cher et que cet argent serait bien mieux utilisé s’il servait à aider les vrais Français dans le besoin et, de surcroît, honnêtes. Sans compter que ces gens concurrencent nos pauvres à nous également sur le marché des allocations diverses et variées que notre beau et grand pays a créées pour alléger nos difficultés.

    Une Valérie de passage dans la discussion nous fit alors part de sa propre expérience, grandement édifiante, jugez-en : pendant longtemps elle a cru qu’il était possible d’aider ces étrangers à s’intégrer à notre civilisation avant de s’apercevoir que c’était peine perdue car ils ne disent jamais merci et quand ils se marient (entre eux, forcément), ils ne peuvent pas s’empêcher de sortir les drapeaux de leur pays tandis que la mairie ne fait rien pour l’interdire. C’est vrai que ça fait peur et j’en étais tout retourné, vous pensez bien ! Comment peut-on tolérer une telle ingratitude ?

    Titi et quelques autres abondaient, eux aussi, dans ce sens, rappelant non sans à propos que nous subissions une véritable invasion de clandestins pour lesquels l’État, notre État, notre République, était aux petits soins tandis qu’il laissait crever nos malheureux compatriotes frappés par l’adversité, souvent d’ailleurs à cause de ces mêmes étrangers qui viennent leur voler le travail, le pain et les allocations de chômage. Un vrai scandale.

    En fait, pendant un temps, jamais je n’ai croisé autant de gens aussi soucieux des exclus, des SDF, des clodos. Comme quoi, le peuple français n’est pas ce monstre d’égoïsme que certains se plaisent à calomnier au motif que son seul souci serait la sortie imminente du prochain « aïefone » ou de la dernière « péessecate. » Au contraire, voilà plein de gens prêts à s’engager pour lutter contre la pauvreté et ses effets délétères sur notre brillante civilisation qui surclasse en cela toutes les autres et de loin, notamment l’africaine, pas assez entrée dans l’histoire, et la musulmane, trop arriérée. A se demander, par conséquent, pourquoi on aperçoit encore des mendiants dans nos rues ou à nos carrefours après un tel engouement ?

    C’est que, voyez-vous, c’est quand même pas facile de reconnaître un SDF français d’un pas français. Essayez, pour voir ! Bon d’accord, des fois on a des indices : un négro, par exemple, c’est pas vraiment un Français, enfin, je veux dire « de souche ». On est d’accord. Même Dieudonné et ses quenelles indigestes, c’est limite pour le prendre pour un gaulois. Mais alors, quand il est Blanc, le SDF, c’est pas gagné. Ça peut être un Slave, un Turc, un Libanais ou un Algérien aussi bien qu’un vrai Français. On peut pas savoir. Je vous dis pas la galère. La seule solution, c’est de lui parler mais, honnêtement, qui a envie de causer à des gens qui puent la vinasse et l’urine et sont juste capables de grommeler des injures infectes en guise de remerciements ? En plus, aucune reconnaissance. Y a quand même pas marqué Patrick Pelloux, là ! Non mais ! Sans compter qu’il y en a aussi que c’est des vrais taiseux. Comme des tombes, qu’ils sont. Impossible de leur arracher un mot sauf si on est patients et formés à la psychologie de ces populations extrêmement fragilisées.

    En fait, vous voulez que je vous dise ? Tous ces guignols qui se retranchent derrière l’infamie de l’exclusion, pour vomir leurs insanités xénophobes, n’ont jamais rien tenté pour venir en aide à qui que ce soit et surtout pas aux sans-logis, aux clodos. Parce que, s’il y a une chose qui n’a rien de facile, c’est justement d’approcher des gens qui ont autant de raisons de se méfier de notre bonté d’âme qu’ils inspirent eux-mêmes de répulsion à la plupart d’entre nous. Et puis, il faut être de sacrés salauds pour être capable de refuser à une personne en détresse, là, devant soi, un minimum d’aide, un minimum de réconfort ?

    Sûr que c’est plus facile de s’agiter derrière un écran et un clavier en éructant sa haine des autres et en se pâmant d’aise à l’écoute des anathèmes de la Marine, de sa nièce et de ses gars. Ça évite d’avoir à se poser trop de questions dont les réponses demandent un peu plus de réflexion et de considération pour les êtres humains.

    Car s’il s’agissait seulement des étrangers, en situation régulière ou irrégulière, peu importe, à qui, sous prétexte que le pays est en crise et « ne pourrait donc accueillir toute la misère du monde », dixit Jospin, nous ne devrions même plus tendre la main. Curieux prétexte pour un pays qui se targue toujours d’être la patrie des « Droits de l’Homme » et s’enorgueillit de la générosité de son histoire coloniale à l’égard des peuples ainsi civilisés gratuitement par lui comme le croit dur comme fer l’inculte nièce de la Marine quand elle parle d’apartheid. Ce qui lui vaut la cinglante réponse de Farida Bemba Nabourema sur son blogue. Non, il y a aussi les resquilleurs, ces escrocs bien de chez nous qui profitent sournoisement du système, soit qu’ils n’y ont pas droit, soit qu’ils en abusent. Assurément de bien plus dangereux individus que nos banquiers et certains de nos politiques qui nous truandent à grand coup de milliards.

    Comme cette vieille dame rencontrée en Avignon l’autre jour et qui voulait se rendre aux « Restos du Cœur » d’Orange pour y retirer un colis de Noël qu’elle avait déjà touché auprès de ceux d’Avignon. Pour en avoir deux, disait-elle d’un petit air espiègle et gourmand et sans la moindre gêne car, après tout, elle avait aussi vécu à Orange et avait toujours la preuve de son ancienne adresse.

    Ne sont-ils pas terriblement inquiétants, ces gens qui en prennent plus que ce qu’on voudrait leur donner ? Voyez le scandale ! Bien sûr, ce n’est sans doute pas brillant mais quoi ? Qui sommes-nous pour juger avec nos ventres pleins et nos préjugés de merde ? Gardons nos leçons de morale et donnons-leur les moyens de vivre décemment si nous ne voulons pas qu’ils agissent ainsi !
    C’est peut-être pour cette raison que la ville d’Orange et son maire, un ancien pote à la délicieuse Marine, ont décidé de sucrer une subvention de 1000 € à l’antenne orangeoise des Restos du Cœur trop soucieuse de l’anonymat de ses bénéficiaires et à qui la ville reproche de ne pas vérifier leur (insuffisance de) ressource. Tu parles d’un crime de lèse-majesté ! Il ne manquerait plus qu’il y ait des étrangers parmi ces crève-la-faim ! Et puis, pour 1000 €, faut-il aussi que l’on baise les pieds du grand homme ? 1000 € pour 728 familles : non, c’est trop, arrêtez, on va vous accuser de dilapider l’argent public !

    Alors, je ne me fais pas d’illusion. Ce blogue a une diffusion plus que confidentielle et ne risque pas d’entrainer une grande révolution chez ceux à qui ce billet est le plus destiné. Quand même, comme mon ami Francis l’a dit avant moi, il y en a marre des peigne-cul racistes qui se décomplexent à bon compte sur la toile en galvaudant les principes humanistes dans le respect desquels j’ai été éduqué.

    Non, messieurs-dames, nous ne partageons pas la même vision de la France et de l’Humanité. Vous ne serez toujours que des larves sans consistance, réjouies de vous vautrer dans la fange infecte de votre nationalisme imbécile et criminel et de vos haines étriquées. Et je serai toujours aux côtés de ceux qui vous combattront et vous écraseront sous leurs semelles.

    No pasaran !

    Ainsi donc, le Conseil National de la Sécurité Routière (dites CNSR, c’est plus chic), cette sorte de comité Théodule censé délivrer de puissants conseils, s’est réuni le 29 novembre (donc hier) et a décidé de proposer au gouvernement, ça :

    • Instaurer une journée nationale des victimes de la route le 22 février, qui sera un jour de commémoration des personnes et des familles dont le destin a, un jour, sur une route, brutalement basculé dans le drame. Cette journée permettra également de lancer des travaux pour faire progresser la prise en charge des victimes et de leurs familles.

    Sûr que ça a dû phosphorer dur pour y arriver. Je me demande même si on n’a pas frôlé la surchauffe voire la fusion du cœur du réacteur pour arriver à cette quintessence de la pensée sécuritaire. Avouez qu’il aurait été dommage de perdre tant de personnes indispensables dans un stupide accident, juste par manque de ventilation.

    Ici, disons-le tout net, on frise le grandiose, le génie, que dis-je ? le sublime. Les victimes de la route vont enfin avoir leur journée commémorative. Non mais vous réalisez ? Une journée rien qu’à elles, c’est hyper cool, ça ! Bien sûr, trouver une date n’a pas été si simple car des « Journée » de ceci ou de cela, il y en a en pagaille. A une époque où on aime se donner bonne conscience à peu de frais, il est de bon ton d’initier une petite journée qui en jette même si, dans le fond, tout le monde s’en tape.

    Nous avions déjà la journée sans voiture, l’autre sans tabac, celle de la courtoisie (un grand succès, paraît-il), une autre de l’Europe (passée totalement inaperçue, hélas heureusement !), celle de la Femme, bien sûr avec dans la foulée, celle de l’andouille de Vire ou du cassoulet de Castelnajac, la journée du Patrimoine, et patin et couffin. Avec un calendrier qui limite mesquinement le nombre annuel de journées à 365 voire 366 de temps à autres, c’est réellement un sacré exercice que d’en caser une nouvelle sans rien déranger.

    Les victimes de la route auront donc leur journée, coincée, si j’ai bien compris, entre la Journée du Topinambour et celle du Mimosa, en plein dans la période des carnavals, ce qui doit avoir sa signification, certainement.

    D’aucuns s’étonneront que la Toussaint ne suffise pas à honorer ces morts-là. C’est que d’abord la Toussaint (en fait, le 2 novembre, jour des morts) est estampillée « chrétienté » même si ce sont des païens qui en ont eu l’idée les premiers, il y a déjà un bail. Une République laïque ne peut évidemment pas se permettre une telle limitation religieuse. Et puis, franchement, créer une journée spéciale pour les victimes de la route, c’est bien dans l’air d’une époque où le premier blaireau et la première pétasse venus ne rêvent que de leur quart d’heure de gloire et ne craignent pas d’étaler l’insignifiance de leurs vies sur les chaînes de la TNT où la vulgarité la plus crasse le dispute à une empathie bien poisseuse. Il aurait été regrettable de se priver de la perspective de ces témoignages qu’on nous concoctera bien larmoyants à souhait et ourlés d’une morale au ras du bitume comme on l’aime chez les associations de victimes, LCVR en tête, où les rôles sont toujours très manichéens : fautif = chauffard, victime = innocent. Pas de demi-mesure, pas de nuance. Les bons morts d’un côté, les autres à la fosse commune.

    Le Point allait même jusqu’à titrer : le 11-novembre des victimes. Faut pas se gêner surtout ! Toujours cette surenchère dans l’exploitation de l’émotion qui finit par donner la nausée. Oser comparer la mort brutale sur la route, aussi douloureuse et injuste qu’elle puisse être pour les proches, à celle des soldats de cette guerre atroce, au sacrifice de ces hommes pour leur pays, notre pays et notre liberté, mais quelle infamie ! Quel manque de retenue et de discernement, quel manque de pudeur et de respect, quelle bêtise confondante ! Voilà où nous en serions, alors ? A reléguer le sacrifice suprême de nos grand-pères au rang de simple fait-divers ?

    J’entends déjà les gémissements d’horreur des oiseaux de malheur. Car oser ne pas se pâmer devant une idée aussi géniale, c’est forcément manquer de cœur, c’est obligatoirement mépriser ces victimes et leurs familles, c’est se ranger délibérément du côté des méchants, des chauffards. Hélas, je ne méprise personne hormis ceux qui, sous prétexte de défendre les victimes, ne font qu’exploiter leur douleur.

    Et qu’on ne me dise surtout pas que je ne suis pas concerné.

    Sinon, le CNSR a aussi décidé de proposer au gouvernement l’expérimentation de la circulation inter-files, c’est à dire une pratique que les motards expérimentent grandeur nature depuis plusieurs dizaines d’années dans toutes les grandes villes de France et que la FFMC revendique depuis plus de 30 ans. Mais attention, l’expérimentation « officielle » ne concernera que 4 villes-tests. L’expérimentation officieuse continuera donc comme avant. Ils sont vraiment trop forts, au CNSR. Quelle audace ! Mais jusqu’où s’arrêteront-ils ?

    Franchement, quand on voit ce cinéma, on envie nos cousins belges chez qui la même décision n’a pas nécessité tant de chichis sans qu’on note la moindre aggravation de l’accidentalité. Et pour cause !

    Pas facile à comprendre pour une élite française, ça…

    L’escandilhada

    vendredi 1er novembre 2013, par Marc Leblanc

    En cette période de grisaille frénétique, de morosité poisseuse et de pessimisme surabondant, alors que rien ne semble plus vouloir fonctionner et que l’on en oublie jusqu’à l’idéal républicain pour lui préférer les sirènes du nationalisme xénophobe, il est bon de voir que certains ont tout compris des interrogations populaires et mettent tout leur cœur pour nous faire esquisser un sourire, nous dérider.

    En provençal une « escandilhada » (prononcer « escandillado »), c’est une embellie, un rayon de soleil qui perce la couche noire des nuages un jour de grosse pluie ou d’orage. C’est un joli mot pour une jolie chose, escandilhada. Et c’est un peu ce que viennent de nous offrir les clubs professionnels de football en décrétant la grève des matches pour la fin du mois de novembre en guise de protestation contre la taxation à 75 % des revenus supérieurs à 1 million d’euros.

    Ça laisse rêveur, pas vrai ?

    Déjà, il faut admirer l’aplomb avec lequel on voudrait nous faire pleurer sur ces pauvres génies de la balle au pied que l’on brime avec cette taxe confiscatoire. Tellement que rien que d’en parler, j’en ai les larmes aux yeux, tiens ! Et puis, comme on ne veut pas faire fuir les talents à l’étranger et que ce sont les clubs qui vont casquer, on nous assène le fameux couplet sur les créateurs de richesses qui donnent du boulot et sur qui on tape. Pauvres choux ! Faut dire que quand on voit le nombre de parasites qui vampirisent les carrières des sportifs, on comprend bien que si une pénurie de vocations découlait de la rapacité fiscale de l’État, ça n’arrangerait pas les statistiques du chômage. Encore que les vampires savent bien s’adapter et se reconvertir. Voyez Tapie…

    Mais bon, on connait la rengaine…

    La bonne nouvelle, et il faut prendre le temps de bien s’en imprégner pour l’apprécier comme un nectar qui coulerait dans nos gosiers assoiffés et nous inonderait de joie et de plaisir, la bonne nouvelle est qu’il n’y aura pas de match de foot professionnel à la fin du mois [1] ! Incroyable mais vrai. Sonnez hauts-bois, résonnez musettes, rugissez vuvuzelas !

    Je ne sais pas si vous réalisez : un weekend sans voir ou lire les fameux exploits des virtuoses de la baballe, sans entendre parler du PSG ou de l’OM et de leurs vicissitudes, sans entendre les commentaires à pleurer des journalistes sportifs et de leurs fameux consultants. Oah ! Mais quel pied ! Si, si, quel pied ! Et je vous connais bien allez : vous êtes déjà à regretter que la grève ne dure pas plus longtemps !

    Alors, une fois n’est pas coutume, adressons un message d’encouragement au Président Hollande :

    Monsieur le président, surtout ne baissez pas les bras. Restez ferme, tenez bon. Nous sommes avec vous. Vive la taxe à 75 % et merde au football professionnel !

    Pour que les clubs de football professionnel se lancent dans une grève illimitée, soutenez le président de la République [2] et signez la pétition [3].

    Et pis, c’est tout !

    Notes

    [1] Néanmoins, vous pourrez aller soutenir les petits clubs amateurs qui jouent pour le plaisir, tas de veinards !

    [2] Je sais. C’est pas facile non plus !

    [3] Il doit bien y en avoir une à signer quelque part. Cherchez bien !

    Manuel d’abjection

    dimanche 29 septembre 2013, par Marc Leblanc

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    Le péril Rom

    La France a peur, ma brave dame et ce n’est certainement pas feu Roger Gicquel, ce modèle des années 80 qui inspira tant de nos grands journalistes modernes, qui aurait manqué de dramatiser cette angoisse prégnante. D’ailleurs, cette peur atteint un tel niveau qu’il n’est plus un journal télévisé (la grande messe du 20 heures, vous savez ?) qui n’ait sa rubrique « démantèlement du camp de Saint-Mirliton-sur-Lisier », avec les images qui vont bien de caravanes déchiquetées par des pelleteuses et de gens misérables, en guenilles et pas trop nets, évacués dans la confusion avec de dérisoires sacs et valises éventrés contenant leurs ultimes possessions, sous l’escorte martiale de gardes mobiles qui les écrasent de leur gabarit de lutteurs. Où ai-je déjà vu des images semblables ?…

    Elle a peur la France, ma petite dame, de cette nouvelle vague d’invasion qui menace ses poules (paraît-il) et sa santé publique (je vous raconte pas comme c’est sale un Rom). Car, oui, les Roms nous envahissent, madame, et c’est grave car ils sont pas comme nous, ces gens. Pas éduqués, pas lavés, pas riches, pas beaux et voleurs comme c’est pas possible ! On les voit à tous les carrefours avec leurs bouteilles en plastique pleines d’eau dégueulasse à nous harceler pour nous laver nos pares-brises contre une pièce. Non mais, ça va pas ? On les voit aussi sur les places des villes à vouloir nous soutirer du pognon en se faisant passer pour des ONG de handicapés. Quelle honte, quel manque de compassion ! Écœurant, je vous dis ! Et puis, ils ne savent même pas parler le français, c’est dire ! Pas clairs qu’ils sont ces gens, je vous dis.

    Et pas du genre à s’intégrer avec nous, en plus. Même pas la peine de leur demander gentiment, c’est peine perdue. Faut les foutre dehors et pis c’est tout !

    Heureusement, on a notre classe politique pour nous protéger de ce déferlement monstrueux. Ils ou elles sont là pour nous servir le fond de leur pensée brillante et leurs bons mots destinés à passer à la postérité et à effrayer l’envahisseur. C’est à qui froncera le plus les sourcils et bombera le plus son torse, dira sa sentence la plus définitive sur les Roms. C’est impressionnant. Nous, la France-Patrie-des-Droits-de-l’Homme-et-de-la-Révolution-de-1789, on est rassurés, pas vrai ? Parce que dans l’escalade de l’abjection, elles font fort nos élites. Au point de se dispenser de toute retenue. On ne pourra pas faire la guerre à la Syrie mais on boutera les Roms hors de la France éternelle. Taïaut !

    Il fallait s’y attendre, dans ce concours d’ignominies, le ministre sarkosyste de l’Intérieur a su, une fois de plus, se distinguer par la finesse de son analyse de la situation. J’ai même entendu des gens que je tiens en grande estime se féliciter « qu’il y ait un Valls. » Pourquoi, car il est estampillé de gauche et que, ainsi, la gauche ferait preuve de réalisme ? Vraiment ? A contrario, ceux qui ne se reconnaissent pas dans cette débauche de propos infectes seraient disqualifiés d’office car trop rêveurs, irréalistes, pas assez à l’écoute de la souffrance du peuple ? Non mais oh, de qui se moque-t-on là ? Qui est au pouvoir et qui est responsable de la souffrance du peuple ?

    Je vous livre trois articles pour compléter le sujet :

    - Sur Basta ! : pour se souvenir du bon vieux temps ! (cliquer sur l’image)

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    Le Juif et la France

    - Sur les Partageux : pour combattre la nausée !

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    Le péril Rom

    - Sur A Gauche pour de vrai : Pétition pour voir partir Valls

    Et pis, c’est tout !

    Le bijoutier et le voleur

    dimanche 22 septembre 2013, par Marc Leblanc

    Maître Eolas, dans ce billet, apporte sur cette lamentable affaire l’éclairage, comme toujours, pertinent et argumenté du juriste et rappelle quelques principes de droit dont, de toute évidence, beaucoup de ceux qui se sont pris à hurler avec la meute n’ont cure. Un élément qui ne trompe d’ailleurs jamais : Estrosi et Ciotti, les deux peigne-culs azuréens, sont du nombre au côté de papa Le Pen dans un bouquet fleurant à merveille la fosse septique. Autant dire que l’intelligence et la réflexion ne sont pas à chercher de ce côté.

    Il est assez surprenant de constater l’écho donné à cette affaire et surtout aux soutiens désintéressés, cela va de soi, que tous ces courageux anonymes ont apporté au bijoutier meurtrier, sur fesse-bouc ou sur la place Masséna de Nice (ou pas loin de là mais on s’en fout). De bien mauvaises langues prétendent que certains de ces « soutiens » auraient été achetés pour faire un peu plus massif. C’est dire si les intentions des promoteurs sont pures.

    Ce n’est évidemment pas la première fois qu’un commerçant ou un particulier met hors d’état de nuire plus ou moins définitivement son agresseur provoquant le même déferlement de commentaires, le plus souvent haineux et simplistes (pléonasme ?), sous prétexte que la justice lui demande des comptes. Ce qui est pourtant son rôle et, osons le dire, la moindre des choses puisqu’il y a eu mort d’homme dans le cas présent. Je ne pense pas me tromper en affirmant que même avec de « simples » coups et blessures, ce serait aussi le cas.

    La logique et la raison voudraient donc qu’on laisse la police et la justice faire leur boulot et livrer leurs conclusions. A quoi sert, dans ce genre d’affaire, de s’enflammer et de prendre partie avant même d’en connaître tous les détails, à supposer que ceux-ci seront consciencieusement étalés sur la voie publique ? Sauf à vouloir démontrer et dénoncer le laxisme ambiant dû à cette gauche qui préfère les malfaiteurs aux victimes, bien sûr. Sauf que là, en l’occurrence, la loi encadre assez clairement la procédure et que ce serait une bien curieuse façon de concevoir la justice que de s’en remettre au fameux « bon sens populaire » illustré par tous ces « soutiens » désintéressés.

    Surtout que, même s’il s’est peu exprimé là dessus, à ma connaissance, il n’est pas certain que le bijoutier soit très demandeur de ce genre de soutiens. Après tout, il se retrouve seul désormais à supporter le poids de son acte et il risque de voir les rangs de ses « soutiens » se clairsemer rapidement, dès lors que l’intérêt médiatique sera passé. Seuls resteront peut-être ceux qui sont plus préoccupés par son humanité que par la prétendue exemplarité de son acte. Des gauchistes, certainement…

    C’est vrai que c’est un drame ce qu’il s’est passé. Certes, le mort n’est pas une victime très présentable, le genre pas très bien fini, un nuisible sans doute, dont son entourage devait craindre qu’il ne tombe un jour sur un os. Voilà, c’est fait ! Il a amené l’enfer chez cet homme qui a commis à son tour l’irréparable. C’est simple. C’est tragique.

    Bien sûr, on peut se livrer à toutes les leçons de morale qu’on voudra. Pas beau voler, surtout sous la contrainte d’un arme et sous les coups. Pas beau faire justice soi-même. Pas beau tuer même sous le coup de l’humiliation et de la colère. C’est vrai, tout ça n’est pas très joli. Mais ce serait bien aussi, maintenant, qu’on foute la paix à ces gens dont la vie est à jamais saccagée.

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